Découvrez Les tableaux de Lili à Maynal

Aurélie Perret peint des Portraits en techniques mixtes sur collages. Elle a découvert cette technique à La Réunion. Elle a créé une œuvre spéciale Hebdo 39.

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Comment définiriez-vous votre travail ?
Mon travail se classe dans l’art figuratif, et pour être plus précise, je peins des Portraits en techniques mixtes sur collages. C’est-à-dire que je colle différents papiers sur un panneau de médium, puis j’utilise différentes techniques comme le dessin avec crayon, aquarelle, encre aquarelle, ou acrylique, et enfin je vernis.

Cette méthode, vous l’avez découverte en 2017 à La Réunion. Que s’est-il passé durant ce voyage ?
J’ai rencontré une artiste à la réunion, Florence Vitry (j’ai habité cinq ans sur l’île), qui m’a initiée à cette technique.
C’est en réalité, inspiré du carnet de voyage, c’est-à-dire qu’on part comme un explorateur de l’époque, en terre inconnue, muni d’un petit carnet où l’on colle ce que l’on trouve sur notre chemin, ticket de métro, carte avec itinéraire de trekking, petite fleur séchée du pays… On y rajoute des dessins, croquis, photos… Il y a d’ailleurs un grand festival très connu sur ce thème à Clermont-Ferrand, où de nombreux artistes exposent leurs carnets, certains sont publiés et rencontrent un large succès, j’y suis allée l’année dernière, c’était fabuleux !
N’ayant pas la possibilité de voyager autant que je le rêverais, je me contente de peindre donc des tableaux souvent inspirés de photographies de portrait, de photographes que j’admire. Si un portrait m’inspire, je me lance dans des recherches sur internet sur le pays, la langue, les coutumes, les religions, les traditions… Je suis immédiatement propulsée dans un autre monde, nul besoin de prendre de billet d’avion ni de semaine de congé.

Un autre voyage vous a fait évoluer au Maroc en 2018. Pouvez-vous nous raconter ?
Après ma rencontre avec Florence, je me suis mise à peindre des tableaux à la maison, à partir de photographies. Ayant découvert sur internet ce vaste monde du carnet de voyage, j’avais très envie d’apprendre à crayonner, et aquareller en direct, c’est pourquoi je me suis inscrite à un stage carnet de voyage au Maroc avec Nadine Dieulefit. J’ai ainsi pu apprendre beaucoup d’astuces, concernant par exemple le matériel à prendre en voyage, les techniques de proportions des dessins… Lorsqu’on voyage, on a envie d’en prendre plein les yeux et d’en voir le plus possible, on prend des photos pour garder des souvenirs, et on va très vite. Avec les croquis, on prend le temps, nos cinq sens sont en éveils. On dessine, on entend les passants discuter dans une langue qui nous est inconnue, on sent des odeurs toutes aussi inconnues, on s’assoie par terre, on ressent si celle-ci est souple ou dure, accueillante ou hostile.
J’ai retenté un peu l’expérience, lorsque je suis allée au Népal avec mon mari, cela a été un peu différent car n’étant plus en groupe, les passants sont moins timides et s’approchent volontiers, cela crée un partage que j’ai grandement apprécié, particulièrement avec les enfants. Nous avons d’ailleurs acheté rapidement peinture et pinceaux pour pouvoir leur proposer de dessiner à leur tour.
Je n’ai pas osé le portrait en direct, c’est quelque chose qui me fait un peu peur, mais qui me fait très envie. Habituée à travailler d’après photo, j’aurais peur de ne pas être assez rapide, d’abuser de leur patience et quelle serait leur réaction si mon portrait n’était pas à la hauteur de leur attente ?

2020, quel projet d’aventure ?
Déménager pour arrêter de peindre dans la salle à manger de mes parents serait une belle aventure pour 2020 ! Mes parents en seraient très contents je crois (rire) !

Vous avez créé une œuvre spéciale Hebdo39. Comment l’avez-vous envisagée ?
C’était pour moi étrange car à l’inverse de ma démarche habituelle. Normalement je craque sur un portrait, puis je trouve le support. Là vous m’avez donné le support et il fallait que je trouve le portrait !
Durant le confinement je me suis dit qu’il était temps de me lancer dans cette aventure HEBDO !
Le dernier Hebdo 39 qui trainait à la maison avait pour première page un article sur le lynx dans le Jura, il se trouve justement qu’environ deux semaines avant la parution de l’article, j’avais aperçu trois lynx (une maman et deux petits) durant ma tournée de domiciles (kiné). Ne croyant pas aux coïncidences, je me suis dit que c’était le signe qu’il fallait que je peigne sur cette page ! Quel portrait peindre ? Pourquoi pas un spécialiste du lynx dans le Jura ? Une figure locale… J’ai découvert sur internet Patrice Raydelet et son sublime travail (que je vous invite d’ailleurs à découvrir), je lui ai envoyé un message lui expliquant la situation, il a répondu positivement à ma requête et le tableau est né.