Editorial

Seconde chance

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Qu’avez-vous fait le lundi 11 mai au matin ? Quel a été votre premier acte d’individu déconfiné ? Quel va être notre rapport avec cette liberté d’aller et venir retrouvée ?
Comment vont désormais s’organiser les jours, les semaines, les années à venir ?
Comment allons-nous appréhender cette sorte d’autre vie, de seconde chance, qui s’offre à nous ?
De nombreuses questions nous assaillent, et il faudra bien composer avec une perturbante part d’incertitude, au moins dans un premier temps.
Quoi qu’il en soit, ce Covid-19 aura eu ce mérite de nous ramener à ce que nous sommes : de petits êtres fragiles, présomptueux et dérisoires…
Ce virus nous aura forcés à intégrer à notre équation personnelle la patience, l’humilité, la modestie face à la maladie et à la mort.
L’insignifiance de notre futile existence, minime fraction de seconde que représente finalement une vie humaine face à la quasi-éternité de l’univers…
Cette attitude arrogante, irrespectueuse, orgueilleuse face à une nature, un “ordre naturel des choses”, que nous avons trop négligé et vient nous le rappeler aujourd’hui.
Comme une invitation à lâcher prise sur notre fragile destinée que nous ne maîtriserons jamais vraiment.
En effet, comme on l’entend partout “Plus rien ne sera jamais comme avant”. Mais tant mieux !
Car désormais, un nouvel âge (d’or) se profile. Une formidable opportunité de redistribuer les cartes, de repartir sur des bases vierges et saines, d’appuyer sur le bouton “reset” pour commencer d’écrire la première page d’une nouvelle histoire : la nôtre.
Et qu’à l’intérieur de celle-ci la défiance, l’égoïsme, la jalousie, la médisance, laissent désormais place à l’harmonie, à la joie, à la paix et à l’Amour.
Mais il faudra pour cela que nos décideurs soient les premiers à montrer l’exemple !
Qu’ils remédient aux défaillances issues d’un système technocratique qui n’opérait jusqu’alors que par stricte logique comptable.
Qu’ils comprennent et acceptent notamment que la santé publique, à l’instar du service public en général, n’a pas pour vocation à être rentable mais, comme son nom l’indique, à “servir le public” dans des conditions convenables… Or pour ce faire, il faudra qu’ils agissent rapidement et concrètement en ce sens, en mobilisant davantage de moyens et de personnels.
Idem, concernant l’agriculture qui devra désormais impérativement fonctionner de manière raisonnée (sinon raisonnable), en limitant les intermédiaires, en privilégiant les circuits courts, en redonnant du sens à l’origine de sa création (c’est à dire notre sédentarisation), et au commerce de proximité qui en découle.
Il faut l’espérer, un second souffle se profile vers une forme de concorde collective. Enfin.
Cela impliquera indubitablement de nouveaux arbitrages, une évolution des différentes structures institutionnelles, un reformatage de nos anciens paradigmes. Nécessaire et précaire déséquilibre : hésitations, doutes, multiplicité des possibles…
Mais nous ferons les bons choix, nous aurons désormais davantage de temps pour vivre une vie qui nous ressemble. Notre destin est entre nos mains.
Le moment est venu de s’élancer, d’oser ce saut dans le vide…. avec devant nous, un horizon encourageant sinon prometteur qui se présente.
Après avoir subi toutes ces turpitudes, ne gâchons pas une si belle occasion de devenir meilleurs…