Délais de paiement : vers un meilleur contrôle

Alors qu’une entreprise sur quatre environ fait faillite faute d'être payée à temps, un baromètre trimestriel a été mis en place pour sonder les cœurs, tandis que les retards de paiement semblent se normaliser.

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Selon le médiateur des entreprises, pour suivre en temps réel la situation du crédit inter-entreprises, le comité de crise sur les délais de paiement a décidé de mettre en place un baromètre mesurant le ressenti des chefs d’entreprise en matière de délais de paiement. Réalisé par l’institut BVA auprès d’un échantillon représentatif de 600 entreprises de 0 salariés et plus, il est reconduit de manière trimestrielle sur l’année 2021.

Sortie de la zone d’alerte au regard de la situation des délais de paiement

Le dernier baromètre connu indique tout d’abord que la forte tension sur les délais de paiement ces derniers mois s’est légèrement réduite selon le sentiment exprimé par les chefs d’entreprises sondés. Pour près de 8 entreprises sur 10, les délais de paiement sont revenus au niveau d’il y a un an. 16% des entreprises déclarent cependant un allongement des délais de paiement en novembre 2020 par rapport au mois précédent, ce qui confirme l’effet négatif de la dernière période de confinement sur le crédit inter-entreprises.

Mais la situation n’est pas revenue à la normale pour autant

Il faut noter par ailleurs que 13% des entreprises sondées déclarent un allongement des règlements reçus fin 2020 par rapport à la même période en 2019. Cette détérioration semble relever plus particulièrement des difficultés de paiement rencontrées par les PME en général, et surtout par les entreprises de moins de 10 salariés en particulier : pour 81% des sondés, les structures de moins de 250 salariés sont responsables de ces retards, et pour 54% des répondants il s’agirait des structures de moins de 10 salariés. Une conséquence somme toute prévisible : en effet les créances non recouvrées des PME représentent le chiffre astronomique de 19 milliards d’euros, et pour les ETI pas moins de 7 milliards d’euros, soit 26 milliards € au total. Quant aux mauvais payeurs initiaux, ils sont bien connus : les grandes entreprises (pour 11 milliards d’euros) et d’autres acteurs économiques (secteur public, international, etc. pour 15 milliards d’euros). A tel point, que des appels d’offres des collectivités locales de grande taille ne soulèvent guère d’enthousiasme, les entreprises s’acquittant des démarches réglementaires pour y répondre en sus de leur travail accompli n’étant pas certaines d’être payées à temps…ni un jour.

Le comité de crise maintiendra son activité en 2021

Sidetrade, qui publie un tracker sur les retards de paiement des entreprises, dévoile une autre vision du contexte. Grâce à l’analyse depuis le 1er janvier 2020, de dizaines de millions de factures représentant des dizaines de milliards d’euros de transactions inter-entreprise, la start-up se base sur des factures réelles, et non sur du déclaratif. Et d’après ces données, le retard de paiement a explosé durant le 1e confinement (de 19% à 38%) et flambé durant le 2e, avant de revenir vers la situation qui préexistait avant la pandémie. Même si la situation sur le front des délais de paiement parait donc stabilisée, chaque modification du contexte (confinement) peut donner lieu à une résurgence de ces pratiques. Le comité de crise maintiendra donc sa vigilance dans les prochains mois grâce à la mobilisation de tous ses membres. Et “la politique de contrôle conduite par la DGCCRF confirme son importance”, selon l’Etat. Ainsi, en 2019, 1 517 établissements ont été contrôlés avec un taux d’anomalie de 31 %, et des amendes parfois supérieures à 1 million € ont été prononcées.

Plus d’informations : www.invoice-tracker.sidetrade.com