Édito Mag 39

Ré-exister

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Un nouvel été s’annonçait. Mais bien différent de ceux vécus lors des précédentes années.
Puisqu’avant même d’être consommé, consumé, étrillé, ce millésime 2021 affichait déjà un goût très particulier. Il semblait receler comme une amertume latente, qu’artificiellement, on tente de masquer.
Un ingrédient néfaste avait-il été dissimulé ? Nous aurait-on trompés sur l’étiquette (politique) ? Le contenu correspondrait-il vraiment à la mention du contenant ? Il fallait le vivre pour savoir. Boire le calice jusqu’à la lie. Wait and see.
Car depuis près d’un an, on nous promettait monts et merveilles de cet été 2021. On le prétendait comme celui des retrouvailles avec la liberté, l’amusement, l’effervescence des sens. Allait-on pouvoir revivre quelques éphémères et illusoires amours de vacances ? S’étourdir d’inavouables ivresses sensorielles et autres passions brûlantes et déraisonnables ?
S’enivrer, une fois de plus, une fois encore, peut-être une fois de trop, de l’utopique insouciance d’une parenthèse adulescente ?
Le doute subsistait mais peu importe.
Nous étions désormais le dos au mur. Juillet et août venaient d’apparaître sur le calendrier. Comme un signal que le moment du grand saut était venu.
Il allait maintenant falloir oser. Prendre son courage à deux mains et plonger vers l’avenir.
Progresser sur l’itinéraire de sa destinée. Apprendre à ré-exister.
S’affranchir des ombres du passé, et rattraper le temps perdu…