Des Jurassiens en quête de minéraux et de fossiles

Avant la pandémie, ils se retrouvaient fréquemment pour partir à la chasse aux minéraux et aux fossiles. Au sein du Groupe Paléontologique et Minéralogique Franc-Comtois (GPMFC), association fondée en 1971, les membres exhumaient du sol de véritables petits trésors. Composée de trois sections, celle de Dole, celle de Lons-le-Saunier et celle de Champagnole, cette association ne compte pas se fossiliser à cause de la Covid-19. Et pour cause, Jacques Girardot, président de la section de Dole, espère reprendre prochainement les sorties sur le terrain. Reportage entre les ammonites préhistoriques et les pierres rares que recèle notre sol.

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Des ammonites pyriteuses trouvées dans le Jura par Jacques Girardot, président de la section de Dole du GPMFC. Crédit photographique Jacques Girardot.

Réunissant des passionnés souhaitant partager leur intérêt pour la géologie, la minéralogie, la paléontologie ou encore la conchyliologie (étude des mollusques à coquille), cette association compte dans ses rangs des adultes comme des enfants. Ainsi, seul ou en famille, les membres du GPMFC nourrissent leur amour des sciences de la terre. Ils découvrent alors notamment des fossiles d’animaux marins préhistoriques qui peuplaient autrefois une partie des terres jurassiennes. Un vrai voyage vers un passé lointain.

Bien que Sandrine Devaux soit présidente de la section de Lons-le-Saunier et Gérard Raichon de celle de Champagnole, cette année, comme le veut la rotation triennale de l’association, Jacques Girardot de la section de Dole représente les trois sections. En attendant de retrouver ses camarades sur le terrain, il a répondu à nos questions.

Jacques Girardot, expliquez-nous les activités du GPMFC ?
Lors des réunions mensuelles*, plusieurs sujets sont abordés. Généralement, il y a un exposé ou une projection sur la géologie, la minéralogie ou la paléontologie. Puis, une séance de détermination et d’échanges de minéraux et de fossiles. Des communications faites sur les dernières sorties, les découvertes, l’organisation des prochaines sorties suivent.
Des sorties sont aussi faites sur le terrain. Plusieurs sorties sont organisées chaque année, pour rechercher des minéraux et des fossiles, visiter des musées ou des expositions, des sites, participer à des bourses d’échanges, ou encore effectuer une excursion géologique. Ces sorties sont organisées alternativement par les trois sections. Des sorties plus lointaines sur plusieurs jours, en France et à l’étranger, sont organisées par le groupe, par la Fédération française de minéralogie et paléontologie ou encore sur l’invitation d’autres clubs.
Des expositions ouvertes au public sont aussi organisées tous les ans ou tous les deux ans par les sections. Celles-ci participent à des manifestations culturelles dans le département. Elles font des exposés sur la fossilisation dans les écoles et elles participent également au Forum des Associations.

Le stand du GPMFC à la Fête des associations à Dole (5 septembre 2020). Crédit photographique Jacques Girardot.

Avec la pandémie de COVID-19, comment s’organisent ces recherches sur le terrain ?
À l’instar de nombreuses associations, le GPMFC est en état végétatif avec la pandémie. Les réunions ne peuvent plus avoir lieu et les sorties non plus. Cette situation est pesante et il nous tarde de pouvoir retrouver un tant soit peu d’activités. Depuis la fin du confinement et la levée de la limitation kilométrique, nous essayons de reprendre progressivement les sorties, dans le respect des règles de distanciation et de précautions d’usage avec un effectif limité.
Dans cette optique, il nous est préjudiciable de ne plus pouvoir accéder à certaines carrières que nous fréquentions régulièrement, mais dont l’accès nous est refusé depuis quelques années. À l’heure actuelle, nous avons de plus en plus de mal à trouver des sites de recherche et cela est d’autant plus préjudiciable car nos effectifs à Dole comportaient environ un tiers d’enfants ou d’adolescents. Il va de soi que pour eux, la priorité est de trouver des fossiles et des minéraux.
Cette pandémie et le manque d’activités ont tout naturellement entraîné une baisse importante des effectifs. Pour cette année, nous avons environ 30% d’adhésions en moins.
Espérons voir rapidement le bout du tunnel et soyons optimistes, car nous avons une échéance qui nous attend du 16 au 24 octobre 2021 avec l’organisation de notre traditionnelle exposition à la chapelle des Carmélites (Dole), que nous avions dû annuler en 2020.

Dernière question avant que vous nous présentiez quelques-unes de vos découvertes, j’imagine que vous respectez un code de déontologie. Quel est-il ?
Bien sûr ! Nous nous engageons au respect de la nature, des sites et de la propriété, mais aussi à la collaboration scientifique lors de découvertes importantes. Nous ne vendons jamais nos trouvailles.
Le GPMFC est affilié à la Fédération française amateur de minéralogie et paléontologie dont le président fait partie de notre section.

Une rhynchonelle (fossile marin). Crédit photographique Jacques Girardot.
Un oursin fossilisé. Crédit photographique Jacques Girardot.
Un gypse poli trouvé à Salins-les-Bains (minéral). Crédit photographique Jacques Girardot.
Une calcite découverte à Damparis (minéral). Crédit photographique Jacques Girardot.
Une pyrite en provenance du lac de Serre-Ponçon (Hautes-Alpes) (minéral). Un des rares minéraux que l’on peut trouver dans le Jura. Crédit photographique Jacques Girardot.

*Les réunions mensuelles se déroulent habituellement comme suit :

-Pour la section de Lons-le-Saunier : 1er mardi de chaque mois (20 heures).

-Pour la section de Dole : 2ème mardi de chaque mois (20 heures).

-Pour la section de Champagnole : 3ème mardi de chaque mois (20 heures).

Pour plus de renseignements concernant la section de Dole, vous pouvez contacter Jacques Girardot au 03 84 79 24 62. ou 06 79 74 72 08.