Jura.Élections municipales : les échos du terrain…

Ces derniers temps, nous nous sommes laissés aller à fréquenter (encore plus que d'habitude...) les habituels lieux de vie des principales agglomérations du département. Et ce, afin de prendre le pouls des discussions ambiantes portant sur les élections municipales de ce dimanche. Sans surprise, les mêmes constats et les mêmes pronostics reviennent assez régulièrement de la part de la "Vox populi". Résumé.

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Jura.Et les nominés pour les municipales 2020 sont…

Dole

Sans surprise, le maire sortant se présente en grandissime favori.
Boosté par une double casquette d’élu sous l’étiquette Les Républicains en 2014 mais estimé “Macron-compatible”, et face à une opposition affaiblie par sa maladresse, ses approximations et ses divisions (pas moins de trois listes “de Gauche” sont aussi sur la ligne de départ), il apparaît vraisemblable que Jean-Baptiste Gagnoux soit réélu dès le premier tour dans la cité de Pasteur.
Conforté par un contexte national favorable, l’écologiste Hervé Prat pourrait d’ailleurs arriver deuxième devant la liste gauche plurielle d’Ako Hamdaoui, qui jusque-là tenait le rôle d’opposant principal à la majorité…
Dominique Revoy (Lutte Ouvrière) devrait fermer la marche avec un score probablement inférieur à 5%.

Lons le Saunier

C’est la grande inconnue de ce scrutin, qui focalise sur elle toutes les attentions des observateurs. Après 30 ans de règne et 5 mandats consécutifs, la ville-préfecture voit se retirer le dinosaure Jacques Pélissard sans réel héritier pour lui succéder, contrairement à ce qui était initialement prévu…
La liste menée par Christophe Bois et Sophie Olbinski, bien que plombée par un « soutien LREM » (qui risque d’attirer à elle le vote sanction contre le gouvernement), semble cependant tenir la corde.

Derrière, mais pas si loin, ils sont trois à se talonner dans un mouchoir de poche : John Huet, Jean-Yves Ravier et Christophe Perny.
Ainsi, si le jeu des alliances (et des vases communicants) fonctionne comme il se doit, celui qui arrivera deuxième au soir du premier tour pourrait avoir ses chances de l’emporter…
Bien que créditées d’un score inférieur au quatuor de tête, Géraldine Revy qui est parvenue à boucler sa liste in-extrémis, et Johanne Morel (Lutte Ouvrière) ne sont pas à négliger, car les deux jeunes femmes seront en capacité de faire pencher la balance en fonction de leurs reports de voix au second tour.

Saint-Claude

Jean-Louis Millet voit son opposant historique Francis Lahaut se dresser sur sa route, mais aussi l’apparition d’une autre liste “mixte” emmenée par le conseiller régional (PS) Frédéric Poncet, avec à ses côtés, Christine Sophoclis, médecin chef du pôle gériatrie, élue cantonale et binôme de… Jean-Louis Millet au Conseil départemental !
Malgré cela, le maire sortant semble occuper une position favorable à sa réélection. D’abord suite au désistement du candidat du Rassemblement National Thierry Mosca. Mais aussi et surtout car une partie de l’électorat de la gauche “modérée” risque de se diviser entre les deux autres candidats.
Et puis, il y a toujours les gros dossiers du moment, comme l’hôpital, ou les travaux du centre-ville, certes parfois clivants mais pour lesquels le maire sortant a mouillé la chemise… Enfin, ajoutons à cela que les relations avec Raphaël Perrin se sont nettement améliorées et facilitent désormais l’avancement des projets, comme l’octroi de quelques subventions intercommunales. Ce qui, il y a peu, était encore très compliqué…
Quoi qu’il en soit, il faut s’attendre à ce que la participation soit importante et le résultat, très serré. Comme toujours dans la cité pipière.

Champagnole

Le leader historique de l’opposition “verte et rouge” Jean-Louis Duprez n’ayant pas souhaité repartir pour un tour, c’est un véritable boulevard qui se profile pour Guy Saillard et son équipe composée notamment de David Dussouillez, Annelise Martin et…. Clément Pernot !
Un terrain particulièrement facile à conquérir, conjugué à l’entrée très tardive, trop tardive, de Philippe Cuevas et son équipe dans la campagne, risquent bien de faire pencher la balance avec un score notoirement élevé pour le maire sortant.

Poligny

Comptable d’un bilan globalement satisfaisant (malgré le feuilleton à rebondissements du Center Parc), Dominique Bonnet semble bénéficier d’un avantage relatif sur ses deux principaux rivaux : Antoine Seigle-Ferrand et Roland Chaillon.
Il se murmure même que selon toute vraisemblance, le maire sortant devrait l’emporter (comme en 2014) dès le premier tour, à la majorité absolue…

Tavaux 

Sans aucune opposition cette fois-ci, Annie Truchot, Philippe Tournier et Christian Meugnier ayant jeté l’éponge, Jean-Michel Daubigney file tout droit vers sa deuxième réélection.
Avec seulement 6 sortants à ses côtés, le maire consacrera ce mandat à assurer la continuité de son action autour d’une équipe motivée et donc considérablement renouvelée.

Les Rousses 


Les cartes sont redistribuées en l’absence de représentation du président des maires du Jura, Bernard Mamet.
Le scrutin semble donc très ouvert entre la liste de Christophe Mathez, premier adjoint du maire sortant, et celle de Claire Cretin qui incarne une certaine forme de nouveauté.
Il faut dire que le contexte de la station est assez singulier, avec une prédominance de l’activité touristique hivernale dans les esprits et un électorat composé de nombreux frontaliers qui n’ont pas forcément les mêmes préoccupations que les “autochtones historiques”.

Arbois 

La succession de Bernard Amiens s’annonce difficile en terre arboisienne.
Martine Pingat épaulée par quelques sortants (dont le président de la Communauté de communes Arbois Poligny Salins Coeur du Jura, Michel Francony) tentera de reprendre le flambeau, mais trouvera en face d’elle l’enthousiasme et la jeunesse de la conseillère régionale Valérie Depierre qui semble-t-il, parvient à rassembler au-delà de son strict électorat.

Des communes sans candidat

Quatre communes du département n’ont enregistré aucune candidature : Darbonnay, La Rixouse, Saint Didier et Vaux-sur-Poligny.
Ainsi dans ces quatre villages le scrutin du premier tour, dimanche 15 mars, n’aura pas lieu. Les électeurs seront toutefois conviés aux urnes le dimanche 22 mars, si d’ici-là quelques bonnes âmes souhaitent se présenter…
Autre curiosité à Jeurre, où les 270 habitants ne comptent que cinq candidats pour… onze sièges à pourvoir !
Une illustration de la désaffection croissante pour la politique et la chose publique, qui au vu des récentes déconvenues subies par les maires ruraux, peut s’avérer légitime…

Mérona et ses 8 habitants prêts à voter

Dans la plus petite commune du Jura, le maire, Bernard de Mérona, prépare le scrutin : “Comme dans les autres communes,  le bureau de vote sera ouvert de 8h à 18h” explique-t-il. Le conseil municipal comptera 7 conseillers…pour 8 habitants seulement ! Un conseil incluant les trois familles du village, dont le maire depuis des décennies est issu de la famille de Mérona : “J’ai succédé en 2014 à mon frère décédé, et je me représente cette année faute d’autres candidats” confie avec humilité le maire…qui a échappé à une modification du code électoral.
Dans les communes de plus de 500 habitants, l’article 238 stipule que le conseil municipal ne peut comprendre plus de deux personnes de la même famille. Mais la plus petite commune jurassienne peut s’enorgueillir de compter malgré tout 21 électeurs : “Les propriétaires de résidences secondaires peuvent voter dans la commune où ils payent des impôts fonciers” expose Bernard de Mérona. Une faculté que les membres de sa famille utiliseront, toujours attachés sentimentalement à la commune qui reste leur berceau.

 

Bernard de Mérona.