Éditorial

Le début de la fin

0
96

Mardi 29 juin. Réveil difficile. Comme vraisemblablement pour une majorité de Français.
Sensation désagréable d’un mauvais rêve, d’une gueule de bois, d’une soirée festive trop arrosée qui aurait mal tourné…
J’allume mon ordinateur et ce que je craignais se réalise.
Les titres cataclysmiques des différents journaux défilent sur mon écran : “La désillusion”, “C’est fini”, “Échec au bout de la nuit !”, etc…
Non je n’ai pas rêvé. Ce n’était pas un cauchemar. La France est bien éliminée de l’Euro 2020. Et ce, dès les huitièmes de finale !
Alors, pour mieux cultiver les regrets et exacerber l’amertume, on se refait le scénario catastrophe. Étape par étape.
L’ouverture du score des Helvètes au terme du premier quart d’heure, le pénalty stoppé par Hugo Lloris à un moment que l’on pensait être le tournant du match. L’égalisation puis le doublé de Benzema peu avant l’heure de jeu. La frappe somptueuse en pleine lucarne,  éclair de génie signé Pogba à la 75ème. Cocorico !
Le mauvais sort était conjuré. On y croyait, on en était sûr et certain. On commençait à calculer comment aborder ce quart de finale face à l’Espagne, et la potentielle demi-finale qui suivrait. Pour un peu, on se voyait déjà s’enorgueillir du double titre honorifique de champion du monde et champion d’Europe…
Mais c’était sans compter sur l’incroyable remontada suisse. 3-2 (81′), 3-3 (90′).
La suite on la connait : les prolongations, les tirs au but. Mbappé qui échoue. Tout un symbole. Enfin, les Suisses se congratulent et les pâles champions du monde en titre, pourtant grands favoris du tournoi, font leurs valises.
Comment une telle débâcle a pu s’opérer ?
Comment est-ce possible pour cette formation tricolore ayant régné sur le toit du football mondial durant ces dernières années, d’être éliminée en quart de finale de cet Euro 2020 ?
A l’inverse d’une équipe suisse, habile, appliquée, calme, disciplinée, la formation française a montré trop de suffisance, trop de lacunes défensives, notamment dans les couloirs.
Et ce, déjà lors des matchs de poules. Même si certaines individualités la masquaient souvent, trop souvent, la fébrilité était palpable.
Exit la solidarité, la sérénité, la solidité du bloc de 2018.
Le supplément d’âme qui nous portait et nous sublimait jusqu’alors, s’est évaporé.
Ce mardi matin, au delà de la cruelle déception que nous provoque cette logique et prévisible déroute, un constat s’impose : la fin d’un cycle est acté et le déclin se profile.
Finalement, en football comme pour le reste, la France n’est vraiment plus ce qu’elle était…