Du bouche-à-oreille

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La première ligne est toujours horizontale

De l’hexagone à la ligne horizontale, cette exposition est une des suites possibles à « Née dans l’Hexagone ». Comme pour cette précédente exposition, « La première ligne est toujours horizontale » présente des œuvres phares de la collection du Frac Bougogne. Elle montre des œuvres abstraites, parfois géométriques, parfois monochromes, et doit son titre à des propos de François Morellet entendus alors qu’il parlait de certaines de ces œuvres.

Toutes abstraites, les œuvres ici exposées font référence plus ou moins directement à l’histoire de l’art abstrait. Aujourd’hui, le clivage esthétique entre abstraction et figuration n’est plus une préoccupation des artistes et on ne peut pas limiter leurs œuvres à leur seule apparence abstraite. Les artistes contemporains se réfèrent, dans leurs démarches artistiques, aux origines historiques et théoriques de l’abstraction, à la fois sur le principe de l’héritage, mais aussi du dépassement. Ainsi, le caractère abstrait des œuvres se développe sous des formes diverses, quelquefois hybrides.

L’exposition est construite avec des œuvres produites entre les années 1960 et les années 2010, témoignant des problématiques diverses qui traversent les formes abstraites, la question de la non-objectivité et la collection du Frac Bourgogne.

Imi Knoebel a travaillé à prolonger les réflexions suprématistes en créant des compositions picturales libérées de leur forme rectangulaire traditionnelle, prenant en compte l’espace d’exposition. John M. Armleder, lui, fait référence dans l’une des œuvres exposées aux mystérieux points de peintures de Picabia en interrogeant notre perception des œuvres d’art, leur processus de fabrication, les concepts sociaux qui les sous-tendent ; et dans l’autre, aux puzzles et aux vitraux. La composition se divise en zones de couleurs aux tons pastels, délimitées par des lignes blanches.

Michel Parmentier et ses bandes bleues, peintes en 1966, ainsi qu’Olivier Mosset et son cercle noir sur fond blanc de la même époque, substituent à la question de la représentation, celle de l’intention d’interroger la peinture et son autonomie. Avec « Prequel », Hugo Pernet inscrit son travail dans cette tendance.

L’œuvre de Cécile Bart composée d’un textile tergal « plein jour » peint de différentes couleurs et directement marouflé sur le mur porte sur le dépassement de l’espace pictural.

Mel Bochner, quant à lui, propose dans « If/And/Either/Both (Or) » une multitude de toiles peintes de couleurs vives et organisées selon un ordre qui semble être mathématique. Les toiles issues de la grande distribution, aux formats standardisés, sont assemblées au mur comme une mosaïque obéissant à des lois formelles précises.

Le « Structile » de madé, mettant en tension la courbe et la ligne droite, est, pour l’artiste, l’un des terrains d’étude de la lumière et de la sensibilité. Deux pièces au sol viennent dialoguer avec les pièces aux murs. Toutes deux monochromes et de forme circulaire, la machine tournante de Xavier Veilhan et le « Blue Mazzocchio » de Guillaume Leblon viennent illustrer l’évolution des formes abstraites en sculpture.

Aux Bains du Nord, 16, rue Quentin, à Dijon. Mercredi, jeudi, vendredi et dimanche de 14 h 30 à 18 h, samedi de 11 h à 13 h et de 14 h à 18 h. Exposition fermée du 23 décembre au 1er janvier. Jusqu’au 26 janvier. Entrée libre.