Éditorial

Assignés à résidence

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Six heures sonnent, la vie reprend,
Il est possible de sortir.
De s’extraire pour un temps seulement,
Du carcan qui veut nous réduire.

En simples consommateurs utiles,
En sages soldats productifs.
A ces deux rôles cumulatifs,
Nous ne pouvons plus rester serviles.

Six heures sonnent, le ciel devient blanc.
Je trouve ça beau et j’aime l’écrire.
Partager instantanément,
La lueur d’un jour à venir.

Un peu d’espérance condensée,
En quelques mots, quelques idées,
Images colorées et parfums.
Ou d’autres symboles opportuns.

Pour appréhender le printemps,
Respirer, reprendre le temps.
De se poser les bonnes questions.
Et trouver les bonnes solutions.

Six heures trente, j’ouvre à mes poules,
Le soleil monte sur l’église,
Les minutes défilent, le temps coule.
Déjà, la journée s’amenuise…

Le tableau n’est pas idyllique,
Malgré la météo clémente,
L’actualité reste alarmante,
Et notre quotidien spasmodique.

Puisqu’il faut composer avec,
Toutes ces mesures restrictives,
Naufrager, subir les dérives,
D’une grave stratégie de l’échec.

Qui aurait pu penser qu’en France,
Cette libre et lumineuse nation,
Une innocente population,
Doive s’assigner à résidence ?