Ensemble Dole 2020 : la gauche tente d’unir ses forces

Le mouvement "Ensemble Dole 2020" a présenté sa démarche vendredi dernier : fédérer une nouvelle opposition, de manière constructive et participative. Mais déjà, quelques distensions se sont entendre...

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Ils étaient une trentaine à s'être rassemblés vendredi soir, aux Arquebusiers.

Une bonne trentaine de personnes “de sensibilité de gauche”, se sont réunies, vendredi dernier devant le pavillon des Arquebusiers, afin de présenter publiquement leur “démarche de rassemblement” destinée à voir émerger en début d’année prochaine, une liste d’opposition.
Sur place quelques élus (Jean-Claude Wambst, Françoise Barthoulot, Ako Hamdaoui, Thimothée Druet) ou ex-élus (Lionel Gatinault, Christian Parent), venus rejoindre des militants et sympathisants PS, PC, Génération-S, la France Insoumise, mais tous “signataires de la charte à titre individuel”.
“Pas de présentation de liste, ni de tête de liste, ni de programme détaillé. Nous nous adressons aux Dolois et Grandolois et voulons leur faire connaître notre démarche qui anime des personnes d’horizons différents : politiques, associatifs, syndicaux.
Une démarche qui rompt avec les manières et les pratiques antérieures, et s’articule autour d’une charte axée sur des objectifs communs”, a débuté Bernard Marcesse.

Transition écologique, démocratie participative, cohésion sociale…

Christine Quillet poursuivait :
“L’objectif est de construire ensemble un projet municipal et communautaire, avec les citoyens, grâce à la démocratie participative. Cela, pour gagner ensemble les élections municipales à Dole, et conquérir la majorité au Grand Dole. Ce qui nous permettra de mettre en œuvre ce projet construit collectivement et répondre aux besoins de la population”.
Une volonté d’agir qui s’inscrit dans plusieurs domaines, rapidement passés en revue :
“Nous souhaitons avancer sur la transition écologique, avec des politiques locales ambitieuses en matière d’environnement, d’énergie, de mobilité, d’emploi, d’urbanisme et de logement. On souhaite aussi rétablir et renforcer la démocratie participative et délibérative, pour que les habitants reprennent en main leur destinée et les décisions qui les concernent. De même que nous comptons œuvrer à la restauration et au développement des services publics et des biens communs. Il faut absolument une réappropriation de la vie du territoire par ses habitants ! Or, cela commence par la cohésion sociale et la solidarité”.

Une plate forme collaborative à venir…

Pour ce faire, le groupe Ensemble Dole 2020, compte s’appuyer sur quelques outils numériques, notamment une plateforme collaborative qui sera prochainement mise en ligne. Des supports destinés à faire émerger un “comité démocratique paritaire”.
“Comme pour tout travail au sein d’un collectif, la règle de décision sera le consensus, sinon nous aurons recours au vote” précise Thimothée Druet.
Puis viendra le temps de la constitution de commissions, et de la constitution de la liste “afin d’officialiser la candidature des citoyens destinés à porter notre projet”.
“Toute personne qui souhaite nous rejoindre devra avoir ratifié la charte. Nous invitons chaque habitant de bonne volonté, qui souhaite changer les choses, à prendre contact avec nous et venir nous rencontrer. Portons nous vers l’avenir, vers le progressisme…” rappelaient ensemble plusieurs membres du mouvement.
A l’évocation d’une liste candidate “concurrente” Europe Écologie Les Verts (lire par ailleurs ci-dessous), et donc, d’une possible désunion qui pourrait s’avérer fatale au passage du premier tour, le groupe répondait :
“Certains des Verts ont participé à notre charte, mais nous n’avons pas eu connaissance des points d’achoppement, si d’autres motivations les amènent à diverger et à vouloir faire cavalier seul, cela leur appartient…”
Comme quoi avant de parvenir à la parfaite et idéale convergence des luttes, il y a encore du travail…

Prochaine rencontre du groupe Ensemble Dole 2020, samedi 5 octobre, lieu à définir.
Contact : ensembledole2020@gmail.com

 

Ils ne sont pas (vraiment) d’accord…

 

Patrick Viverge (Place publique) :

“La candidature des écologistes, en cavalier seul, est d’une grande maladresse.
A l’image du positionnement de Place publique et de Raphaël Glucksmann, dont je suis le représentant départemental, je souhaite le rassemblement de toute la gauche, dès le premier tour. Sans quoi, c’est la perte assurée !
Il faut inciter les jeunes à prendre le relais, la gauche a besoin d’imagination, de rêves, voire d’utopies… Mais quand je vois ce qui se prépare à Dole, ça ne me fait pas rêver !
Il y a pourtant beaucoup de jeunes qui ont envie de s’engager et de porter leurs convictions humanistes. Mais pas avec ces gens-là et pas de cette manière…
Se diviser est tout l’inverse de ce qu’il nous faudrait faire si l’on veut reprendre notre destin en main.
Je ne serai solidaire que d’une gauche unie, imaginative, et créatrice”.

Patrick Viverge.

 

Hervé Prat (Europe Écologie Les Verts) :

“Nous avons choisis de présenter une liste verte et ouverte afin de porter des propositions écologistes et de défendre nos convictions comme par exemple, au sujet de l’aéroport de Dole-Tavaux, de l’aménagement de la zone de Brevans (qui pourrait devenir une zone de production alimentaire de proximité), pour une alimentation pour les cantines 100% bio et de provenance locale, sur la gratuité des transports en commun…
La gauche doloise a abandonné le combat sur le vote au Grand Dole, notamment concernant la privatisation des piscines qui se fera aux dépens des usagers après des investissements considérables de la collectivité, avec seulement une voix contre !
Fallait-il passer autant de temps sur l’élaboration d’une charte qui correspond aux valeurs et aux pratiques des Verts depuis toujours, et ceci pour faire fonctionner des partis qui se connaissent et travaillent ensemble depuis des années ?
Nous sommes convaincus que seul un mouvement écologiste fort pourra porter nos ambitions. Voilà pourquoi nous avons donc décidé de construire cette liste”.

 

 

Hervé Prat.

 

 

Anne-Sophie Pelletier (La France Insoumise) :

“Il n’y a pour l’heure, aucune entreprise de rassemblement avec quiconque de la part de la France Insoumise pour les municipales à Dole. C’est encore trop tôt…
Nos assemblées représentatives se dérouleront entre le 23 et le 29 septembre, c’est seulement à ce moment-là que nous déciderons quelle sera notre marche à suivre.
Les candidatures vont être centralisées puis analysées par le comité qui proposera ses choix, sur lesquels nos membres seront très bientôt invités à s’exprimer.
Ce qui n’empêche pas qu’à titre individuel, chacun peut faire ce qu’il veut et aller où bon lui semble, mais dans ce cas, il ne peut se prévaloir d’afficher l’étiquette LFI, ni de s’exprimer en son nom…
J’invite les militants et sympathisants insoumis à faire connaître leurs candidatures, leurs positionnements, et à renforcer notre action pour une alternative aux politiques libérales destructrices”.

 

Anne-Sophie Pelletier.