L’invité de la semaine : David Michelin

Mécanicien poids lourds de métier, patron de l’entreprise Franche-Comté poids lourds qu’il a créée en 2005 à Courlaoux, le Jurassien vient de participer aux 24 Heures camions. "Le but de ces courses est de donner une autre image du camion que celui qui embête les gens sur la route"...

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David, vous avez participé à la 35e édition des 24 Heures camions. Pourquoi ? Était-ce une première ?
Oui, pour moi, c’était la première fois. J’ai participé car depuis le début de la saison, je suis inscrit au championnat de France et l’épreuve en fait partie. Cela me tenait à cœur de faire cette épreuve sur le circuit mythique des 24 h motos, 24 h voitures (NDLR circuit Bugatti de la ville du Mans).

Pourquoi vous êtes-vous inscrit à ce championnat ?
Je suis passionné par le monde du camion depuis mon adolescence. Cela faisait longtemps que je voulais faire de la compétition. Un team m’a donné ma chance. L’équipe me prête un camion.

Quel camion, quel poids et nombre de chevaux ?
Un Volvo FM de 5 tonnes 8 pour 950 chevaux…

Quel est le team qui vous a donné votre chance ? Pourquoi ?
Le Team TCS. On a pris contact à l’automne. On s’est rencontrés plusieurs fois. Le contact est bien passé. Leur camion ne tournait plus depuis trois ans. Le team voulait le voir tourner. On est sur les mêmes longueurs d’ondes sur l’aspect du camion, la communication…

C’est un budget ?
Oui. J’essaie de trouver des sponsors. Cette année, cela a été difficile car les choses se sont faites tard. Je n’ai pu faire que trois courses sur cinq. J’ai l’intention de recommencer donc si les gens veulent m’aider, ils peuvent prendre contact avec moi…

Comment s’est déroulée la journée de samedi (essais libres, séance d’essais qualificatifs, deux courses) ?
Le samedi s’est très bien passé. Je ne connaissais pas le circuit puisque je n’avais jamais tourné dessus. Je n’ai jamais piloté. J’ai commencé au Castellet. Les essais et les qualifs se sont bien passés, j’ai terminé 18e sur 28 engagés, c’est plutôt bien pour un débutant. Je visais le top 20 donc je suis très satisfait.

Et le dimanche (séance d’échauffement, séances d’essais qualificatifs, deux autres courses)?
Malheureusement, on a eu la pluie. Je n’ai jamais roulé sur la pluie. Par manque d’expérience, j’avais beaucoup d’appréhension, ça a été plus compliqué. Mais cela s’est bien passé. Il n’y a pas eu de casse, pas de sortie de piste, pas de problèmes mécaniques. On finit bien le week-end.

Combien avez-vous remporté de points ?
Je ne connais pas le nombre de points. Je sais ma position au championnat de France. Je suis 20e. La dernière manche a lieu ce week-end à Albi donc je vais reculer un peu. En ayant participé à trois week-ends sur 5, pour un débutant, je me positionne plutôt bien.

Avez-vous pu observer des ténors comme Anthony Janiec, Thomas Robineau, Lionel Montagne ?
Je connais bien Robineau. J’ai fait un baptême de piste avec lui l’an dernier. On a de bonnes relations. On se salue avec Janiec. J’ai eu l’occasion de discuter avec Montagne.

Des amis jurassiens vous ont accompagné… Comment se sont-ils rendus utiles ?
On devait monter deux véhicules. Nicolas Hamel m’a amené le véhicule de course sur le circuit et il m’a aidé sur l’entretien. Kevin Mazietti a effectué un reportage. Tous les membres de mon team sont Jurassiens ou de Saône-et-Loire.

Ce genre d’événements donne une autre image que celle du camion sur la route avec une remorque derrière. Est-ce positif ?
Le but de ces courses est de donner une autre image du camion que celui qui embête les gens sur la route. Ce sont des camions à la pointe de la technologie (moteur). Beaucoup de passionnés viennent sur les circuits.

Les 24 Heures camions attirent justement de plus en plus de spectateurs. Comment l’expliquez-vous ?
Ce qui les attire aussi, c’est la possibilité qu’ils ont de discuter facilement avec les pilotes. C’est ainsi que les courses se popularisent.

C’est un sport qui fonctionne très bien chez les Allemands. Pourquoi mieux chez eux qu’en France ?
C’est vrai qu’en Allemagne, le camion est le favori. En France, c’est la bête noire. Les Allemands ont des équipes en championnat d’Europe, davantage de teams pros, ils sont à la pointe de la technologie…

Il reste donc un travail à faire pour faire évoluer la mentalité ici ?
Tout à fait !