Des « Vitrines de Noël »  pour booster le commerce local

La ville de Champagnole a pris en charge la décoration de cinquante magasins, une manière de promouvoir le commerce local et de lutter contre le e-commerce qui tue ce dernier.

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La boutique Adéquat a reçu comme une cinquantaine d'autres des peintres pour embellir sa vitrine.

Contrainte d’annuler les nombreuses festivités qui animent habituellement les rues jusqu’aux fêtes, la ville de Champagnole  a décidé de « mettre le paquet » sur les décorations de Noël destinées à tous les commerçants qui le souhaitaient. Ainsi sont nées, les « Vitrines de Noël », une première que le maire Guy Saillard dépeint ainsi : « Nous avons fait venir une équipe de 4 à 5 artistes peintres qui ont décoré environ cinquante vitrines », situées non seulement dans la rue de la République, mais aussi en périphérie du centre-ville. Avec un beau coup de pouce de la municipalité, puisque les  240 € nécessaires à chaque vitrine ont été pris en charge pour 200 € par la ville, et le restant par le commerçant participant. Un choix assumé par Guy Saillard qui a précisé que les 25.000 € d’habitude dévolus au budget animations de Noël entre autres, ont été consacré au soutien du commerce local, grâce également à l’opération « Chèques solidaires ». Matthieu Gindre, président reconnaissant de l’UCIA  a souligné « l’implication des élus locaux, des élus attentifs » à leurs besoins. « Je faisais peindre depuis une dizaine d’années les vitrines de mes boulangeries et j’étais convaincu de bons résultats » a-t-il confié. Des résultats d’autant meilleurs que la décoration réalisée cette année apporte embellissement et homogénéité dans la dynamique cité.

« Comment concurrencer Amazon sur son terrain ? »

Une manière aussi pour Matthieu Gindre  de dire à tous : « Le lieu de vos achats sont nos commerces de demain », car il estime que le « e-commerce se gave mais détruit le petit commerce ». Des commerces locaux éprouvés pendant le confinement…y compris ceux qui ont eu le droit de rester ouverts. Selon lui, les métiers de bouche par exemple ont perdu du chiffre d’affaire durant le 2e confinement, mais pas assez pour prétendre à la moindre aide de l’Etat. De quoi s’estimer perdants, même si certains ont tenté de compenser par le « click and collect » par exemple. De quoi « mettre un peu de beurre dans les épinards, mais quand il n’y a plus d’épinards que fait-on ? » interpelle Matthieu Gindre. D’après lui, lutter contre le e-commerce sur son terrain (internet) relève d’une gageure digne des écuries d’Augias : que pèsent des « petits » sites ou plateformes locales face aux géants du numérique et autres GAFA ? Il suffit simplement de chercher un produit sur le net pour se rendre compte que les gros éclipsent les petits au point de les rendre invisibles ou non concurrentiels. Seul remède selon Champa Sympa : acheter local. Une volonté relayée par Guy Saillard : « J’invite les jurassiens à venir découvrir nos Vitrines de Noël dès à présent » a t-il conclu.