Des salaisons « made in local » à Equevillon

Un nouvel atelier de transformation jouxtant l’abattoir jouera la carte des circuits courts et de la qualité des produits locaux.

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L'atelier de production de 2.700 m2 fera travailler à terme 40 salariés sur la Z.I d'Equevillon.

« La boucle est bouclée » : comme l’a souligné Clément Pernot, président de la communauté de communes Champagnole Nozeroy Jura (CNJ), l’abattoir intercommunal situé à Equevillon va –enfin- trouver son oméga : un atelier de production de salaisons qui assurera un avenir à la filière viande sur le premier plateau. « Premier plateau », c’est justement le nom du vaste atelier qui sera implanté d’ici le printemps 2022 juste à côté de l’abattoir. Un nom qui fleure bon le terroir, et c’est justement l’objectif des deux porteurs franc-comtois du projet : le groupe Chays (basé à Avanne et Valdahon, dans le Doubs) spécialisé dans la nutrition animale, et la maison Chazal (basée sur Dole), distributeur et fabricant de salaisons et produits frais. L’originalité du projet permettra d’unir leurs forces et leurs compétences : les porcs qui seront abattus et découpés à l’abattoir d’Equevillon seront en effet nourris « par une alliance des céréales régionales (Grand Est, Bourgogne Franche Comté et Rhône Alpes) mêlées à 20% maximum de lactosérum, le fameux ‘petit lait’ issu des fruitières à Comté jurassiennes » a souligné Jean-Luc Chays, dirigeant de la société homonyme. Sans oublier des graines de lin issues de la filière « Lin avec l’autre ». A la base, Premier plateau s’inscrit donc dans une démarche qualitative placée sous le label ‘Bleu Blanc Cœur’ qui revendique un plus nutrition puisque le lin est une graine naturellement riche en oméga 3. Quand au lactosérum, « il entre dans le cadre du cahier des charges de l’IGP Morteau » a précisé Jean-Luc Chays.

Des prix et des volumes garantis

Des porcs bien nourris, c’est bien ; des porcs locaux c’est encore mieux. C’est le message porté par David Burgy, dirigeant de la maison Chazal : « On en a marre de voir les cours du porc varier à la hausse ou à la baisse en fonction de paramètres qu’on ne connait pas ». Une spéculation sur le porc breton qui devrait épargner les producteurs engagés dans Premier plateau : « On ne conçoit pas notre filière ainsi. On s’est inspiré de la filière Comté pour que chaque maillon de la chaîne soit justement rémunéré pour son travail, on leur garantira des prix et des volumes…/… » permettant une visibilité indispensable aux investissements. De quoi favoriser « des élevages traditionnels, à taille humaine, familiaux ou associés sous forme de GAEC » bien loin des ‘fermes’ industrielles bretonnes. Au final Clément Pernot s’est félicité de cette arrivée : lors de sa création en 2007, l’abattoir intercommunal a été plombé par une fermeture administrative. Depuis il évolue à 350 tonnes de viande par an, loin de son quota maximal de 1.500 tonnes/an. Premier plateau devrait amener 500 tonnes de plus par an, de quoi voir l’avenir en rose…voire même espérer une extension de l’atelier à l’avenir.

Les élus locaux et les porteurs du projet devant le terrain où s’érigera l’atelier.

Quarante employés et un tuyé

6 millions €. C’est l’investissement conséquent déployé pour bâtir l’atelier de 2.700 m2 situé dans la zone industrielle d’Equevillon, sur un terrain de 7.800 m2. Selon David Burgy, il emploiera « 15 personnes la première année, plus 5 à 10 la deuxième », l’effectif total devant atteindre 40 personnes à terme (pour l’essentiel à la fabrication, au conditionnement des produits, ainsi qu’à la préparation des commandes). L’atelier produira des produits emblématiques de la Franche-Comté comme les saucisses de Morteau, de Montbéliard ainsi que jambon et poitrine fumés, d’où la présence d’un tuyé. Chazal les commercialisera ensuite chez les bouchers, charcutiers, traiteurs, ainsi que dans la restauration commerciale, collective, sans oublier la grande distribution.