Du matériel flambant neuf pour les pompiers du Jura

Seize nouveaux camions, treize ambulances, et quatre véhicules utilitaires permettront d'intervenir en toutes circonstances, comme les feux de broussailles ou de forêts.

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Huit camions et quatre véhicules utilitaires neufs : un investissement de 2,3 millions €.

2,3 millions : la hotte de Clément Pernot, président du SDIS 39 (service départemental d’incendie et de secours) était bien garnie en cet été 2020.
En présence d’élus locaux, pas moins de 8 camions flambant neufs  ont été remis dernièrement à des centres de secours dispatchés aux quatre coins du département. Parmi eux deux CCFS (camions citernes feux de forêts super), super de par leur capacité d’intervention (lire encadré). Des joujoux à 420.000 € pièce selon Jérôme Grillot, chef d’atelier, qui permettront aux pompiers du Jura d’intervenir « partout, en particulier sur les feux de forêt ».
On imagine le Jura moins exposé que le grand Sud, mais -réchauffement climatique aidant -d’importants sinistres ont déjà dévoré des hectares de forêt (à Maisod il y a 2 ans) ou des sites industriels (à Ruffey dernièrement ). Le contexte aussi à changé : « la pyrale du buis n’a laissé derrière elle que des arbres secs » comme de l’amadou rappelle Jérôme Guyon, chef de centre de Dole.
Un départ de feu et ce pourrait être un brasier incontrôlable. Il n’en sera rien grâce à ces importants moyens, qui s’expliquent par un plan pluri-annuel d’investissement mâtiné d’optimisation des dépenses. Selon Cyrille Bréro, vice-président du Conseil départemental, 5,4 millions € ont été budgétés sur le plan  2019-2021. Et selon Phillipe Moureau, les achats ont été regroupés, massifiés pour jouir d’une ristourne d’environ 20.000 €.
« Quatre autres camions seront livrés en août » a-t-il ajouté, suivis par pas moins de 13 ambulances (à 80.000 € pièce environ). De quoi voir l’avenir plutôt en rose grâce à ces investissements majeurs portés par le SDIS 39 (lui-même financé par le Conseil département et les collectivités locales).

Les élus du SDIS et du conseil départemental, ainsi que le commandement des pompiers du Jura.

« 80% de secours à la personne »

Et du côté des moyens humains ?
Le Jura, qui compte environ 100 pompiers professionnels pour 2.000 volontaires ne semble pas trop mal se porter, nonobstant une directive européenne. Aux termes de celle-ci explique Jérôme Guyon, le temps global de travail devrait être compris entre 1607 heures et 2208 heures par an, avec un maximum de 48 heures par semaine. Un quota maximum insuffisant pour les soldats du feu volontaires qui ne comptent pas leurs heures, et dont le statut se trouve de fait brutalement remis en cause.
Ceci alors que « nos volontaires constituent le pilier du système de sécurité civile” rappelle Jérôme Guyon et tous ses collègues. Leur fédération s’emploie à déployer une exception à la règle et veille à entretenir la flamme chez ceux qui veulent s’engager, car le métier a changé. Outre les incendies, « les pompiers réalisent 80% de secours à la personne » confie Jérôme Guyon, par exemple des interventions chez des seniors.
Un métier de « technicien du secours” qui bénéficie peut être de la crise sanitaire : depuis le Covid 19, le capitaine Jérôme Guyon ressent comme un léger engouement au sein de la caserne de Dole du côté des candidatures. De quoi, espérons le, pérenniser le solide maillage du Jura, qui compte pas moins de 55 casernes, des plus grandes villes jusqu’aux gros villages et qui permet à chaque Jurassien d’être secouru quel que soit le jour et l’heure…

Dossier réalisé par Stéphane Hovaere.

Jérôme Guyon présente le premier “oeil” aérien des pompiers, un drône très efficace.

Un œil céleste nommé drône

Tout petit eu égard aux mastodontes présentés par le SDIS (32 tonnes pour le plus gros camion), le nouveau drône présenté par Jérôme Guyon s’avère très efficace : « sur les feux de forêts ou broussailles, il permet de mesurer l’étendue du sinistre” explique t’il. Lors d’une intervention, il visualise immédiatement les points les plus chauds grâce à sa caméra thermique. Idem lors de la surveillance post-incendie, afin de détecter une reprise de foyers, même s’il faut toujours ratisser chaque mètre carré.  Enfin, « en milieu aquatique, il peut visualiser facilement une victime du fait de la différence de température entre son corps et l’eau” conclut Jérôme Guyon. Ce premier drône, bientôt opérationnel, devrait donc logiquement faire des petits.

Les CCFS, premiers « super” camions du Jura

420.000 €. 32 tonnes. 11.000 litres d’eau, plus 3.000 litres de liquides avec additifs. Une lance canon radiocommandée sur le toit avec 60 mètres de portée. Une cabine pressurisée empêchant aux fumées d’y rentrer. Un dispositif d’auto-aspersion créant une ‘boule liquide’ autour d’un camion piégé par les flammes. Une transmission 4X4 pour passer partout. Les deux ‘vaisseaux amiraux’ du SDIS qui ne manquent pas d’atouts (ils peuvent aussi servir de camions ravitailleurs) seront basés à Chaussin et Moirans en Montagne pour des raisons logistiques. Un outil polyvalent qui permettra d’intervenir partout avec une force de frappe jusqu’alors inconnue.