Éditorial

Zone grise

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Depuis mardi matin viennent d’être lancées les enchères pour l’attribution des premières fréquences de la 5G,  devant permettre aux opérateurs (Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free) d’acquérir 11 « blocs » de fréquences aujourd’hui inutilisés et d’ouvrir ainsi la voie aux premières commercialisations de services 5G dans les principales villes de l’Hexagone. Ce qui devrait s’opérer, dès la fin de l’année.
Evidemment, entre progrès technologique et velléités écologiques (je n’ai pas écrit écologistes, la nuance sémantique est de taille), les divergences éclatent au grand jour.
Il faut dire que bon nombre d’interrogations restent sans réponses précises :
Quelle utilité pour les particuliers ou les professionnels ? Quel impact sur l’environnement et notre santé ? (Ce que l’on sait c’est que la source la plus préoccupante pour la santé reste pour l’heure le téléphone portable, en contact avec le corps).
“On ne sait pas encore, on n’a pas assez de recul” affirment d’une seule et même voix les différents spécialistes mondiaux de la question.
Dans ce cas, attendons donc d’en avoir plus, du recul. Car, comme l’indique une célèbre citation : “Si tu avances sans recul…”.
Bref, poursuivons.
Si l’on fouine un peu, un rapport du Programme national de toxicologie (NTP), programme fédéral piloté par le département de la santé et des services sociaux des États-Unis, évoque une augmentation des risques de tumeurs cardiaques chez des rats mâles exposés à des niveaux élevés d’ondes électromagnétiques utilisées en téléphonie 2G et 3G. Mais les conclusions de ce rapport, selon l’auteur principal, John Bucher, “ne permettent pas d’établir de lien concret et définitif entre l’exposition aux ondes et un cancer”.
Alors faut-il tenter ce saut dans le vide de l’hyperconnectivité sans savoir ce que celle-ci nous réservera dans plusieurs décennies ? Et puis surtout à quoi sert-elle vraiment ?
Techniquement, cette nouvelle génération de communication mobile utilise une partie du spectre des ondes radio, celle située entre 3,4 et 3,8 gigahertz. Elle offre une bande passante plus importante que la 4G et permet donc un meilleur débit dans la transmission des données, de l’ordre de dix fois supérieur.
Mais l’un des grands apports de la 5G, c’est une réduction très notable des temps de latence. En clair, entre une action et sa réaction, l’effet sera immédiat, de l’ordre de 2 millisecondes. Ce qui rendra possible l’automatisation de certaines nouvelles machines. Comme l’intégration sur nos routes de véhicules autonomes devant interagir entre eux en moins d’un dixième de seconde.
Ceci dit, avant de penser à passer à la 5G, les opérateurs feraient mieux de respecter leurs engagements pris auprès de l’Etat et de terminer de couvrir les zones blanches.
A l’instar des nombreux lieux sans aucun réseau mobile ou sans accès internet stable qui, à l’heure du “tout numérique”, persistent encore outrageusement sur notre région…