La protection de la biodiversité est en bonne voie dans le Jura

Coup de projecteur sur une initiative pédagogique et écologique de qualité.

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Les agents de l'OFB expliquent la biodiversité aux promeneurs sur les rives du Lac d' Ilay!
Les agents de l’OFB expliquent la biodiversité aux promeneurs sur les rives du Lac d’ Ilay!
Le Lac d’Ilay zone d’intérêt écologique et faunistique!
Une écrevisse américaine habitant les zones humides!
Une sangsue du milieu, servant jadis de moyen de tirer le sang sous la peau par les Anciens!

Ne gâchons pas nos retrouvailles avec Dame Nature…
Après deux mois de confinement et une parenthèse salutaire pour la biodiversité, la tentation est très grande pour les  français de profiter avec insouciance des vacances et de se rendre au sein des nombreux espaces naturels qu’offre la Bourgogne-Franche-Comté (BFC). Afin de limiter cette pression anthropique favorisant la dégradation de ces milieux, la Direction Régionale de l’Office Français de la Biodiversité (OFB) tenait à rappeler le rôle essentiel de chacun dans la préservation de nos écosystèmes. C’est pourquoi elle lançait le 16 juillet dernier en Pays des Lacs sa campagne nationale de sensibilisation du grand public, en allant au-devant des vacanciers et randonneurs de tous poils dans un cheminement de 3 ateliers sur les bords du lac d’Ilay, qualifié de «Zone naturelle d’intérêt écologique et faunistique».

Un équilibre si fragile…


La biodiversité est le tissu vivant de la planète, la somme des interactions qui s’établissent entre les espèces et les milieux. Indispensable aux sociétés humaines, elle fournit l’oxygène de l’air, l’alimentation en eau, l’énergie, la fertilité des sols, de nombreux matériaux et médicaments. C’est cet ensemble qui est en péril.
Pour faire simple en somme, «c’est pratiquement tout ce que l’on ne voit pas» précise le chef de service connaissance à l’OFB. Pour ce faire les agents de terrain (18 dans le Jura), ainsi que les inspecteurs de l’environnement mettent en œuvre les missions de l’OFB, notamment de surveillance, de connaissance des milieux (remontées de données par prélèvements, pollutions), et de police de l’environnement (administrative ou judiciaire) comme de police sanitaire.

Sensibilisation à la protection des espèces

Le bel exemple du Lac d’ Ilay, montre la fragilité du milieu, avec deux systèmes différents, celui des falaises rocheuses l’entourant pour partie et celui des zones humides avec les étangs et tourbières notamment. Sur le premier, l’objectif est la préservation et le respect des oiseaux-nicheurs, dont le représentant emblématique dans cette zone est le Faucon Pèlerin. Les agents vérifient la présence ou non d’installation d’escalade, d’utilisation de drone ou de parapente… Sur le second système, dont l’équilibre est très fragile, la sensibilisation consiste à ne rien jeter par terre à titre de déchets, et à respecter et utiliser les chemins existants en évitant d’aller gambader partout, notamment pour les chiens qui doivent être tenus en laisse dans le milieu, car faune et flore «que l’on ne voit pas» y sont très riches. L’inspecteur Jean-Luc Lambert très fin connaisseur et narrateur du milieu aquatique raconte la présence des poissons dans le lac et celle de 8 types de reptiles allant du simple lézard à la vipère Aspic, de 49 espèces de libellules différentes, soit la représentation de plus de la moitié des libellules répertoriées sur le territoire français, la vie de l’écrevisse «américaine» dans les étangs, et la présence de sangsues…
Un récit passionnant, pour des touristes globalement très réceptifs.

Focus sur le Lynx : «le félin roi du Massif Jurassien»

Mais celui, qui remporte tous les suffrages à l’applaudimètre est sans conteste «notre ami le Lynx Boréal». Sylvain Gatti biologiste chargé de mission à l’OFB sur ce sujet est aussi intarissable. Le Lynx n’est pas qu’un gros chat, mais surtout un beau félin prédateur très discret, difficile à approcher, comme l’attestent les photographes animaliers, qui le suivent… On apprend ainsi que son retour en France date des années 74 à la suite de réintroductions menées par les voisins suisses quelques années auparavant. La plus grande colonie se situe en terre jurassienne avec un cheptel estimé à environ 150 individus. Quelques spécimens commencent à montrer leurs moustaches dans les Vosges et le nord des Alpes Françaises. A l’inverse du loup qui chasse en meute et se déplace beaucoup, dont quelques individus ont déjà été vus aussi dans le Jura, il chasse seul à l’affût et mange en totalité ses proies, jeunes rongeurs, lièvres, jeunes chevreuils ou chamois, et pour ainsi dire peu de brebis.
Ainsi le dilemme avec les bergers locaux et leurs troupeaux est moindre qu’avec le loup… Finalement, ce fut un récit tout aussi prenant qu’instructif pour l’ensemble des participants à cette initiative pédagogique et écologique.