Culture : les suites du big bang “Covid-19” dans le Jura

Malgré le déconfinement, la culture navigue toujours en zone rouge. Tour d’horizon d’un secteur profondément affecté par la distanciation sociale, mais qui redémarre petit à petit, à l’instar des cinémas.

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Le temps des feux d'artifice au théâtre de Lons semble bien loin, mais le secteur cherche un second souffle.

 

Le temps où l’on se pressait dans les salles va revenir.

Le vaisseau amiral Scènes du Jura garde le cap

« Comment jouer avec 45 spectateurs dans une salle de 230 places ? » : pour Cédric Fassenet, directeur des Scènes du Jura, le fameux mètre de distanciation sociale est fatal à tout un secteur. A la ‘Fabrique’ à Dole, il faudrait supprimer « un siège sur trois, et une rangée sur deux » vu sa configuration dense.
La salle de la Commanderie ne ferait guère mieux puisque « 300 places seraient supprimées sur une jauge de 1.000 personnes ».
Au-delà de l’aspect économique, comment faire jouer des artistes dans des salles aussi clairsemées ? Jusqu’à nouvel ordre, c’est donc l’attentisme et la prudence qui règnent. Depuis le confinement, « 38 représentations ont été annulés, ce qui représente 10.000 billets » comptabilise le directeur. Heureusement, le vaisseau amiral de la culture dans le Jura peut compter sur d’importantes subventions de l’Etat et des collectivités locales. Ce qui lui a permis de régler une partie des cachets des compagnies annulées, afin de ne pas provoquer une hécatombe. Les plus à plaindre au final, sont tous les prestataires extérieurs gravitant autour des salles de théâtre : hôteliers, loueurs de matériel spécialisé, etc…
Alors quel été culturel entrevoir ? Vu la logistique précédant de longs mois les spectacles, il faudra sans doute attendre septembre pour reprendre le dessus, même si des initiatives locales pourraient émerger ici ou là.

 

Les 7 salles au Mégarama de Lons le Saunier.

Les cinémas renaissent de leurs cendres

Depuis le 22 juin, le 7e art a de nouveau droit de cité dans tout le Jura après une traversée du désert de plus de 3 mois. Mais dans quelles conditions ? Rencontre avec Axel Grandvuinet, directeur du Mégarama de Lons le Saunier (7 salles).

Avec un chiffre d’affaire égal à zéro pendant 3 mois, comment peut-on tenir financièrement ?
Mégarama est un groupe, donc géré en tant que tel. C’est une entreprise française qui possède également des salles en Espagne et au Maroc. Nos employés ont été au chômage technique pendant le confinement et sont ravis de reprendre le travail.

Avez-vous été surpris par cette date du 22 juin, certains la prévoyaient plus tardive ?
Beaucoup tablaient sur début Juillet. Ce qui est surprenant c’est ce que le 22 juin soit un lundi, alors que les programmations vont du mercredi au mercredi : ce sera une première !

Le boom des plateformes de streaming pendant le confinement n’est il pas un danger pour les salles ?
Le seul moyen de voir des films restait internet, que ce soit Netflix, Amazon ou Disney. Mais il y a un vrai plaisir à regarder un film dans une salle où vous n’êtes pas seul, et le fait que cela soit sur un très grand écran. Par exemple, si vous regardez un film comique, vous ne le vivez pas pareil que sur une TV, si les gens rient, vous riez avec eux.

L’arrêt des tournages et de la postproduction ne va-t-elle pas tarir l’offre de films ?
L’impact ne sera pas important, beaucoup de films sont restés en attente de sortie prêts à retrouver le chemin des salles. Beaucoup de comédies françaises comme « Noir » sortiront en Juillet. Nous allons également reprendre des films sortis juste avant le confinement comme « De Gaulle ou la bonne épouse »

Quelles vont être les mesures de sécurité sanitaire ?
Il y aura bien sur certaines contraintes réglementaires auxquelles nous serons soumis pour le bien de tout le monde. A l’entrée, les gens seront invités à se laver les mains avec un gel hydroalcoolique mis à leur disposition. Le port du masque dans le hall d’entrée sera recommandé ainsi que dans les salles, mais pas obligatoire. Par contre, seulement 1 siège sur deux sera occupé, sauf bien sur pour les gens qui viennent ensemble. Il y aura aussi un temps d’interséance plus long entre chaque projection, le temps de bien aérer la salle et de procéder au nettoyage, ce qui risque de faire perdre quelques séances.

Que dites-vous aux personnes qui hésiteraient à revenir dans les salles ?
Notre clientèle est composée aussi de personnes âgées qui ont besoin d’être rassurées, et c’est à nous de leur montrer que tout sera fait pour les préserver. Nous tenons à notre public et ne voulons pas les perdre.

Dossier réalisé par Jean-Marc Fouqueau et Stéphane Hovaere.

Axel Grandvuinet.