Éditorial

Authentique originalité

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« Notre route est droite, mais la pente est forte ».
Cette célèbre raffarinade a beau dater de plus de 15 ans, elle n’a jamais été aussi actuelle.
Reste à savoir cependant, de quel côté la pente va-t-elle pencher…
C’est précisément à cette interrogation que sont en train de se heurter actuellement les candidats aux élections municipales. Notamment ceux ayant choisi de prendre part à la “lutte” (du pouvoir), dans les plus importantes agglomérations locales.
La mi-janvier étant déjà derrière nous, on sent que les campagnes électorales viennent de passer à un rythme supérieur. Les enjeux se dévoilent…
Cela se perçoit de différentes manières. Par exemple, pour ceux qui fréquentent ces espaces virtuels, on voit fleurir quelques escarmouches sur les réseaux sociaux.
Mais la plus flagrante (car la plus hypocrite) action électoraliste et clientéliste que chacun peut facilement observer, reste la soudaine présence physique de certains prétendants au siège de premier magistrat, que l’on remarque depuis peu sur les marchés, dans des cafés ou dans des stades où ils n’allaient jamais jusqu’alors…
Naturellement, pour pimenter le tout, nous aurons droit au cours des deux mois qui arrivent, aux inévitables chausse-trappes : avec des départs surprises, des retraits de dernière minute, des postures changeantes, bien souvent purement opportunistes.
Sans parler des habituels arrangements entre amis…
Reste que ce petit manège touche (dupe) de moins en moins de personnes. L’intérêt pour la politique et “la chose publique” en général faisant état d’une décroissance et d’une défiance continues. Ce que l’on peut comprendre.
Malgré cela, il demeure certains convaincus, idéalistes voire utopistes mais authentiques, qui n’iront jamais “à la gamelle”. Pour qui la dissidence se révèle comme une véritable dynamique existentielle.
Car candidater contre l’ordre établi, c’est s’exposer courageusement aux critiques, aux insultes ad hominem, à la médisance, au ressentiment, à la jalousie. Bref, à toutes les pires bassesses de la bêtise humaine.
A notre époque où il devient très difficile de trouver des gens souhaitant réellement s’engager (durablement), on ne peut que se féliciter de voir fleurir ces diverses candidatures, même si certaines peuvent sembler marginales ou dérisoires.
Et puis, cela alimente aussi l’échange d’idées, la confrontation des points de vue (on ne perçoit du monde que ce que l’on peut en observer de la place que l’on occupe), parfois même le rapprochement inattendu, entre “camps” ou personnes supposées opposées.
Seul problème, et de taille, les élus municipaux voient aujourd’hui leur marge de manœuvre se réduire comme peau de chagrin.
Quelle influence ont-ils vraiment sur un budget ? Notre fonctionnement, très lourd, très lent, beaucoup trop inefficace, d’un point de vue administratif et technocratique, a-t-il encore du sens ? Et que dire de cet indigeste mille-feuille territorial qui se rassit jour après jour…
Que peut réellement entreprendre un maire face au paquebot, au mammouth étatique ?
En somme, qui peut s’enorgueillir d’être réellement subversif de nos jours ?
Candidats originaux, si tel est votre cas, la parole vous est donnée…