Des ailes pour rêver : voler avec l’Aéroclub de Lons le Saunier

L’aéroclub de Lons le Saunier basé à Courlans et présidé par Stéphane Cerruti est une association réunissant des passionnés qui se regroupent afin de partager et faire découvrir leur passion. Elle a pour but de favoriser les sports aéronautiques en mettant à la disposition de ses membres des appareils d’aviation légère, pour l’apprentissage et la pratique du pilotage. Embarquez avec eux « pour voir le bas d’en haut ».

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Stéphane Cerruti.

7Stéphane Cerruti, pourriez-vous vous présenter ainsi que votre club ?
Je suis président depuis 2014 et membre du club depuis 2009.  Pour moi, piloter est une passion avec les yeux toujours tournés vers le ciel. Mon rêve, tout petit était d’être pilote de concorde, ce qui est devenu difficile maintenant. J’ai toujours été attiré par les avions et l’envie de voler. Arrivé vers la quarantaine, j’ai passé ma licence, un peu tard par manque de moyens financiers. Par contre, je recommanderai pour ceux qui le peuvent de commencer le plus jeune possible.

Un RobinDR360.

Parlez nous maintenant de votre club…
L’association a été fondée le 18 mai 1931, mais, c’est vers la fin des années 30 que le terrain a pris sa position actuelle. Le terrain a servi une fois à la résistance, avec le nom de code de « courgette ». Les Allemands avaient planté des pieux pendant la guerre pour qu’il ne soit pas utilisé. Il y eu une volonté des pouvoirs publics après guerre de former des pilotes de réserve en cas de conflit et ce, pour avoir un vivier. Un pilote qui sait voler a des fondamentaux et est plus rapide à former pour les avions de chasse. Cela a perduré pendant les années 60/70. Les techniques évoluant, ce n’est plus d’actualité.
Il faut savoir que la France est un pays « aéronautique » et se classe le deuxième pays au monde en nombre de licenciés derrière les USA avec près de 600 clubs et 30 000 licenciés. Notre club compte actuellement une cinquantaine de licenciés, et nous possédons trois appareils.

La “flotte” du club.

Quelle est la vocation première de votre club ?
Le club a pour but de favoriser les sports aéronautiques en mettant à la disposition de ses membres des appareils d’aviation légère pour l’apprentissage et la pratique du pilotage. On peut commencer à apprendre vers 14/15 ans. Le brevet de base, le LAPL restreint (Light Aircraft Pilot License ) peut se passer à 16 ans. C’est une autorisation de voler seul dans un rayon de 30km autour du terrain alors que le LAPL complet permet de voyager dans l’Europe entière et se passe à 17 ans. On forme aussi une licence mondiale  le PPL ( Private Pilot License ) permet de voler dans le monde entier. On a eu chez nous un pilote qui à 17 ans a eu son PPL,ce qui lui permettait de traverser  l’Europe en avion alors qu’il ne pouvait pas conduire une voiture…
Nous faisons par ailleurs entre 50 et 60h de baptêmes de l’air par an surtout à l’occasion des portes ouvertes qui se font en juillet.

Le tableau de bord d’un Robin.

 

Ce sport peut-il être considéré comme un sport d’élite ou “de riche” ?
Le club est financé par les cotisations des membres, soit 220 euros par an, également par les heures de vol, et la mise à disposition des hangars pour les pilotes privés. Le coût des licences est pour la fédération. Les instructeurs sont eux auto-entrepreneurs. Le LAPL de base coûte entre 3000 et 4000 euros, et un PPL entre 6000 et 7000 euros. Il faut noter qu’une formation se fait souvent sur deux ou trois ans ou même quatre, ce qui semble abordable. Pour les moins de 21 ans, le club peut faire obtenir une bourse de près de 1000 euros par la fédération de tutelle qui est la FFA (Fédération Française Aéronautique). Il faut savoir aussi qu’il faut beaucoup moins d’heures pour les jeunes qui apprennent plus vite.
Il est vrai que passer le brevet est onéreux, mais on ne le fait qu’une fois, et après, la moyenne de vol est de 10 à 15 h par an, donc en moyenne entre 1500 et 2000 euros par an, ce qui n’est pas forcément plus cher que d’autres sports. Le club est la pour mutualiser les coûts. Il faut savoir que plus un avion vole, moins il coûte cher, car les frais fixes incompressibles sont très élevés.
Donc non. Voler n’est pas réservé à une élite riche…

Lors des portes ouvertes.

Quelles sont les actions engagées pour les jeunes, par exemple les associations avec les lycées ?
Avec les lycées, nous organisons des brevets d’initiation aéronautiques, en partenariat avec le lycée de Louhans et Jean Michel de Lons. C’est un brevet d’état reconnu par l’éducation nationale. U ne fois qu’ils ont obtenu leur brevet, nous leur faisons faire un vol en tant que passager ou même comme pilote accompagné par un instructeur. Ce sont des bénévoles du club ou du lycée qui s’en occupent, par exemple, à Louhans, c’est une professeure de mathématiques, ancienne pilote qui est en charge des cours, c’est seulement la théorie. Ce sont entre 20 et 25 élèves par an qui passent ce brevet sur la base du volontariat et ce depuis 5 ans.
Nous organisons également des baptêmes de l’air pour les élèves de Cm2 de l’école de Courlaoux, financés par le sou des écoles et ce, depuis 5 ans. Nous sommes heureux d’accueillir des jeunes pour leur faire découvrir notre univers et nous permettre d’avoir de bonnes relations avec nos voisins.

Le stand du club.

Certains pourraient vous reprocher que votre activité est un sport mécanique donc peu respectueux de l’environnement ?
Il faut savoir que par rapport aux kilomètres parcourus, un avion ne consomme pas beaucoup plus qu’une voiture roulant à la même vitesse. Un avion qui va voler à 200km/h va consommer 30l à l’heure donc 15l aux cent kilomètres. On a même des avions modernes qui consomment moins de20l  à l’heure. De plus, nous avons des terrains ou il y a une faune et une flore qui reste un peu sauvage. Bien souvent les aérodromes en herbes préservent la flore dans un état naturel.

Le “mess” du club.

La chambre de commerce semble se dégager de l’aérodrome, où en est-on ?
Les chambres de commerce ont eu ordre du gouvernement de réduire leur périmètre d’activité, notamment tout ce qui est aéronautique. La piste appartient toujours à l’état. La chambre de commerce est propriétaire des terrains hormis la piste, alors que les bâtiments construits sur ces terrains appartiennent pour 3 hangars à l’aéroclub ou à des propriétaires privés pour garer leurs avions, soit une trentaine d’appareils. Pour l’instant des problèmes juridiques font que tout est en « stand bye »…

Vue du ciel.

Quelles sensations provoquent le pilotage d’un avion ?
Voler, c’est le plaisir d’être commandant de bord, de voir « le bas d’en haut », tout simplement le plaisir de piloter un avion, le plaisir des yeux, surtout dans notre belle région du Jura qui offre des paysages magnifiques, sans cesse renouvelés.
Voler pour l’homme n’est pas naturel, c’est un peu comme la plongée sous-marine mais à l’inverse. C’est donc aller dans des endroits où normalement on ne devrait pas pouvoir aller. Le Jura étant une zone très peu contrôlée, le vol est relativement libre par rapport par exemple à la région lyonnaise ou le sud ou les contraintes de vol sont beaucoup plus pesantes.

Stéphane Cerruti.

Que diriez-vous à ceux qui hésiteraient à vous contacter ?
Surtout que les gens n’hésitent pas à venir nous voir !
C’est avec plaisir que nous leur montrons nos avions et nos installations avec toutes les informations techniques nécessaires. Les gens ont gardé en mémoire l’époque où les aéroclubs étaient quelque chose de très fermé, réservés à une petite élite, alors que notre créneau est d’ouvrir afin de voir le maximum de monde et de faire passer le message que c’est accessible à tous et qu’il suffit d’être très motivé.
C’est une activité dangereuse qui peut se pratiquer sans risque, les avions étant certifiés vérifiés et réparés par des ateliers agréés, donc, nos avions sont dans un état irréprochable. Nos visiteurs peuvent rencontrer un instructeur. Apprendre à piloter ne requiert pas un niveau spécial, simplement un peu de logique. La théorie se fait en e-learning avec un complément fait et pris en charge par le club certains samedi matin. La théorie n’est pas difficile, il y a beaucoup de choses à apprendre, relativement simples, mais dont il faut se souvenir tout le temps. Le financement peut se dérouler sur plusieurs années et après le prix du vol est fonction du nombre d’heures. L’obligation légale est de faire 1 heure de vol par an avec un instructeur.
Donc, bienvenue à tous.