Économie : 2019 aussi bon que 2018 ?

Après une année caractérisée par une reprise, les perspectives pour 2019 semblent encourageantes. L’optimisme des dirigeants restent toutefois pondéré par un contexte incertain.

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Les hypers sont peu à peu détrônés par les bonnes vieilles supérettes.

« Le Jura va bien » : pour l’année 2018, Jean-Pierre Parizon, président de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Jura a dressé le 13 février un bilan très positif de l’économie jurassienne. Avec + 5,9% d’augmentation du chiffre d’affaires (pour un total de 10,5 milliards €), le Jura figurerait même parmi les régions françaises ayant le plus tiré parti de la reprise économique. Ceci alors que le PIB de la France n’a crû « que » de 1,5% en 2018… Pour 2019, les prévisions font état d’un PIB national identique (+1,5%) et de 1,6% pour 2020 : de quoi espérer à nouveau une année faste pour le Jura ? Les chefs d’entreprises sont plutôt optimistes selon la Banque de France (BDF), qui a sondé 1500 entreprises de Bourgogne Franche-Comté. Mais Denis Prat, le directeur de la BDF du Jura, a pondéré ce tableau par les trois « i » : incertitudes (à commencer par le Brexit, mais il a rappelé que l’Angleterre exporte près de 50% en Europe, alors que la France n’exporte que moins que 15% outre Manche), impatience, isolationnisme (des U.S.A. qui génère une guerre commerciale avec la Chine, etc.).
Malgré tout, les offres emploi devraient rester stables ou connaitre une légère baisse a émis Denis Prat.

Les petits commerçants favorisés

Alors que le marasme frappe encore et toujours les grandes villes, le Jura semble épargné. Les mouvements des gilets jaunes qui impactent encore durement les commerçants des centres villes durant les week-ends (Toulouse par exemple) ne gênent pas les petits commerçants du Jura a expliqué Michel Dronier, président de la Fédération Jura commerces. Ce qui n’a pas été le cas au plus fort de la crise (en novembre et début décembre) où des centres commerciaux (situés par exemple à Dole, Tavaux ou Montmorot) ont beaucoup souffert. Par ricochet, les commerces de proximité situés en ville (par exemple Champagnole, Moirans, Saint-Claude ou Lons) ont profité de reports a rappelé Michel Dronier.
Même si les soldes ont démarré « normalement », « elles ne procurent que de la trésorerie, pas des bénéfices puisque les produits sont vendus sans marge, ou à un prix inférieur au prix d’achat ». Des commerces fragiles pourraient être en difficulté dans les mois qui viennent, mais ils ne seront pas les seuls : Philippe Manzoni (directeur de plusieurs Intermarché dans le Jura), excusé, a néanmoins fait état de grosses difficultés pour les hypermarchés de plus de 10.000 m2. Ceux-ci souffrent à tel point que les grands groupes cherchent à s’en séparer pour réinvestir les centres-villes via des commerces de proximité. La bonne vieille supérette semble avoir donc de l’avenir ! Autres tendances de fond : le commerce en ligne et le « drive » qui enregistrent toujours une croissance insolente (respectivement +7% et + 6,1%).

Quand l’industrie va…

« L’année 2018 a été très bonne, y compris le dernier trimestre 2018 » : à l’instar de son groupe Ardec Metal (ex-Méca Jura), Daniel Jacquet, président de l’UIMM Jura (Union des industries et des métiers de la métallurgie) a fait état d’un bilan très positif pour le secteur. Pour le premier semestre 2019, 81% des entreprises ne voient pas de difficultés de trésorerie à l’horizon, 66% prévoient des emplois stables, et même (pour 23%) en hausse. Pour Ardec Metal, le mois de janvier a aussi été très bon a confié son dirigeant, confirmant la tendance haussière 2019.