Dix jeunes apprentis récompensés pour leur beau parcours

La 3e édition des Trophées « Un parcours, un talent » a rappelé que l’apprentissage constitue une voie d’excellence pour l’accès à l’emploi, et même une belle carrière professionnelle.

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Les dix lauréats seront désormais les ambassadeurs de l'apprentissage, pour intervenir dans les établissements scolaires entre autres.

Ils s’appellent Floriane, Guillaume, Marion, Nicolas ou Maxence et sont joaillière, maçon, opticienne-lunettière ou encore plombier-chauffagiste.
Leurs points communs ? Leur jeunesse, leur envie de réussir, leur talent et leur passion pour leur métier, mais aussi l’apprentissage car tous sont issus de cette filière autrefois dénigrée et aujourd’hui de plus en plus « tendance ».
Et pour cause, « 7 apprentis sur 10 trouvent un emploi dans les 6 mois suivant leur apprentissage, dont 59% en CDI » (et souvent avec un salaire intéressant) résume Christian Decharrière, président de la SMLH (société des membres de la légion d’honneur) impliqué à 100% pour promouvoir et valoriser cette « voie d’excellence pour accéder à l’emploi » et mener une belle carrière. La preuve avec Floriane Moine : la jeune femme de Morbier orfèvre et ciseleuse de bijoux a travaillé pour les montres Bréguet avant de fonder en 2017 « Hana et Horu », son entreprise mixant avec délicatesse techniques traditionnelles et asiatiques. Maxence Bondenat, d’Arlay est malgré son jeune âge (19 ans et demi seulement) lui aussi chef d’entreprise : depuis 2017, il a repris l’entreprise de plomberie chauffagiste de son père, après avoir fait son apprentissage chez les compagnons du Tour de France à Mouchard.

1,3 million de décrocheurs, mais une pénurie d’apprentis

« Trois lauréats des Trophées sur 10 sont ou seront chefs d’entreprise, et six sont arrivés à un niveau supérieur ou égal au Bac » précise Christian Decharrière, des chiffres proches des statistiques nationales qui montrent que l’image d’Epinal de l’apprenti avec son bleu taché de cambouis n’est plus d’actualité. Valentin Guinchard, entraineur (en CDI) au club de foot Jura sud à Moirans en Montagne incarne aussi cette nouvelle génération de battants qui construit un parcours dans la durée (CAP/BEP, Bac Pro, BTS, etc.) et marque des buts. Seul hic : le manque de candidats, puisque la France pointe au bas du classement des pays européens, avec seulement 7% de jeunes passant par la case apprentissage (1.200 apprentis en 2018 dans le Jura). Un véritable gâchis français lorsqu’on songe aux 1,3 millions de jeunes « décrocheurs » sans emploi, sans formation, sans études. A travers « Un parcours, un talent », célébré le 6 mars au Carcom de Lons-Le-Saunier, force est de constater qu’il y a de l’espoir pour ces jeunes garçons et filles et leurs parents. Parents qui ne peuvent même plus prétexter le fameux « passe ton bac d’abord », puisque l’apprentissage permet aussi de décrocher ce fameux sésame. Si l’apprentissage constitue un réel espoir pour les jeunes, il est aussi pour les entreprises jurassiennes une planche de salut, la main d’œuvre qualifiée faisant cruellement défaut, comme l’a rappelé Richard Vignon (préfet du Jura).