Éditorial

Souviens-toi... l'hiver dernier

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Souviens-toi… l’hiver dernier. Tout était si normal.
Il y a exactement un an de cela, aux premiers jours de janvier 2020, nous allions trinquer dans les cafés, manger en famille ou entre amis dans les restaurants, nous sortions quand, où, et comme nous le souhaitions. Notre vie n’était entachée d’aucune restriction. Tout était si ordinaire, en somme.
Bon d’accord, nous avions vaguement entendu parler d’un drôle de virus, appelé SARS-CoV-2, apparu sur un marché aux animaux à Wuhan. Mais les Chinois vivent si différemment de nous. Ils conservent des mœurs d’un autre âge. Ils sont si loin. Et puis de toute façon, la ville était confinée via des méthodes dictatoriales, dont le régime communiste use habituellement. Tout cela ne nous toucherait pas, ne nous toucherait jamais. L’affaire était entendue.
Sauf que notre confiance n’allait pas tarder à se fissurer.
Trois semaines plus tard, en France, les trois premiers malades étaient annoncés : deux à Paris et un à Bordeaux. Ces trois patients chinois avaient séjourné à Wuhan.
A l’instar du nuage de Tchernobyl, contrairement à ce que les autorités affirmaient, il fallait bien se rendre à l’évidence : le virus ne s’était pas arrêté à la frontière…
A tel point que le 25 février 2020, le nombre de nouveaux cas déclarés quotidiennement hors de Chine était plus élevé qu’à la source du foyer de ce qui allait devenir une épidémie, puis une pandémie le 11 mars.
Dès lors, nos certitudes vacillaient, puis s’effondraient.
Le Premier ministre d’alors, Édouard Philippe, annonçait à compter du 14 mars à minuit et jusqu’à nouvel ordre, la fermeture de tous les lieux publics “non-indispensables”, ainsi que les “premières mesures de limitation des rassemblements”.
Mais le premier tour des élections municipales était tout de même maintenu…
Le 16, Emmanuel Macron martelait d’un ton martial : “Nous sommes en guerre”.
Tous les déplacements étaient réduits au strict nécessaire, les entreprises (parmi celles qui pouvaient encore poursuivre leur activité) s’organisaient pour faciliter le travail à distance, les réunions familiales ou amicales étaient interdites. Bref, dès le lendemain, le confinement s’abattait sur nous, comme le ciel sur la tête des gaulois réfractaires que nous sommes.
Avec des conséquences dramatiques, épouvantables, qui marqueront à jamais notre époque, nos existences et l’ensemble de nos interactions relationnelles…
Inutile de détailler la suite : le déconfinement du 11 mai, la baisse du nombre de cas durant l’été, puis la remontée, le port du masque devenant obligatoire dans la rue, dans les écoles primaires, le reconfinement du 30 octobre au 15 décembre, puis le suivant…
Comment aurions-nous pu imaginer, il y a un an, que tout cela nous attendait ?
Souviens-toi… l’hiver dernier. Tout était si normal.
Pourtant, il ne tient qu’à nous, par nos actes, nos gestes, notre vigilance, notre citoyenneté, notre authenticité, notre réappropriation de l’exigence et du savoir-être, de contribuer à enclencher la transition vers l’éternel retour.
Alors, nous retrouverons ce monde d’avant, où chacun trouvait sa place, assumait son rôle avec fierté, honneur et fiabilité. Monde d’avant qui finalement, quoi qu’on en dise même s’il n’était pas parfait, s’avérait certainement plus vertueux et plus agréable à vivre, que le prétendu “nouveau monde progressiste” que l’on nous a vainement promis…