Plus de 700 jurassiens ont défilé contre la loi sécurité globale

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Plus de 300 personnes se sont rassemblées à Dole.
A Lons, environ 400 personnes ont battu le pavé. Une manifestation bien suivie eu égard à un appel tardif à manifester…

Il étaient au moins 300 à Dole et environ 400 à Lons à répondre à l’appel de plusieurs organisations locales (CGT, FSU, UNSA, SNJ, SNJ-CGT, Solidaires, ATTAC, LDH, Libre pensée, CFDT Journalistes, NPA, EELV Lons Sud Jura, Gilets Jaunes du Jura, La France Insoumise, Gauche Démocratique et Sociale, Confédération paysanne, Parti Communiste Français, Génération-s) et à défiler pour le retrait de la loi sécurité globale.
“Nous souhaitons exprimer nos plus vives préoccupations après l’adoption en première lecture par l’Assemblée nationale le 24 novembre de la proposition de loi dite « pour une sécurité globale».
Le Jura n’a heureusement pas été le théâtre de violences policières caractérisées ou d’entraves manifestes à liberté de la presse, mais a connu des procédures abusives engagées à l’encontre de gilets jaunes, constituant des atteintes à la liberté de manifester.  Et des Jurassiens ont été témoins, parfois victimes, de tels agissements hors du département. L’adoption définitive de la loi entraînerait son application sur tout le territoire donc y compris dans le Jura en même temps qu’elle constituerait une régression inacceptable de l’état de droit dans notre pays” résume Antoine Cordier, animateur DLAJ (Droits Libertés et Actions Juridiques) CGT du Jura.

Le Jura n’a heureusement pas été le théâtre de violences policières caractérisées ou d’entraves manifestes à liberté de la presse…

“Ce projet de loi met en péril la démocratie et dessine les contours d’un État autoritaire très inquiétant”

Le secrétaire général de l’Union Locale de Dole fustige par ailleurs plusieurs mesures du texte : “l’interdiction de filmer et photographier accordée de facto aux policiers qui seraient libres d’interpréter si les preneurs d’image ont ou non l’intention de leur nuire, la possibilité pour les drones de filmer les manifestants et l’intérieur des domiciles privés, la visualisation directe des salles de commandement des images enregistrées par les caméras-piétons des forces de l’ordre, synonyme de possibles atteintes à la vie privée, la privatisation de missions de sécurité relevant de l’État, les transferts de charges de la police nationale aux polices municipales, la mise en place de la reconnaissance faciale, à l’origine de nombreuses erreurs dans les pays où elle existe ou est expérimentée, prélude à une surveillance électronique absolue…”
Selon les différents représentants syndicaux :
“Ce projet de loi de sécurité globale, attaque violente contre la liberté d’information, d’expression et de manifestation induit une société de la surveillance et du contrôle. Il met en péril la démocratie et dessine les contours d’un État autoritaire très inquiétant”.
Ils concluent en demandant officiellement aux sénatrices du Jura de voter contre la loi sécurité globale. Ainsi qu’aux députés du département, qui l’ont tous approuvée en première lecture, de se ressaisir lors du second examen”.
A suivre…

Stephan Ragonneau.

L’avis de Stéphan Ragonneau, secrétaire régional Alliance Police Nationale CFE-CGC :

Stéphan Ragonneau, en quoi consiste exactement ce fameux article 24 ?
“Nous subissons une inquiétante désinformation, orchestrée par une caste politique qui tente d’appâter son électorat par des postures intellectuellement malhonnêtes. L’article 24 n’interdit aucunement de filmer ou photographier les forces de l’ordre (encore moins la presse !), mais de diffuser leur image, notamment sur les réseaux sociaux avec la volonté délibérée de leur nuire dans le cadre de leur vie privée. Ce qui est totalement différent …”

Certaines images récemment rendues publiques, comme le passage à tabac du producteur Michel Zecler sont profondément choquantes et font état d’attitudes intolérable de la part de certains de vos confrères. Ce qu’il est légitime de considérer révoltant…
“Je vous confirme que de telles attitudes sont à bannir de notre institution. Une enquête est en cours, des conclusions vont être rendues, une action pénale suivra si il y a eu des fautes, de même qu’une action disciplinaire. Toutefois, ce que je peux vous dire, pour participer aux différents conseils disciplinaires locaux, c’est qu’au moindre débordement, on ne fait pas dans la dentelle !
Cependant, je ne condamne pas mes collègues sur ces images. Laissons la justice travailler.”

Est aujourd’hui pointé du doigt le corporatisme de l’IGPN, la police des polices, où ce sont des policiers, qui jugent d’autres policiers, sans aucun contre-pouvoir, ni regard extérieur ou proprement indépendant. D’où quelques suspicions de “petits arrangements entre collègues”… Que répondez-vous à cela ?
“A l’instar de bon nombre de métiers, comme les médecins, les avocats ou les journalistes, ce sont les pairs qui jugent l’action des leurs. Un geste technique doit être jugé par un technicien du métier. Je peux vous assurer que les policiers de l’IGPN ne sont pas tendres avec leurs collègues qu’ils entendent. Et qu’il n’y a aucune complaisance lorsqu’une bavure est commise”.

Selon-vous comment retrouver un peu d’apaisement dans cette société de plus en plus fragmentée, de plus en plus clivée, socialement et idéologiquement ?
“La société devient effectivement de plus en plus violente. C’est pourquoi, pour que force reste à la loi, nous devons avoir les moyens de répondre proportionnellement à la violence que nous subissons tous les jours.
Nous plaidons par ailleurs, pour la création d’un observatoire de l’action de la justice. Afin que pour chaque fait constaté nous puissions savoir quelle peine a été infligée. Y compris pour les classements sans suite.
Ce serait un excellent baromètre social et sociétal.
De cet indicateur, on pourrait alors vraisemblablement tirer certaines conclusions… “