Éditorial

Le temple des ondes

0
305

Les derniers mois qui viennent de s’écouler ont été tellement compliqués à supporter que pour la première fois de ma vie, bien que je sois devenu de nature plutôt sédentaire et solitaire (afin de me protéger de la bêtise humaine grandissante, et de la déliquescence de notre époque), un besoin vital de coupure et de dépaysement s’impose à moi.
Il faut dire qu’à tous les étages, même si c’est à divers degrés, on en a tous pris une bonne couche depuis un certain temps en termes de turpitudes et de contrariétés….
Ainsi, ayant péniblement réussi à préserver quelques économies afin de pouvoir aller retrouver quelques jours mon si cher littoral vendéen, je me suis dit que pour une fois (la première), le passionné de courses hippiques que je suis, pouvait bien s’octroyer un petit extra et qu’à 44 ans bientôt, le temps était venu de m’offrir de réaliser l’un de mes rêves d’enfant : parier et assister au déroulement de la course d’un quinté sur un hippodrome.
Cela va sembler légitimement banal ou insipide à tous ceux qui restent indifférents à ce genre d’événement, pourtant s’ils savaient toute l’émotion qui s’y récolte…
Entre la joie quasi-hystérique des vainqueurs, l’amère déception de ceux qui perdent de presque rien (c’est toujours comme ça), voir couler les larmes qu’elles soient de tristesse ou de bonheur des entraineurs, des drivers, des propriétaires, des parieurs, de leur famille, vibrer pour eux, avec eux…
Un hippodrome, c’est le temple des ondes, l’Everest des sensations. Là où toutes les superstitions et croyances se respectent et se vivent comme telles, au regard des destinées sur lesquelles elles peuvent influer.
Tout y bascule si vite. Un départ au galop du favori et l’atmosphère devient dramaturgique (sauf pour les amateurs d’outsiders). Un décalage opéré au bon moment dans le dernier tournant et si toutes les conditions sont réunies (les ondes), le sprint final peut changer votre vie…
Tout ça pour dire qu’ayant donc opté pour débuter mon périple le long du littoral atlantique par l’hippodrome de Cabourg le 30 juillet au soir (en nocturne, les émotions sont encore davantage amplifiées), il m’a fallu comme tout père de famille responsable m’assurer que mes enfants puissent y accéder sans pass sanitaire et pour ce faire, obtenir confirmation auprès de la sacro-sainte référence d’État, qui ces derniers temps, n’a pas été avare d’informations contradictoires !
J’ai donc composé le 0 800 087 148. En vain. Car malgré plusieurs tentatives à différentes heures de la journée : « Tous nos assistants sont en ligne, veuillez renouveler votre appel ».
Un état de fait proprement révoltant au regard du ton martial employé par Emmanuel Macron lors de sa dernière allocution. Lequel s’est gargarisé d’effets d’annonces face caméra mais dont la suite de la chaîne de commandement ne peut en assumer une convenable application. Là encore (et toujours), l’insuffisance domine, notamment dans les hautes sphères technocratiques…
Finalement, puisque l’on ne peut compter sur personne (surtout pas sur certains services de l’État, injoignables et défaillants), j’ai tout de même pu obtenir une réponse fiable et favorable auprès d’une relation du monde hippique qui devrait présenter (et faire gagner) un de ses poulains vendredi soir. Mais chut.
Les tuyaux, c’est comme les coins à champignons. Pour que cela fonctionne durablement, ça doit rester secret !
Voilà, on en termine là. Je vous souhaite de bonnes vacances à tous. Et c’est promis (sauf cas de force majeure), même si je remporte le quinté dans l’ordre vendredi soir, ceux qui le souhaitent pourront continuer à me lire dès notre retour pour la prochaine édition du 23 août.
Parce qu’écrire ici, c’est mon dada à moi…