Éditorial

Révolution !

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C’est en contemplant, de loin, distancié, mes impôts s’éparpiller en gerbes multicolores que l’idée m’est apparue.
Parfois les pensées s’imposent, des parallèles se révèlent d’eux-mêmes et trouvent finalement écho à une destinée qui les accueille, les accompagne puis leur donne corps dans la réalité immédiate. Les ondes de l’intuition sont fabuleusement mystérieuses.
Ainsi, spontanément, l’effervescent bouquet final du feu d’artifice du 14 juillet, me fit soudainement revivre les causes initiales de la fête nationale : l’explosion, les détonations, le bouleversement, le soulèvement de la foule, l’histoire des idées…
Peu à peu, le sens du passé se précisait.
Ce sentiment grisant d’être animé, porté, transcendé par un viscéral et irrépressible désir de justice sociale, de réappropriation du pouvoir, d’amélioration de son ordinaire. De vouloir et pouvoir choisir son existence, d’accomplir sa vie, sans se la laisser dicter par quiconque : la liberté ou la mort ! Ainsi est née la Révolution française.
Pendant que la magie pyrotechnique poursuivait son cours sous les hourras d’admiration d’une foule bien éloignée de mes préoccupations existentielles, la réflexion se prolongeait.
Que reste-t-il aujourd’hui de cette Fête de la Fédération qui a généré l’État-nation d’alors ?
La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 est-elle réellement toujours en vigueur ?
Quid de cette démarche conquérante et collective qui amena la France à devenir ce singulier pays référence dont les valeurs, les traditions et la culture allaient ensuite rayonner si longtemps dans le monde entier ?
Pourquoi et comment tout cela s’est retourné (contre nous) ?
A quel moment la rutilante et enviée machine tricolore s’est grippée ?
Et surtout, comment parvenir à la réparer ?
Or, le discours particulièrement violent, pour ne pas dire tyrannique, qu’Emmanuel Macron a prononcé lundi soir, ne laisse rien augurer de bon en ce sens.
Car en assumant pleinement de fracturer, cliver, diviser, déconstruire, toujours plus et toujours plus loin la société française, le chef de l’État a cyniquement affiché son programme : en marche forcée !
Une sorte de dictature idéologique, qui sous couvert de démocratie ne dit pas vraiment son nom, mais s’impose bien dans les faits, à coups de décrets unilatéraux et liberticides.
On attendait au moins un geste de repentance. Un mea-culpa symbolique au sujet des injonctions, décisions contradictoires et autres cafouillages du gouvernement, un hommage aux familles de ceux qui ont payé de leurs vies les trop nombreuses défaillances de l’État, des engagements formels pour l’ouverture de lits supplémentaires dans les hôpitaux. Bref, un peu d’espoir pour demain…. Mais que nenni !
Au contraire, toujours avec ce petit sourire narquois et satisfait, Emmanuel Macron en a profité, à l’issue du chapitre portant sur la prochaine imposition généralisée du pass sanitaire, pour aller jusqu’à câliner son électorat, au sujet des réformes très controversées des retraites et de l’assurance chômage.
Si sur le fond certains arguments peuvent s’entendre, on ne peut s’empêcher de penser que la méthode employée est délibérément sournoise, perfide, manipulatrice et incite naturellement à l’indignation sinon à la révolte. Voire plus.
L’Histoire est cyclique. Voici venu le temps où il appartient désormais à tous ceux qui le souhaitent, de se libérer par eux-mêmes…