Entretien avec Jean-Marc Boilletot, directeur de la base nautique de Bellecin

La base nautique de Bellecin ou bientôt le centre sportif de Bellecin offre une vue imprenable sur les eaux turquoises du lac de Vouglans. L’ensemble de ces atouts naturels ajoutés aux différentes infrastructures qu’il propose en fait un formidable terrain de jeux propice à la pratique sportive tout en profitant du confort de ses installations. Nous avons rencontré Jean Marc Boilletot, directeur du centre qui nous a parlé avec passion de cette « perle du Jura ».

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La base vue du ciel.

Pouvez-vous nous rappeler l’historique de la base nautique de Bellecin et son évolution dans le temps ?
On parle de base nautique de Bellecin, mais ce nom est trop restrictif, donc à l’automne le nom sera centre sportif de Bellecin qui abrite en son sein une base nautique.
La base aura bientôt 50 ans, l’idée a été lancée par un inspecteur départemental de la jeunesse et des sports suite à l’engouement des activités de plein air des années 70, à savoir la voile, kayak, escalade, aviron. Le département a construit dans un premier temps un centre de vacances pour que les petits Jurassiens profitent de ces activités. Au départ il y avait 80 lits dans un seul bâtiment en 1971. Successivement, par phases, les choses se sont développées. Le département a investi, 1980 : un bâtiment construit pour le personnel. 1988 : préparation des jeux de Séoul, un autre bâtiment est construit. 1996 : salle de restauration. 2006-2009 : rénovation plus adjonction de vestiaires, de bâtiments d’accueil et de service. 2009-2011 : construction d’un gymnase, dojo, salle de musculation, 2014 : hébergements supplémentaires sous forme de chalets pour un public haut niveau soit 26 lits haut de gamme

Comment êtes-vous organisé, sous quelle entité juridique ?
Le département gère la base via une régie d’exploitation, régie d’exploitation et de développement de Bellecin dont le conseil d’administration est composé en majorité d’élus et une dizaine de conseillers départementaux, majorité et opposition, plus des gens venant de l’éducation nationale et Jeunesse et Sport ainsi que d’anciens dirigeants d’entreprise.
Le président du conseil départemental nomme un directeur et le conseil d’administration de la régie impose une politique générale. Je suis donc l’interface entre le technique et le politique…
Nous sommes l’équivalent d’une entreprise de 27 employés équivalent temps plein avec bien sûr une forte saisonnabilité. Par exemple 64 employés au mois de juillet. Financièrement, le département reste propriétaire donc à sa charge les investissements lourds, et à nous d’équilibrer le budget pour payer les charges courantes et le matériel.

Quelles sont vos différentes infrastructures et activités ?
Il y a les activités qu’on encadre et où on propose notre matériel, soit une vingtaine d’activités nautique et terrestre dont le nautisme, la voile et toutes les disciplines associées, pour le terrestre, le VTT, le tir à l’arc, la spéléo, l’escalade, l’accrobranche, l’orientation, le golf. Tout cela, nous le vendons à des clubs sportifs, un public familial, et surtout public scolaire. Nous avons aussi des clubs sportifs qui viennent pour des activités bien définies, type équipe de France d’aviron. L’entraineur vient avec son équipe et l’équipement est mis à disposition.
Nous ne communiquons pas avec un public familial, par contre nous faisons de l’optimisation quand nous avons de la place et accueillons donc parfois ce genre de public.

Combien de personnes fréquentent la base, école de voile, stages….. ?
Nous sommes actuellement à 35 000 nuitées par an, du début des vacances de février jusqu’au 11 novembre. Ce sont 3300 groupes pris en charge en activité. Nous avons donc 3 mois de fermeture mais nous ouvrirons à l’année dés l’ouverture de la piscine couverte avec des stages de natation.

Vos activités sont-elles centrées uniquement sur le lac ou débordez vous sur d’autres disciplines ?
En plus du sport, nous accueillons également des comités d’entreprise, associations et un public familial pour des événements privés, comme anniversaires et mariages. Pour cela, nous louons l’espace détente avec des chambres attenantes.

Quels sont vos projets pour l’avenir, êtes vous au bout de vos capacités d’accueil ?
Actuellement nous travaillons sur la rénovation du bâtiment B qui a 30 ans et sur la création d’une piscine intérieure 25mx10m, pour entrainement et initiation à la natation. Ce projet va s’étaler sur les 2 ou 3 prochaines années. Nous sommes maintenant à 226 lits, et la salle à manger est trop petite, donc on envisage une extension au dessus de la cour, soit 120m2 supplémentaire

Accueillez vous des manifestions ?
Pendant assez longtemps, la base était centre d’accueil de classes vertes et puis centre d’accueil de haut niveau d’avirons. On a fait l’an dernier national maraudeur qui est une régate de voile, sinon on fait un canicross tous les ans au week-end de l’ascension pendant 4 jours. Nous voyons avec le conseil départemental la possibilité de faire un événement autour du handicap avec des binômes valide/handi sur une épreuve de deux jours multi sports, ce serait pour 2020.
J’ai à cœur de développer et de mettre à disposition la structure envers un public de proximité, pour ce faire, je mets le centre à disposition pour des associations locales qui organisent des événements.
Par exemple, le VTT Orgelet organise le tour du lac de Vouglans le 15 juin, il y a quinze jours plus de 1000 personnes ont participé au trail de Vouglans. On abrite aussi une association, les sirènes de Bellecin dans le cadre sport santé, ce sont des femmes qui ont eu un cancer du sein qui organisent des randos deux fois par an. La salle de sport est également mise à leur disposition pour qu’elles puissent s’entrainer. On a enfin deux clubs qui vivent dans la base, un club de voile et un d’aviron.

Quel est votre, ou vos plus grands motifs de satisfaction et peut-être votre, ou vos plus grands regrets ?
Ma grande satisfaction est le développement de la base avec ce volet social qui est très important pour moi. Nous voulons également être de plus en plus professionnels et ainsi répondre aux demandes. Nous sommes une entreprise qui reste fragile et mon ambition est de la développer, créer de l’activité, embaucher et qu’il y ait une bonne ambiance de travail.
Mes regrets si il y en a, sont que les choses ne semblent jamais aller assez vite… Il y a toujours une certaine inertie administrative à vaincre, et des choix à faire. Je suis malgré tout content de ce que nous sommes devenus.

Le lac de Vouglans est un des plus grand de France, pensez vous qu’il soit suffisamment connu et exploité ?
Les élus locaux ne sont peut-être pas conscients de la pépite qu’est Vouglans. Il faudrait provoquer les choses davantage, c’est-à-dire investir pour récolter après. Je pense que c’est une sorte de prudence qui pilote les choses. L’exemple du lac de Serre-Ponçon dans les alpes qui a à peu près la même configuration que Vouglans est significatif car l’activité est très importante. Si le département n’avait pas investi, rien ne se serait fait. Les ports appartiennent au département, les plages sont gérées par le département. Il n’y a rien ou peu de communal ou de privé. Un moment il faut prendre des risques, sinon on ne peut pas gagner. Il me semble qu’on fait des études et derrière on n’enclenche pas…

Les sécheresses qui se succèdent et vont en s’amplifiant ne posent-elles pas problème pour l’avenir ?
Le département se bat pour que le lac reste à un niveau acceptable. A la Toussaint par exemple, il y a -25m d’eau, nous nous sommes adaptés en mettant des pontons pour compenser les 150m de plage supplémentaire. Les aménagements permettent de travailler avec des niveaux plus bas. Pour le moment, il n’y a rien de stressant.
En conclusion, je suis très content de l’ambiance au niveau de la base, la notoriété et la confiance qu’on peut avoir. Avec les gens du coin, on fait parti du paysage. On a une cible de clientèle tellement variée que l’on n’a pas d’inquiétude au niveau du remplissage. Il est sûr qu’il ne faut pas s’endormir sur nos lauriers, nous garderons un plan de communication mesuré et feront tout ce qu’il faut pour voir l’avenir avec un optimisme somme tout raisonnable.



Au pied du mur d’escalade.

Le tir à l’arc.

 

Centre sportif de Bellecin
39270 Orgelet
Tel : 03 84 25 41 37
bellecin@wanadoo.fr
www.bellecin.com