Deux grandes premières médicales en Bourgogne Franche-Comté

Dijon et Besançon ont été le cadre d'application de récentes découvertes et expérimentations médicales prometteuses. Explications.

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Depuis peu, l’EFS-BFC de Besançon devient le premier centre de la région à disposer de la technologie de production mise au point par CellProthera, permettant la production du biomédicament à base de cellules souches du patient.

En ce début d’année, et pour la première fois en Bourgogne-Franche-Comté, le CHU de Dijon a accueilli un premier patient dans le cadre d’un essai clinique testant une toute nouvelle thérapie utilisant les cellules souches du patient pour régénérer les tissus cardiaques endommagés à la suite d’un infarctus, afin d’éviter d’avoir avoir recours à terme à une greffe du cœur.
Parallèlement, le centre de production de thérapie cellulaire, l’EFS-BFC Bourgogne Franche Comté basé à Besançon a également été récemment autorisé par les autorités de santé françaises à produire le biomédicament utilisé dans cet essai. La qualification du centre à cette nouvelle technologie de culture cellulaire s’est déroulée tout au long de la 2ème moitié de l’année 2020.
Deux grandes premières médicales réalisées régionalement, en partenariat avec l’entreprise française Cellprothera.

Le corps comme médicament au CHU de Dijon

« L’objectif de cette solution est de permettre aux patients d’éviter le développement d’une insuffisance cardiaque chronique pouvant impacter leur qualité de vie» explique Matthieu de Kalbermatten, président de Cellprothera, la biotech alsacienne à l’origine de cette solution.
« Les essais que nous menons permettent d’éviter de multiples hospitalisations, un traitement médicamenteux à vie et dans des cas plus sévères une greffe cardiaque. Grâce à cette solution, le patient devient son propre médicament puisque ses propres cellules souches sont prélevées dans son sang. Aucun rejet n’est possible et le corps se soigne alors de lui-même ».
Ainsi, un premier patient vient d’intégrer les essais cliniques de la biotech Cellprothera au CHU de Dijon.

 

Grâce à cette solution, le patient devient son propre médicament puisque ses propres cellules souches sont prélevées dans son sang. Aucun rejet n’est possible et le corps se soigne alors de lui-même.

Démultiplier les cellules souches à l’EFS-BFC de Besançon

Depuis peu, l’EFS-BFC de Besançon devient le premier centre de la région à disposer de la technologie de production mise au point par CellProthera, permettant la production du biomédicament à base de cellules souches du patient.
Un automate installé à l’EFS-BFC et des consommables ont été conçus par l’entreprise française Cellprothera et des partenaires industriels français afin d’automatiser la production, délocalisée dans plusieurs centres de production et plusieurs pays (actuellement en France, en Angleterre et à Singapour)
L’EFS-BFC devient ainsi le second centre en France, après l’EFS-ABG à Nantes, à être équipé de ce type d’automate.

Comment fonctionne la solution thérapeutique développée ?

La solution de Cellprothera permet de regénérer des tissus cardiaques endommagés par un infarctus grâce à l’injection d’un biomédicament constitué de cellules souches récupérées dans le sang. Ces dernières sont traitées in-vitro selon un procédé de fabrication propriétaire et au moyen d’un automate dédié.
C’est un traitement dit « autologue », qui exclut le phénomène de rejet, étant donné que les cellules souches viennent directement du patient.
Ainsi, les avantages sont nombreux.
De l’amélioration durable de la fonction cardiaque et par conséquent de la qualité et l’espérance de vie du patient, en passant par l’évitement d’un traitement médicamenteux lourd lié à l’insuffisance cardiaque, de même qu’il ne nécessite qu’une seule et unique injection, il représente dans certains cas une alternative efficace de substitution à la transplantation cardiaque. On note aussi une diminution de la mortalité ainsi qu’une élimination du risque de rejet du greffon grâce au biomédicament à base des propres cellules souches du patient.
Enfin cela représente aussi des avantages non négligeables pour le système de santé.
Comme la réduction des coûts de prise en charge des patients, des coûts liés aux traitements médicamenteux, ou encore des coûts inhérents aux traitements existants (chirurgical, transplantation…) et hospitalisations multiples.
D’autres centres en France participent à cet essai clinique comme les CHU de Toulouse, Grenoble, Montpellier, Bordeaux et l’ICPS Hôpital Privé Jacques Cartier à Massy ainsi que quatre centres en Grande-Bretagne.
Cette procédure thérapeutique est également en cours d’essai à Singapour.