Emploi des entrepreneurs : mi-figue mi-raisin

La majorité des entreprises ont surmonté la crise économico-sanitaire grâce aux aides étatiques. Cependant, 1 263 entrepreneurs ont perdu leur emploi en 2020, les cafés hôtels restaurants et la construction concentrant trois quart des dégâts.

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Les mesures prises par le gouvernement dans le cadre de la crise de la COVID-19 ont protégé temporairement les dirigeants de la faillite, et le chômage des entrepreneurs a diminué de 27 % l’an dernier. Un constat réalisé par l’association GSC et la société Altares, qui ont dévoilé la 5ème édition de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs. En 2020, 1 263 femmes et hommes chefs d’entreprise ont perdu leur activité professionnelle en région Bourgogne-Franche-Comté. L’ensemble du territoire enregistre une diminution du nombre d’entrepreneurs en situation de perte d’emploi. Les départements de la Saône-et-Loire (246 dirigeants), la Côte-d’Or (227 dirigeants), l’Yonne (208 dirigeants) et du Doubs (201 dirigeants) représentent les trois quarts des pertes d’emploi de la région. Le département de la Haute-Saône connait le plus fort recul avec 73 chefs d’entreprise qui ont perdu leur activité professionnelle en 2020 contre 133 en 2019 (- 42,1 %) suivi par la Nièvre (- 37,2 % ; 93 dirigeants). Le Jura et le Territoire de Belfort s’en tirent donc plutôt bien, et comptabilisent respectivement 127 et 88 dirigeants ayant perdu leur activité professionnelle.

« Un nombre de défaillances au plus bas depuis 30 ans »

Pour Anthony Streicher, Président de l’association GSC : « Ces chiffres doivent nous inciter à la plus grande prudence. Notre devoir est de sauver et de protéger tous les entrepreneurs, qui créent de la richesse et des emplois dans nos territoires. J’ai demandé à ce que le plafond et les conditions d’accès à l’allocation des travailleurs indépendants (ATI) soient temporairement modifiés jusqu’au 30 juin 2022. Mais, au-delà de la situation d’urgence, tous les dirigeants doivent avoir connaissance des filets de sécurité existants et des moyens de protéger leur famille, leurs revenus. « Un record de création d’entreprises, un nombre de défaillances au plus bas depuis 30 ans ! Dans un contexte économique et sanitaire inédits, ces remarquables indicateurs de performance ne font toutefois pas illusion. En 2020, l’économie réelle a mis un genou à terre et les entrepreneurs se sont efforcés de tenir au prix d’efforts humains et financiers exceptionnels. Heureusement, l’horizon s’éclaircit enfin. La reprise se profile mais avec elle, aussi, le durcissement du risque commercial et financier…/… C’est pourquoi Altares et l’Association GSC portent ensemble depuis 5 ans cet Observatoire de l’emploi des entrepreneurs. Sensibiliser chaque dirigeant à l’importance de se garantir contre la perte d’emploi : un enjeu social et économique majeur » explique Frédéric Barth, Directeur Général d’Altares.

Stéphane Hovaere

Des dégâts concentrés sur l’hôtellerie-restauration…et le bâtiment

Les secteurs de la construction, du commerce et de l’hébergement, restauration, débits de boisson concentrent à eux seuls près des trois quarts des pertes d’emploi de la région Bourgogne-Franche-Comté. Dans le domaine de l’hébergement, restauration et débit de boissons, 231 femmes et hommes se sont retrouvés au chômage en 2020. Le secteur de la construction représente 270 des chefs d’entreprises impactés en Bourgogne-Franche-Comté, très largement porté par l’activité bâtiment (237 dirigeants). Les difficultés sont également présentes dans le domaine du service. 113 entrepreneurs de la région ont perdu leur emploi dans les services aux entreprises.