Élevage : une nouvelle formation dès la rentrée

Grâce au certificat de spécialisation "conduite de l'élevage laitier", davantage d’ouvriers qualifiés pourront seconder efficacement les chefs d’exploitation. Une demande très forte de ces derniers…

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Les artisans de la nouvelle formation ont visité l'exploitation pédagogique jouxtant l'établissement d'enseignement.

Que serait le Jura sans ses vaches ? Mais que seraient ces vaches, sans des ouvriers agricoles capables d’en prendre soin, et de permettre entre autres la fabrication de notre précieux Comté ? Pour ces raisons et pour bien d’autres l’EPLEFPA (établissement public local d’enseignement et de formation professionnelle agricole) de Montmorot proposera dès la rentrée de septembre 2019 une nouvelle formation : le certificat de spécialisation “conduite de l’élevage laitier”, accessible dès le bac. “Il y a de véritables besoins de main d’oeuvre pointue, même si l’EPLEFPA forme chaque année environ 130 personnes dans le domaine agricole” explique Dominique Roulin, directrice de celui-ci. Les chefs d’entreprises doivent en effet pouvoir se reposer sur des collaborateurs autonomes a t-elle également souligné. Cela tombe bien, puisque la nouvelle formation de 450 heures -réparties sur onze mois- mettra entre autres l’accent sur des techniques devenues “high-tech”. A l’image par exemple des capteurs de vêlages, annonçant la mise bas grâce à la position de la queue et au débit du flux sanguin de la mère.

« Les besoins sont énormes »

Comme l’a souligné Gilles Duquet, président du groupement d’employeurs Soelis, “être agriculteur, ce n’est plus seulement conduire un tracteur et traire les vaches”. En réalité, l’agriculture dans son ensemble se réinvente en permanence, consciente des défis qui l’attendent : “Il y a urgence, on va arriver dans une impasse” au niveau de la main d’oeuvre, chefs d’exploitations et salariés confondus alerte François Lavrut, président de la Chambre d’agriculture du Jura. “Demain, il doit y avoir assez de bras pour faire vivre les territoires ruraux” a-t-il lancé, alors que 25% environ des agriculteurs du Jura pointent à l’aube de la retraite (plus de 55 ans). Soelis Jura parvient à mettre temporairement à disposition des salariés, mais a enfoncé le clou : « les besoins sont énormes », ne serait-ce que pour remplacer les chefs d’exploitation absents pour maladie, week-end, vacances, etc. En conclusion, se former à l’élevage laitier, c’est donc s’assurer d’un emploi…voire d’une période de vaches grasses.

Les vaches aussi réclament des bras pour s’occuper d’elles.

Une formation ouverte à tous

« Le métiers de l’agriculture sont réservés aux enfants d’agriculteurs » : cette idée jadis bien ancrée dans les mentalités est devenue totalement dépassée. Selon Gilles Duquet, 40% des installations agricoles se réalisent désormais hors de la transmission familiale. Et 37% seulement des étudiants en Bac pro seraient issus du monde agricole. Attirés par des beaux métiers, en contact avec la nature et le vivant, de plus en plus de jeunes franchissent le cap d’études agricoles. Parmi eux, la part des femmes croit sans cesse, atteignant 40, voire 50%, grâce à des conditions de travail moins physiques que naguère. Avis aux amateurs…et amatrices.