Dans les coulisses de l’hôpital de Lons pour mieux comprendre

Un représentant des usagers, Claude Camus, a fait part au Cercle Condorcet lédonien de sa vision du navire amiral hospitalier dans le Jura sud. Une vision pas si déplaisante, issue d'une longue expérience à l'intérieur de cette institution souvent décriée. 

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Le bâtiment B de l'hôpital, jusqu'alors sous-exploité, hébergera le centre de lutte contre la douleur, les soins en addictologie (ADLCA), et un centre de dialyse privé.

S’il est facile de critiquer, il est moins aisé d’agir. C’est pourtant ce qui a conduit Claude Camus, représentant des usagers depuis 19 ans au sein de l’ARUCAH (Association des Représentants d’Usagers dans les Cliniques, Associations hospitalières et Hôpitaux), à s’insérer à l’intérieur du système de santé pour tenter de le faire évoluer dans le bon sens. Et le pain ne manque pas sur la planche, puisque selon lui :
“Depuis près de 40 ans, les gouvernements de droite comme de gauche n’ont eu de cesse de limiter les moyens alloués à l’hôpital public, partant d’un principe erroné que moins de médecins engendrent moins de patients et donc moins de dépenses… “.
Erreur fatale puisque l’hôpital de Lons a sombré -comme d’autres- il y a quelques années dans la déconfiture budgétaire avec près de 12 millions € de déficit.
Deux administrateurs provisoires ont donc été nommés pour redresser la barre, chose à laquelle s’attelle également le directeur actuel, Guillaume Ducolomb. Des membres du Cercle Condorcet n’ont pas manqué de remarquer au passage que les soins les plus coûteux pour la société relèvent des derniers mois ou jours de vie des patients.

Éviter la surconsommation de traitements

Mais outre une véritable volonté politique au sommet de l’État, les leviers d’action permettant d’éviter que le système français ne s’écroule relèvent aussi du sens civique et des devoirs des patients. Limiter le nomadisme médical et la surconsommation de traitements, prévenir plutôt que guérir : voilà des pistes pour que notre système de santé (toujours considéré comme l’un des plus performants au monde) vive encore longtemps, et si possible en bonne santé.
Au delà de considérations économiques, Claude Camus a confessé : “je n’ai pas voulu être un agitateur de molécules démocratiques”, préférant trouver un compromis entre une éthique de responsabilité et une éthique de conviction, cette dernière professant qu’une vie humaine n’a pas de prix. Claude Camus a toutefois soulevé quelques points à améliorer : mettre davantage d’humanité dans l’annonce des décès survenus à l’hôpital, ne plus faire sortir certains patients à minuit alors qu’ils se retrouvent seuls dehors, sans personne pour les accueillir par exemple. Des décisions prises sans nul doute pour libérer des lits si précieux, point qui n’a pas été abordé lors de cette conférence mensuelle.

Où partira la pharmacie de l’Hôtel-Dieu ?

Selon Claude Camus, les hôpitaux sont sévèrement audités tous les quatre ans, pour connaître leur situation réelle par rapport aux normes en vigueur, toujours plus exigeantes. Et celle de la pharmacie vétuste hébergée à l’intérieur de l’Hôtel-Dieu pose question. La solution pourrait venir d’une plate-forme extra muros en capacité de fournir tous les hôpitaux du groupement hospitalier de territoire Jura Sud (de Saint-Claude à Champagnole et Morez en passant par Lons, etc.). Un feuilleton qui s’éternise puisque l’hôtel Dieu qui fût pressenti pour devenir “LE” grand musée des beaux arts de la région semble être remis en cause.