EHPAD En Chaudon : la fermeture repoussée

Les 31 résidents auront un sursis de plusieurs années, avant un transfert dans la clinique du Jura transformée en EHPAD.

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Les élus et le directeur de l’hôpital (à droite) ont rassuré les résidents et leurs proches.

Dans une des EHPAD les moins chères du Jura (1500 €/mois), il fait bon séjourner.
« Je me plais beaucoup ici, les médecins sont super, le personnel très gentil. On ne trouve pas mieux ailleurs, surtout pour ce tarif !» : pour Lucienne Janier, 94 ans, originaire de Passenans, il aurait été inconcevable de devoir partir ailleurs. Et cela tombe bien, Jacques Pélissard, président du conseil de surveillance de l’hôpital a annoncé une bonne nouvelle aux 31 résidents restants : « N’ayez pas de craintes. J’ai négocié avec l’Agence Régionale de Santé (ARS Bourgogne Franche-Comté) le maintien à Lons de 37 lits d’EHPAD ».
Ceci alors qu’En Chaudon devait initialement fermer ses portes à l’automne 2019. Ce sursis, qui pourrait durer au moins 2, 3 voire 4 ans, est motivé par le projet de transformer la clinique du Jura en EHPAD (37 lits donc), après regroupement de son bloc opératoire au sein de l’hôpital de Lons. Ce projet avance, mais plusieurs étapes restent encore à franchir a expliqué Jacques Pélissard, comme par exemple garantir aux chirurgiens le maintien de leur statut public, mais aussi entreprendre des travaux de rénovation. Guillaume Ducolomb, directeur de la communauté hospitalière de territoire  (CHT) Jura sud a confirmé la récente décision de l’ARS : « Vous avez la garantie de rester à En Chaudon jusqu’à ce qu’une solution pérenne soit trouvée au centre-ville de Lons. Vous verrez d’ailleurs de nouveaux résidents arriver au fil des mois ».

Les familles rassurées

Six lits seront en effet disponibles lorsque la réorganisation de ce grand bâtiment (capacité de 79 résidents) datant des années 70 soit opérée. Guillaume Ducolomb a aussi annoncé que les résidents du 3e étage seraient regroupés dans les 1er et 2e étages « pour des raisons de sécurité ». Faute d’investissements, l’EHPAD n’est en effet plus aux normes (et c’est pourquoi il devait initialement fermer). Des chambres du 1er et du 2e étages seront donc rafraichies pour accueillir au mieux leurs nouveaux pensionnaires, tandis que les services informatiques de l’hôpital intégreront le 3e étage pour y « amener de la vie et de l’activité ». Pour Christophe Bois, adjoint municipal aux affaires sociales, l’issue est donc heureuse, sachant que « les familles était très inquiètes » du sort réservé à leurs proches. Certaines avaient déjà déposé des demandes d’admission dans d’autres établissements, en vain… « Le tarif peu élevé de l’établissement a également pénalisé sa rénovation » a-t-il ajouté. Du côté des familles, comme celle de Janine Bouillier, 74 ans, on se félicite que ce bâtiment continue à vivre.
« Avec sa salle d’accueil spacieuse et lumineuse, son emplacement juste à côté de l’hôpital, on ne peut pas trouver mieux ». De nombreuses activités étaient proposées aux résidents (sorties au cinéma, au parc, etc.), mais l’animatrice étant partie, le relais devrait être assuré par la quinzaine d’aides soignantes. L’ambiance sera de toute façon plus légère, car jusqu’à présent les résidents (à 95% des femmes) voyaient leurs rangs s’éclaircir au fil des décès (les admissions étant jusqu’ici gelées).

32 lits de plus en ville

Autre projet en perspective : le transfert de 32 lits d’EHPAD à la maison Saint-François d’Assise. Jacques Pélissard a confirmé que l’ex-maison des associations (située rue Marcel Paul) serait « annexée » par l’EHPAD Saint-François d’Assise mitoyenne en contrepartie de la fermeture du château de Vannoz (près de Champagnole), qui n’est plus aux normes. Selon l’élu, un projet de nouvel EHPAD à Lons serait également en discussion, sur le modèle public/ privé.