Éclairage sur les entrepreneurs de Bourgogne-Franche-Comté

En Bourgogne-Franche-Comté, 133 800 personnes sont non-salariés. Il peut s'agir de dirigeants de société ou d'entrepreneurs individuels, parfois de micro-entrepreneurs, exerçant une activité commerciale, artisanale, libérale ou agricole. Le non-salariat concerne 12,5 % des actifs ayant en emploi dans la région, ce qui est comparable à la moyenne en France métropolitaine : 12,2 %. Coup de projecteur sur la conjoncture locale, à l'occasion de la semaine mondiale de l'entrepreneuriat se déroulant du 16 au 22 novembre.

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La Bourgogne-Franche-Comté se classe au 7e rang des régions métropolitaines pour la proportion d’entrepreneurs parmi les actifs occupés. C’est dans les régions du sud du pays que le non-salariat est le plus fréquent : il représente 16,7 % des actifs occupés en Corse, 16 % en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il est, à l’inverse, moins répandu en île de France, 9,2 %, et dans les Hauts de France, 9,7 %.

Les non-salariés d’entreprises classiques sont relativement plus nombreux qu’au plan national

En Bourgogne-Franche-Comté, les non-salariés sont pour plus des deux-tiers des hommes. Les entrepreneurs individuels (hors micro-entreprise) et gérants majoritaires de société sont les plus nombreux : ils représentent chacun plus de 37 % des non-salariés. Les seconds sont les gérants qui détiennent seuls ou à plusieurs le capital social de la société. Les entrepreneurs individuels (hors micro-entreprise) et gérants majoritaires de société sont les non-salariés d’entreprises dites “classiques”.
Ils sont relativement plus nombreux dans la région : ils constituent 75 % des non-salariés contre 71 % en France métropolitaine.
Enfin, un quart des non-salariés sont micro-entrepreneurs. Ce statut est relativement moins fréquent dans la région qu’au plan national. A l’origine désigné comme auto-entrepreneur, il correspond à un régime de travailleur indépendant créé en 2008 pour simplifier la gestion administrative en remplaçant toutes les cotisations sociales et tous les impôts et taxes par un versement unique et proportionnel au chiffre d’affaires.

Les non-salariés relèvent en premier lieu de l’agriculture, puis du commerce et de la construction

La Bourgogne-Franche-Comté est une région où l’agriculture est très présente.
Aussi, près de 21 % des non-salariés exercent dans ce secteur, c’est davantage qu’en France métropolitaine, 13 %.
Ce sont majoritairement des hommes, qui travaillent surtout dans l’élevage de vaches laitières et d’autres bovins, la culture de céréales, ou celle de la vigne. Ces activités sont en lien avec les productions renommées de la région, en fromages comme le Comté, le Morbier et le Mont-d’Or et en vins comme les grands crus des côtes de Beaune, côtes de Nuits et du Chablisien.
Le commerce, l’entretien de véhicules sont également des activités davantage présentes dans la région : elles concernent 16 % des non-salariés, plus qu’au niveau national, 14 %. On y trouve en premier lieu les dirigeants des commerces de détail y compris ceux exposant dans les marchés, des garages et concessionnaires, et des pharmacies.
La construction emploie 12 % des non-salariés de la région, soit pratiquement autant qu’au plan national. Les plus nombreux sont les entrepreneurs en maçonnerie, ceux spécialisés dans l’installation électrique, la menuiserie, la peinture ou la vitrerie.
Les activités liées à la santé humaine concernent 13 % des non-salariés de la région, moins qu’au plan national cette fois, 15 %. On y trouve des professionnels exerçant en libéral comme les infirmiers, les masseurs-kinésithérapeutes, les médecins libéraux, les sages-femmes. Il s’agit souvent de métiers très féminisés, des professions réglementées où le niveau de qualification requis est parfois élevé.
Les activités de services aux entreprises que sont les activités juridiques, comptables, de gestion, d’architecture, d’ingénierie et d’analyse techniques ont également moins fréquentes dans la région qu’au plan national. En fait, la concurrence des régions parisienne et lyonnaise est forte car ces activités se développent surtout dans les métropoles où le tissu économique est important et les débouchés plus nombreux…

La moitié des non-salariés dégagent un revenu de 1 280 € par mois, mais les disparités de revenus sont particulièrement fortes

Hors secteur agricole, la moitié des non-salariés de Bourgogne-Franche-Comté tirent moins de 1 280 euro spar mois de leur activité en 2017.
Les disparités de revenu sont marquées parmi les non-salariés. En effet, un non-salarié sur quatre gagne moins de 280 euros par mois, alors qu’un quart perçoit plus de 2 455 euros, soit un rapport de 1 à 9 entre les deux. Environ un quart des non-salariés ont occupé parallèlement au moins une activité salariée dans l’année pour disposer de davantage de ressources.
Les micro-entrepreneurs tirent de leur activité des revenus plus faibles : leur revenu mensuel médian s’élève à 250 euros contre 2 180 euros pour les non-salariés d’entreprises classiques.
Le statut de micro-entrepreneur permet des formalités simplifiées à la création, ainsi que pour le calcul des impôts et des cotisations. Il est soumis, en revanche, à un plafond annuel de ressources, ce qui limite les rémunérations par rapport à ceux qui sont à la tête d’entreprises classiques. La plupart ont d’ailleurs d’autres revenus : quatre micro-entrepreneurs sur dix ont également eu une activité salariée au cours de l’année, contre 15 % des non-salariés d’entreprises classiques.
Les jeunes non-salariés perçoivent des revenus plus faibles : la moitié de ceux ayant moins de 30 ans retirent de leur activité moins de 622 euros par mois.
Ils ont peu d’expérience et de réseaux leur permettant de dégager davantage de revenus. Ils sont, par ailleurs, très fréquemment en micro-entreprises à 43 %, et leurs revenus sont donc plafonnés.
A l’inverse, le revenu mensuel médian des non-salariés âgés de 45 à 59 ans est de 1 578 euros. Leur expérience est un atout et peu sont micro-entrepreneurs, 19 %.