Éditorial

Itinéraire d'un enfant gâté

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Monstre sacré du cinéma français. Jean-Paul Belmondo vient de nous quitter à 88 ans.
C’était un homme assurément extraordinaire, dont l’existence aura été aussi foisonnante que multiple, sur les planches comme à l’écran.
Mais à l’image de tous les grands hommes de talent, ce qui a surtout guidé sa vie, c’est l’Amour…  Comprenez l’attrait pour le désir, le plaisir, l’exaltation, la sublimation des sentiments. La déraison aussi parfois. Tant mieux.
De sa première femme qu’il épousera en 1959, Élodie Constantin, Jean-Paul Belmondo aura eu trois enfants. Patricia, Florence et Paul. Son mariage prendra fin en 1965 avec la rencontre de la solaire suissesse Ursula Andress, à l’occasion du tournage des « Tribulations d’un Chinois en Chine ».
Il goûtera aussi au charme de Carlos Sotto Mayor lors du tournage du « Marginal » en 1983. Avant d’opter pour Natty Tardivel, croisée en 1989 sur le court central de Roland-Garros où il allait très souvent. Laquelle lui donnera une fille, Stella.
En 2010, il s’entichera de Barbara Gandolfi, ancien mannequin belge, ex-participante à la version flamande de l’Île de la tentation.
Ainsi, durant près de 9 décennies, fidèle à son image, Jean-Paul Belmondo aura croqué la vie à pleines dents. Ce qui lui a probablement permis de fermer les yeux sans regret.
Evidemment, comme toujours, quelques esprits chagrins se sont illustrés sur les réseaux sociaux, ne pouvant s’empêcher de salir ou jalouser, ceux qu’ils envient tant… tout en se refusant de l’avouer.
A commencer par la toujours si subtile Coline Aeolia, laquelle a twitté :
« On ne regrettera pas les films gênants de cette vieille France sexiste qui appartiennent à nos papas boomers beaufs (que l’oubli progressiste se chargera de cancel par simple sélection culturelle) ».
Idem pour l’écologiste Sandrine Rousseau, qui s’est une nouvelle fois illustrée par sa merveilleuse culture cinématographique et littéraire :
« Merci Jean-Pierre Belmondo d’avoir porté haut le cinéma français. Une dernière cascade, en espérant qu’elle n’ait pas été difficile ».
Et toute une foule de détracteurs dont j’aimerais constater la prestation sur un ring de boxe, contrairement à celui qu’ils raillent, qui lui, y excellait avec ardeur et courage.
Que voulez-vous, le respect des anciens, le goût de l’effort, le sens de l’honneur, le dépassement de soi sont des valeurs étrangères, voire grossières pour ces « progressistes » et autres adeptes de la « cancel culture », se revendiquant pourtant donneurs de leçon du pluralisme, mais pour qui il est impossible de concevoir rendre hommage à un homme blanc hétérosexuel de plus de 50 ans, symbolisant la cause de tous leurs maux.
Belmondo, c’était une gueule, une gouaille, l’élégance, le panache. L’esprit français, séduisant, travailleur, généreux. Une personne guidée par les liens du cœur.
Voilà pourquoi dans plusieurs dizaines d’années, nous regarderons toujours ses films et savourerons toujours ses répliques cultes.
Tandis qu’avalés par le principe de réalité terrestre, les « déconstructeurs » de toutes sortes, auront certainement totalement disparu…