Éditorial

Le grand redémarrage

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5 h du matin, 3 degrés. Feu de bois dans la cheminée,
Le givre sur les vitres floute, ces phares qui au loin sur la route,
Traduisent toutes ces circulations, ces contraignantes obligations,

Comme devoir vendre de son temps, pour subsister passablement.

5h du matin, 3 degrés. Demain il pourrait bien geler.
Cela n’arrêtera pas ce virus, qui dans notre hypothalamus,
Sème une drôle de zizanie, révélant tourments et phobies,

Alors qu’en Nouvelle-Zélande, on vient de le mettre à l’amende.

5h du matin, 3 degrés. J’irai bien courir ou marcher.
Respirer l’air frais de l’automne, pour que mon esprit papillonne,
Mais il me faut noircir ces lignes, car dans quelques heures, on imprime.
Alors j’allume l’ordinateur, le bonheur sera pour tout à l’heure.

Je peux bien faire l’économie d’une immédiate satisfaction,
Comme le chante les Rolling Stones, déplorant cette aliénation.
Ainsi, je pense à tous les autres, à tous ceux qui ne sont pas nôtres.
Puis, je réintègre ma place, et s’évaporent mes angoisses.

5h du matin, 3 degrés, non 5h30 viennent de sonner.
Le temps défile, la vie s’échappe, la grande roue poursuite sa course,
Dans moins de deux mois c’est Noël, espérance providentielle,
D’une conjoncture plus réjouissante, que l’actualité vacillante.

L’aube pointe le bout de nez, 6 heures ne vont pas tarder.
La vie s’éveille peu à peu, chacun œuvre à sa quête de mieux.
Les lumières des cuisines s’allument, les voitures avalent le bitume.
Que puissent s’améliorer nos jours, vers plus de paix et plus d’amour.

6 h du matin, 2 degrés. La température a baissé.
Le givre sur les vitres se fige, on obtient que ce que l’on s’exige.
Avec mes modestes moyens, j’essaye de joindre ce sens commun.
Encore des efforts, du courage, offerts au grand redémarrage.