Désertification médicale à Auxonne : l’analyse du docteur Philippe Colas

Le docteur Philippe Colas à la retraite depuis quelques mois a repris du service et consulte de nouveau. Nous l'avons rencontré dans son cabinet médical où il nous a donné son point de vue avisé sur la situation de désertification médicale à Auxonne ... et l'ordonnance qui va avec …

1053
Le docteur Philippe Colas.

« Oui, j’ai repris du service, au départ pour me permettre d’équilibrer les charges qui restent à couvrir, et ensuite au vue des événements, j’ai voulu m’impliquer pour venir en aide aux patients qui se sont retrouvés sans médecin suite au départ du docteur Fabre », explique le jeune retraité.
Bien avant la prise de parole à l’Assemblée nationale du député de la deuxième circonscription de Côte-d’Or, Rémi Delatte, citant notamment le cas d’Auxonne, le docteur Colas avait alerté, par l’Union régionale des professionnels de santé de Bourgogne Franche-Comté, de la désertification médicale à Auxonne et Pontailler-sur-Saône qui n’apparaissait toujours pas sur la liste des zones d’interventions prioritaires du territoire.

Quelle est la situation actuelle en général ?

«Le métier de médecine libérale est moins attractif aujourd’hui. Il faut savoir qu’il y a de plus en plus de jeunes médecins qui recherchent un système de fonctionnariat, et qu’il y en a seulement 20% qui veulent une médecine libérale. Il existe de plus de plus en plus de maisons de santé fonctionnarisées et prise en charge par les intercommunalités et les conseils départementaux. En même temps, des cabinets éphémères ont été créés et consistent à la mise en place de cabinets avec des contrats d’un an en partenariat avec des médecins retraités ou remplaçants », analyse le médecin.

On parle de cabinet éphémère sur Auxonne ?

« A ce jour à Auxonne, on peut constater une pénurie de médecins suite à des départs à la retraite et autre, donc intervention de médecins retraités. Dans l’avenir, il est proposé différents projets à plus ou moins long terme. A court terme, l’éventualité de la création d’un cabinet éphémère dans les locaux de l’hôpital d’Auxonne au mois d’août a été avancée. A ce sujet, des médecins ont été proposés, mais je ne sais pas qui ?
A moyen terme, un projet serait de créer un ou deux locaux supplémentaires dans l’ancien bâtiment de la DDE qui accueille déjà deux médecins.
A long terme, l’éventualité de la reprise des locaux de l’ancienne gendarmerie pour la création d’une maison médicale a été évoquée. On sait aussi que le laboratoire d’analyse nécessiterait un agrandissement ainsi que la radiologie, aussi, la réflexion est venue de mettre en place éventuellement, un pôle santé », indique le docteur Philippe Colas qui suit toujours avec bienveillance, les initiatives locales.