Budget primitif 2020 : l’heure du bilan…

C'est un bilan comptable "sur une trajectoire positive" que Jean-Baptiste Gagnoux et son équipe ont présenté lundi soir, lors du budget primitif 2020, point principal du dernier conseil municipal de l'année. Ce à quoi l'opposition a rétorqué "hausse de la fiscalité, amoindrissement des services, et urgence climatique". Morceaux choisis.

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Si l’opposition avait boudé le dernier en le quittant après seulement quelques minutes de présence, elle n’a pas raté le conseil municipal de lundi qui abordait notamment le budget primitif 2020.
Présenté comme tel, avec 9,1 millions d’euros d’investissement et 26,8 millions d’euros de fonctionnement, l’exercice 2020 semble plutôt bien ficelé. D’une part, compte tenu de la baisse drastique des dotations d’État, mais surtout d’un encours de la dette décroissant estimé à 38,38 millions d’euros pour 2019, alors qu’il dépassait les 40 millions d’euros en 2013.
Sur ce sujet, Jean-Baptiste Gagnoux ouvrait le bal :
“L’accroissement de la population et des droits de mutation sont des signes d’une dynamique sur notre territoire. Dynamique beaucoup plus forte qu’auparavant…
L’investissement reste soutenu grâce à beaucoup de recettes et de subventions que nous sommes allés conquérir. Nous sommes sur une trajectoire positive…” résumait le maire.

 

“Nous sommes sur une trajectoire positive…” déclare le maire, Jean-Baptiste Gagnoux.

Campagne municipale oblige, la tête de liste “Ensemble Dole 2020” Ako Hamdaoui dégainait à son tour :
“La dette par habitant a augmenté, passant de 1572 en 2014, à 1574 euros par habitant en 2018. Idem pour les taxes d’habitation (en moyenne par habitant 140 euros en 2014, à 159 euros en 2019), et les taxes foncières (229 euros en 2014, à 233 euros en 2018). L’équilibre financier ne s’améliore pas, par exemple le fonds de roulement (l’argent nécessaire pour faire fonctionner la collectivité au quotidien) est de -3 millions d’euros en 2018. Et puis parlons aussi des bus en moins avec un tarif qui a explosé, de la navette qui a disparu, du service de restauration à domicile pour les personnes âgées qui s’est réduit, de l’étude scolaire des enfants qui a été supprimée…. Enfin, je m’étonne que dans votre budget il n’y ait pas eu une seule allusion à l’urgence climatique. Le centre-ville a été déminéralisé, alors qu’il aurait fallu faire tout le contraire afin de nous préserver des effets néfastes des canicules comme celle que nous avons connue cet été.”

 

“La dette par habitant a augmenté, l’équilibre financier ne s’améliore pas” estime pour sa part Ako Hamdaoui.

Sur tous ces points, le premier magistrat répliquait précisément :
“La navette ? Il fallait imaginer autre chose de plus moderne et moins polluant. Les repas à domicile ? Le service fonctionne tout à fait convenablement et je n’ai jamais reçu aucune plainte à ce sujet. Enfin sur les devoirs pour les enfants, cela fonctionne très bien avec les temps périscolaires”.
En expert des chiffres qu’il est, Jean-Pascal Fichère en rajoutait une louche :
“Sur la fiscalité, nous avons gelé les taux d’imposition. Nous avons également joué la carte de la stabilité sur la masse salariale, et les dépenses de fonctionnement, sans pour autant réduire les services à la population. Ce qui est un exploit avec une perte cumulée de la Dotation Globale de Fonctionnement, de plus de 4,8 millions d’euros depuis 2013, à l’échelle de l’Agglomération !”.

 

“Nous avons joué la carte de la stabilité sur la masse salariale, et les dépenses de fonctionnement, sans pour autant réduire les services à la population” indique Jean-Pascal Fichère.

Pragmatique comme à son habitude, le conseiller régional Jean-Philippe Lefèvre observait quant à lui au niveau de l’écologie : “On ne peut pas aménager une ville du 17ème siècle, avec un secteur sauvegardé comme on le veut. Comment végétaliser les toits ? La loi Malraux imposant des normes sur les monuments historiques nous l’interdit ! Alors oui, l’hyper-centre est minéral… Et alors ? Il n’y a qu’à monter au dessus de la collégiale pour se rendre compte que les espaces verts ne manquent pas. Par exemple, à moins d’un kilomètre, il y a la prairie d’assaut !”

 

“Il n’y a qu’à monter au dessus de la collégiale pour se rendre compte que les espaces verts ne manquent pas” explique Jean-Philippe Lefèvre.

Puis, Jean-Claude Wambst intervenait à son tour, prenant encore un peu plus de hauteur.
“Depuis deux heures, on se reproche à l’un et à l’autre ce que l’on a fait ou pas fait, mais au final, on en est toujours au même point… On s’aperçoit que la marge de manœuvre budgétaire est consommée par les investissements”, constatait-il, presque résigné.
Et l’ancien maire de conclure sur une interrogation qui interpellait l’ensemble de l’assistance : “Finalement, le débat budgétaire a-t-il encore du sens ?”.
Son successeur concédait alors  : “Vos interventions élèvent le débat, et je vous en remercie”.
Avant de mettre au vote, et de voir la délibération adoptée par 29 voix pour. Les 6 voix de l’opposition s’étant prononcées contre.

 

“Finalement, le débat budgétaire a-t-il encore du sens ?” s’interroge Jean-Claude Wambst.

 

Le budget primitif a été adopté par 29 voix pour. Les 6 voix de l’opposition s’étant prononcées contre.