Éditorial

Le grand sommeil

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On le sent venir…
Comme la brume sur les champs, en cette saison vers 17 heures, prévient la froidure du soir qui nous enrôle, nous mord, puis nous fige, on sent que l’étau est en train de se resserrer dangereusement, et qu’un troisième confinement s’annonce probablement pour très bientôt.
Qu’il soient britanniques, sud-africains, brésiliens ou japonais, les variants risquent de faire brutalement varier le positionnement de nos dirigeants, lesquels se refusent à prononcer ce mot tabou qui leur brûle la langue dès qu’ils le lâchent, car il devient alors synonyme de brutale chute de cote de popularité dans les sondages.
Or, d’importantes échéances électorales se profilent. Principalement politiquement, mais aussi stratégiquement, car en cas de succès, elles offriront l’opportunité d’aisément recaser les petits copains “influenceurs” à des postes fort bien rémunérés, dans les innombrables méandres organisationnels composant notre millefeuille administratif.
On évoque déjà des vacances scolaires prolongées ? Ce serait alors une mesure de fermeture des écoles qui ne dirait pas son nom… De même qu’un couvre-feu décrété à 18 heures sur l’ensemble du territoire, n’est qu’un confinement nocturne déguisé.
Bref, malgré les 12 heures nous restant encore disponibles sur les 24 que contient une journée, nous avons déjà un pied et quatre orteils dedans.
En clair, on nous prend pour des veaux. Ce qui hélas n’est pas nouveau.
Plus nouveau en revanche, mais pas plus surprenant, est ce dernier jugement de la Cour de cassation estimant qu’il est désormais illégal d’apposer des autocollants sur les plaques minéralogiques. Puisque “tous les caractères visibles sur un véhicule doivent venir d’un fabricant homologué”, sinon c’est une concurrence déloyale : l’autocollant valant moins cher qu’un jeu de plaques… Business is business !
Personnellement adepte de cette pratique “identitaire” (aïe, ce vilain mot va encore me valoir des courriers de protestation de mes chers amis, pourfendeurs autoproclamés de “la tolérance“ et du ”vivre-ensemble”, qui non sans véhémence voire même outrageusement, me feront remarquer qu’il est inadmissible, rétrograde sinon fasciste d’oser employer ce qualificatif…), je me retrouve donc aujourd’hui dans l’illégalité puisqu’arborant un cœur vendéen sur ma plaque d’immatriculation.
Situation ubuesque que l’ancien préfet, créateur du parc d’attractions du Puy du Fou, ancien président du conseil général de la Vendée (1988 – 2010), et fondateur du Mouvement pour la France, Philippe de Villiers, a commenté via Boulevard Voltaire :
“C’est moi qui ai suggéré à tous les Vendéens par la géographie ou par l’esprit de coller le logo de la Vendée. À l’époque, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, avait décidé de supprimer sous la pression de la Commission européenne, les plaques minéralogiques des départements. Cela n’a pas posé de problème.
Et tout à coup, la Cour de cassation, la plus haute instance de la justice française, en a décidé autrement. Cela suscite de ma part des observations : on supprime un symbole qui vient du plus haut Moyen-âge. On trouvait déjà au Moyen-âge le double cœur surmonté de la couronne et de la croix. Sous nos yeux, on a une méthode qui nous rappelle les régimes totalitaires.
On supprime toute la partie sous-jacente de ce qui fait le mystère de notre pays, la partie symbolique, la partie allégorique, la partie métaphorique. Cela va plus loin. Il se trouve que ce symbole c’est le double cœur, c’est le sacré cœur, c’est le petit morceau de flanelle que portaient épinglé sur le cœur les Vendéens en 1793. C’est une manière de revisiter l’Histoire et d’anéantir tous les efforts récents qui ont été faits pour réhabiliter une province qui a beaucoup souffert de la révolution et des colonnes infernales”.
Des propos qui prêtent à réflexion.
Heureusement, il y aura toujours possibilité d’apposer ces logos à côté de la plaque minéralogique. De même qu’il est toujours possible de faire fabriquer un nouveau jeu de plaques où figure le département de son choix… au tarif de 65 euros la paire !
Ce qui sera toujours moins onéreux que les 135 euros d’amende encourus par cette nouvelle infraction.
Mais quand même. Au vu des inquiétantes turpitudes que nous traversons, n’y aurait-il pas de mesures plus essentielles, plus fonctionnelles, plus cruciales, à mettre en place urgemment ?
Heureusement, le principe d’un cauchemar, c’est qu’il s’arrête dès lors que l’on se réveille…