Covid : ne trébuchez pas sur la bûche de Noël

Pour les fêtes attendues comme le Messie, les médecins lancent un appel d’urgence. Mais l’espoir reste de mise, avec l’arrivée des premiers vaccins début janvier à l’hôpital de Lons-le-Saunier.

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La communauté hospitalière de Lons a proposé quelques conseils bien utiles pour les fêtes.

« On ne veut pas être des rabat-joie, on aime la vie et on veut en profiter » : comme tous les jurassiens, Guillaume Ducolomb, directeur de la communauté hospitalière Jura sud se réjouit de l’arrivée des fêtes avec leur lot de bonheurs.
Des moments également à haut risque pour les médecins des hôpitaux de Lons, Morez, Saint-Claude ou encore Champagnole. Selon eux, il existe quelques moyens simples pour éviter que la bûche de Noël ne se transforme cette année en un piège fatal pour les aînés, entre autres (lire encadré).
Et pour éviter également que les hôpitaux connaissent une 3e vague dès la mi-janvier : selon Benoit Bailly, infectiologue au service de médecine 7 à l’hôpital de Lons-le-Saunier, la 2e vague ne ressemble en rien à la première. La courbe des patients Covid stagne ou descend moins vite du fait d’un moindre confinement, le virus circule toujours très activement et fait son miel des lieux clos, la Covid s’ajoute à l’activité très intense des autres services en hiver, etc.
Enfin et surtout, les lits restent saturés, comme ceux du Dr Yannis Bouhake, chef de la réanimation : « Nous travaillons à 150% de nos capacités, un bloc opératoire a été transformée en salle de réveil accueillant quatre lits », soit 12 lits au total.
Une situation identique à celle qui prévaut « dans toute la région, y compris Besançon ou Vesoul », et c’est là que le bât blesse car selon Guillaume Ducolomb, les hôpitaux jurassiens ont été ‘sauvés’ jusque là par des transferts massifs de patients.
« Plus d’une centaine, soit 25% de notre capacité hospitalière » à Lons.
Transferts vers Besançon, Trévenans mais aussi vers Semur en Auxois qui désormais « coincent » eux aussi.

Dés janvier, les premières doses seront injectées dans les Ehpad du Jura. Photo illustration.

Lons, centre départemental de vaccination

Le Dr Jean-Michel Bourez, chef du service Covid médecine 7 à l’hôpital de Lons-le-Saunier et le Dr Aurélie Lapprand, cheffe de service soins de suite et de réadaptation sont aussi montés au créneau pour éviter que les fêtes déciment des aînés (souvent âgés de 80, 90, voire 100 ans).
Selon Benoit Bailly, le retour de bâton pourrait survenir plus vite que prévu : « On ne pourra pas dire ‘on ne savait pas’ si des décès surviennent dans les familles quinze jours après les fêtes ».
L’espoir pour l’année 2021 est sorti de la bouche de Guillaume Ducolomb qui a annoncé l’arrivée des vaccins à l’hôpital de Lons « début janvier ». Un hôpital sélectionné pour devenir centre départemental de référence dans la réception, le stockage, la distribution et l’administration du précieux vaccin Pfizer, devant être conservé à – 80°C et administré en deux doses séparées de 21 jours précisément.
Le centre hospitalier va donc acquérir des congélateurs appropriés afin de vacciner tout d’abord les patients les plus fragiles des Ehpad, et les soignants jugés “à risque” y exerçant. Suivront progressivement d’autres strates de la population jusqu’à l’été 2021…

Comment vivre des fêtes en famille sereines ?

Benoit Bailly conseille de se mettre tout d’abord en « quarantaine » dès maintenant, de limiter ses contacts, et de proscrire les contacts sans masque avec des personnes extérieures au foyer.
Les jours J, les médecins appellent chaque famille à définir un protocole sanitaire, car les repas constituent un espace-temps de risque maximum. ‘Sécuriser’ la préparation du dîner, éloigner les convives (limités) d’au moins un mètre, assurer un service à l’assiette plutôt qu’au plat, porter au maximum le masque : autant de pistes, entre autres.
Selon le Dr Jean-Michel Bourez, une autre astuce peut sauver des vies : « établir un plan de table pour que les personnes qui vivent sous le même toit dinent en face à face ».