Économie : « Le Jura va bien ! »

Les indicateurs économiques, toujours au verts, doivent cependant être pondérés par les possibles conséquences des mouvements « gilets jaunes ». La nouvelle loi Pacte devrait renforcer l’entrepreneuriat.

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« Une centaine d’entreprises seraient en difficulté » dans le Jura a estimé Michel Di Martino.

« Le Jura va bien ! » : tel est le sentiment de Michel Di Martino, président du tribunal de commerce de Lons-le-Saunier. Lors de la rentrée de ce dernier, le 18 janvier, le président a fait état de bons indicateurs économiques : le chiffre d’affaires global des entreprises jurassiennes a augmenté de 6 % en 2018 (à 10,5 milliards € avec une part à l’export croissante). L’agriculture progresse de 12 %, l’industrie de 11 %, le commerce de 5 %, le BTP de 2,65 %, et l’hébergement-restauration de 6 %. Le taux de chômage est de 6,5 % contre 8,8 % au niveau national : le meilleur élève de Franche-Comté n’est d’ailleurs autre que le Jura ! Lons pointe à 6%, Dole à 7%, et Saint-Claude à 7,2%.
Dans la même veine, Jean-Luc Lennon, procureur de la république, a fait état d’une relative stabilité des procédures collectives engagées envers des entreprises en difficulté : 167 en 2018, contre 164 en 2017. Selon Michel Di Martino il est cependant trop tôt pour se réjouir : les effets des mouvements des gilets aux différentes couleurs pourraient mettre un ou deux mois pour se matérialiser. Par ailleurs, si les défaillances d’entreprises ont diminué de 1,2% en France en 2018, les 3 derniers mois font été d’une hausse de 6,2% des procédures collectives : « 10 ans après, le spectre de la crise de 2008 n’est pas tout à fait effacé » a résumé le président sur le plan judiciaire.

« L’ère de faire n’importe quoi est terminée ! »

Le président Martino, comme Jean-Luc Lennon, sont partisans d’une professionnalisation du monde de l’entreprise (que ce soit pour une création, où une reprise). A ce titre, Michel Di Martino a déploré que le stage de gestion (auparavant obligatoire) pour les entreprises artisanales devienne facultatif (à l’instar des commerçants). Et a encouragé ceux qui sont en difficulté à venir le rencontrer sans attendre l’irrémédiable, ceci de manière confidentielle et secrète.  Selon le président , une centaine d’entreprises seraient  en difficulté actuellement dans le Jura.
« Une procédure collective n’est pas infamante » a renchéri Jean-Luc Lennon. Autre mesure importante de la nouvelle loi Pacte pour favoriser l’entrepreneuriat : à la place des Centres de Formalités des entreprises (CFE) un guichet électronique unique permettra de remplir toutes les formalités, quel que soit le type de l’entreprise (commerciale, artisanale, libérale, agricole, etc.). Cette même loi réforme le droit des sûretés, « en la rendant plus lisible par les créanciers, comme par les débiteurs » a expliqué le président du tribunal.
En clair, en cas de caution jugée disproportionnée, celle-ci ne sera pas annulée mais pourra être réduite pour demander à son débiteur de la payer petit à petit. Enfin, et c’est dans l’air du temps, « l’ère de faire n’importe quoi (en matière environnementale N.D.L.R) est terminée ! » a conclu Michel Di Martino, en faisant référence au nouvel art 1633 du code civil.
Enfin Jean-Louis Buttacavoli, auparavant photographe à Lons, (studio Aussoleil) a été installé dans ses fonctions de juge consulaire.

Les greffiers en grève

A l’appel de l’UNSA, les greffiers ont boycotté toutes les audiences de rentrée des tribunaux. Dénonçant le manque de moyens, il s’élèvent contre la réforme de la justice qui verra la fusion des tribunaux d’instance et de grande instance (avec suppressions de postes). Idem pour la fusion des greffes des prud’hommes avec les tribunaux de grande instance…