Éditorial

Allez les bleues !

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D’abord il y eut les propos d’Alain Finkielkraut : “Ce n’est pas comme ça que j’ai envie de voir des femmes !”.
Puis a suivi la dernière Une de Charlie Hebdo où d’une manière semblable au tableau de Gustave Courbet, L’Origine du monde, l’on voit un sexe de femme dessiné par Biche, accompagné du message provocateur “Coupe du monde féminine : on va en bouffer pendant un mois !”.
Une couverture qui n’a pas manqué d’enflammer les réseaux sociaux où beaucoup l’ont qualifiée de misogyne. L’objectif est atteint.
Pourtant, l’éditorial du rédacteur en chef de l’hebdomadaire, Riss, indique clairement à qui veut bien le percevoir (au second degré) que le message est au contraire une ode à cette forme de “pureté” que véhicule le foot féminin :
“Le foot féminin devra-t-il aussi participer à l’abrutissement des foules pour être pris au sérieux et considéré comme l’égal du foot masculin ?” s’interroge l’éditorialiste.
Voilà la vraie question…
Quoi qu’il en soit, avec cette deuxième victoire remportée mercredi soir 2 à 1 face aux Norvégiennes, les Françaises ont fait montre de précieuses ressources collectives.
Ce qui nous donne de vraies raisons d’espérer pour la suite de cette coupe du monde et devrait permettre de véritablement lancer l’aventure des joueuses de Corinne Diacre à qui l’on souhaite évidemment, d’aller le plus loin possible dans cette compétition mythique.
Si jusqu’alors je dois bien avouer que le foot féminin ne m’intéressait pas plus que cela, car j’avais toujours cette dérangeante impression de subir un jeu lent, approximatif et brouillon, (pourtant ma fille aînée le pratique depuis plusieurs années et j’assiste presque à tous ses matchs), j’assume cependant avoir révisé mon jugement depuis le début de ce tournoi international.
D’abord, car d’un point de vue génétique pour ne pas dire physiologique, le football féminin semble moins violent, plus séquencé. Il est organisé différemment, plus précisément, plus juste techniquement. Ce qui jusqu’alors m’avait échappé.
Aussi, car nous ne voyons pas les joueuses se donner en spectacle lors de postures vindicatives à l’encontre de l’arbitrage. Ni, à l’instar de Neymar et consorts, se livrer à dix roulés-boulés à la suite d’un croc-en-jambe… Moins d’hypocrisie donc également.
C’est un fait, même sur un terrain de football, la féminité incarne nécessairement la douceur, la tempérance, l’élégance, et bien sûr… le charme.
Ce qui se retrouve dans l’harmonie du système de jeu, la gestuelle, l’attitude, le spectacle.
Et ainsi nous laisse à penser, à propos des matchs de football féminins, qu’ils valent probablement largement mieux, que bon nombre de rencontres de notre championnat masculin…