Écoliers, collégiens, lycéens : en avant toute !

Plus de 36.000 élèves ont rejoint les bancs de l’enseignement public les 2 et 3 septembre. Une rentrée qui comme chaque année recèle son lot de nouveautés, parfois révolutionnaires (réforme du lycée). Tour d’horizon en compagnie de l’inspection académique du Jura.

150
Comme 12.000 autres collégiens du Jura, 120 6e de Saint-Exupéry (Lons-le-Saunier) ont franchi pour la première fois les portes de leur établissement.

22 à 23 élèves par classe : c’est la moyenne dans le Jura selon Christelle Viaud, responsable de la division du premier degré qui ajoute « le taux d’encadrement en primaire progresse, puisqu’il est passé de 5,40 enseignants pour 100 écoliers à 5,81 cette année ». En raison de la démographie jurassienne, le primaire perd toutefois 350 élèves cette année, comme les années précédentes. Christelle Viaud a par ailleurs confirmé que, « 100% des classes jurassiennes de CP et CE1 sont dédoublées en  Réseau d’éducation prioritaire (REP) », une amélioration qui gagnera d’ici 2022 les classes de maternelles grande section.

L’assiduité dès 3 ans obligatoire, sauf…

En primaire, la nouvelle obligation de scolariser les enfants de 3 ans ne révolutionnera pas fondamentalement les habitudes jurassiennes. Selon Christelle Viaud, responsable de la division du premier degré, « 99% des enfants de 3 ans sont déjà scolarisés (si on inclut l’enseignement privé) ».
Par contre, de nombreux parents ne mettaient leurs bambins à l’école que le matin, et cela va changer : selon Jean-Marc Faivre, les enfants devront aussi être scolarisés les après-midi dès leurs 3 ans révolus, « avec des dérogations possibles afin de permettre une scolarisation progressive des enfants ».
En cas d’absentéisme, celui-ci sera notifié par les enseignants…

L’inclusion, cheval de bataille 2019

« Un énorme focus a été réalisé sur l’école inclusive » : pour Madhi Tamene, un véritable service public s’est mis en place pour mieux accueillir les 1324 élèves en situation de handicap recensés dans le 1er et le second degré. Depuis le 26 août, une cellule est dédiée aux parents (03 84 87 27 48), afin de leur fournir une réponse sous 24 heures. Un nombre suffisant d’AESH (ex Auxiliaires de Vie Scolaire) ont été recrutés pour aider ces enfants et faire en sorte que leur scolarité se fasse en milieu ordinaire.

Collège et lycée : pas ou beaucoup de changements

Pas de réforme cette année au collège, qui poursuit son plan « Devoirs faits », proposant à tous les élèves du Jura 2 heures hebdomadaires de soutien, pour faire le lien entre cours et devoirs. Petite révolution en revanche dans les lycées du Jura, avec la mise en place de spécialités permettant des parcours plus divers. Les lycéens se sont toutefois rués (64%) sur la spécialité mathématique, contre 33% pour « histoire géographie, géopolitiques, sciences politiques » et 18% « humanités, littérature et philosophie ».

Un nouvel outil numérique pour les parents et les enfants

Selon l’inspecteur d’académie, « un nouvel espace numérique de travail (ENT) est déployé en Bourgogne Franche-Comté. Baptisé Kosmos, il permettra aux parents de suivre la scolarité de leurs enfants de la maternelle jusqu’à la terminale ».
Outre des fonctions classiques (suivi des notes, messagerie), il permettra de mettre en ligne davantage d’outils pédagogiques à destination des élèves (vidéos, exposés, etc.)

Le développement durable, un thème majeur

Madhi Tamène rappelle que la rentrée a été encore plus « verte » cette année, avec plus de 60.000 écoles en France portant un ou plusieurs projets pérennes axés sur le développement durable. Selon lui, « Le Jura se situe déjà à l’avant-poste sur ce terrain ».

Dossier réalisé par Stéphane Hovaere

Une cellule de lutte contre le harcèlement scolaire a été mise en place au 3020 a assuré Madhi Tamene, inspecteur d’académie du Jura.

La guerre au harcèlement déclarée

Une cellule dédiée (au téléphone 3020) a été mise en place pour lutter contre ce fléau qui toucherait beaucoup plus d’élèves que de cas déclarés. Selon plusieurs professeurs, 10% environ des élèves en seraient victimes, soit 2 à 3 élèves par classe. Selon Jean-Michel Faivre, adjoint à l’inspecteur d’académie, « les enseignants doivent être à même de repérer des indices parfois faibles en classe et dans la cour, comme un changement de comportement d’un élève ». Les directeurs d’écoles primaires sont formés depuis 3 ans sur ce sujet, et dans le secondaire « des 3e mènent des actions de prévention envers les 6e » assure Catherine Guigneret, responsable de division à la direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN).

Des bataillons bien fournis

7079 lycéens, 9084 collégiens et 20.448 écoliers. 1324 élèves en situation de handicap.

12.000 collégiens de retour dans 37 établissements

En 2019, le conseil départemental du Jura entreprend 6,55 millions € de travaux pour les entretenir ou les rénover.

Un peu stressés mais curieux de tout, 12.000 collégiens ont repris le 2 ou le 3 septembre le chemin de leurs établissements jurassiens : 27 collèges publics et 10 collèges privés sous contrat avec l’état. Des collèges publics entretenus ou rénovés par le conseil départemental du Jura, qui a inscrit 6, 55 millions € de travaux a son budget 2019. Comme l’a rappelé Hélène Pélissard, 1e vice-présidente en charge de la culture et de l’éducation, « le département s’occupe avec bienveillance de ses collèges et accompagne les élèves dans des activités sportives, et culturelles ou théâtrales ». Seront ainsi reconduits les opérations « 6e au ski », les jeux inter-collèges pour les 5e (à Chalain le 19 septembre), etc. Hélène Pélissard a également porté l’accent sur l’inclusion d’élèves en situation de handicap, grâce à des Ulis (Unités localisées pour l’inclusion scolaire). Hélène Pélissard a visité le collège Saint-Exupéry qui rassemble 655 élèves à Lons-le-Saunier, soit le plus gros du Jura. Mais d’autres collèges, comme Maryse Bastié à Dole, ne sont pas oubliés par le conseil départemental, puisque 10,85 millions € seront affectés à sa restructuration globale (de 2020 à 2023). Le collège Lucien Febvre à Saint-Amour bénéficiera aussi dès 2019 (et jusqu’à 2022) d’une complète réhabilitation pour 2,5 millions €, incluant entre autres la transformation de l’ancien internat en salles de classe. « Plusieurs internats sont désormais inoccupés dans le Jura, du fait de l’amélioration des transports scolaires » a ajouté Gilbert Blondeau, vice-président du conseil départemental, de quoi optimiser ces vastes espaces. Il a enfin rappelé la volonté de Clément Pernot, président du département : « Aucune fermeture de collège jusqu’à la fin du mandat, en 2021 ».