Covid : le préfet du Jura prend des mesures ciblées

Coup de barre pour les bars : passées 22 heures, les bars de la comcom Haut-Jura Saint Claude baissent le rideau. Le Jura dans son ensemble navigue sur le fil du rasoir, d’où d’autres mesures à spectre plus large, et ré-évaluables au fil de l’eau.

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Dans ce bar de Saint Claude comme dans les autres, le rideau est baissé à 22 heures. Une mesure qui impacte surtout les soirées du week-end.

David Philot, préfet du Jura, a décidé de fermer les bars du haut-Jura après 22 heures, ainsi que d’autres obligations applicables à tous les jurassiens cette fois : prendre son verre à table, prendre son repas à six personnes maximum (avec un mètre de distance entre les convives), etc…
Il est d’ailleurs précisé que les restaurateurs ne sont pas concernés par la fermeture à 22 heures.
Les activités sportives et culturelles ont bien sûr toujours droit de cité dans le département, mais sous conditions : interdiction des buvettes et des points de restauration, de l’accès aux vestiaires et aux douches, et des activités dansantes impliquant un contact physique (sur les secteurs de Lons ECLA et Saint-Claude Haut Jura pour ces dernières) sans oublier bien sûr les rave party !
Un couvre-feu peut-il compléter ces mesures ? La préfecture a précisé qu’elle n’est pas compétente en la matière, qui relève du gouvernement…

Interdiction des fêtes privées

David Philot a également rappelé les règles édictées au niveau national, parmi lesquelles entre autres : l’interdiction des fêtes privées (cérémonies, mariages, soirées, événements festifs ou associatifs) dans des salles des fêtes, dans des salles polyvalentes ou tout autre établissement recevant du public (ERP).
Mais aussi que : « Les rassemblements sur la voie publique sont limités à 6 personnes, à l’exception des manifestations revendicatives, des rassemblements à caractère professionnels et des cérémonies funéraires ».
Enfin le préfet du Jura (qui arrive du Territoire de Belfort où il a du gérer une pandémie autrement plus grave que dans le Jura) a beaucoup insisté sur le port du masque : il est obligatoire « sur les marchés, fêtes foraines et vides greniers ; mais aussi aux abords des gares et des arrêts de transports en commun, ainsi qu’aux abords des établissements scolaires et des crèches ».
Sans oublier les établissements recevant du public (où David Philot a d’ailleurs abaissé la jauge de 5.000 à 1.000 personnes maximum)…bref il renforce son statut d’accessoire incontournable au quotidien.

Les rassemblements sur la voie publique sont limités à 6 personnes…

Le Jura près du “rouge”

Pour bien faire comprendre le pourquoi de ces décisions, le préfet s’est appuyé sur les indicateurs connus du 16 octobre. Le Jura est dans une situation plus dégradée que le Doubs, et sensiblement équivalente aux départements de Saône et Loire et de Côte d’Or.
Le haut Jura (et le Grandvaux) atteint des sommets virologiques avec un taux d’incidence de presque 300 sur 100.000, équivalent à celui rencontré à Dijon par exemple. Lons et sa couronne trustent la 2e place avec 163 pour 100.000 habitants, tandis que Dole et son secteur s’en sortent mieux avec 62 pour 100.000 habitants. Des chiffres à mettre en parallèle avec un seuil d’alerte fixé à 50 nouveaux cas par semaine pour 100.000 habitants et un taux d’incidence global de 158 pour le Jura….
Selon la préfecture, les petits villages deviennent aussi ‘risqués’ que les villes, car les clusters surviennent dans les rassemblements familiaux ou amicaux. Les milieux scolaires s’en sortiraient à contrario mieux… Les seniors jurassiens (plus de 60 ans) sont particulièrement touchés avec une incidence de 127 sur 100.000 au 16 octobre, ainsi que les associations (où ils sont souvent bénévoles).

Seul bémol : selon l’ARS, le Jura ne compte au 16 octobre “que” 39 patients Covid hospitalisés et un seul en réanimation (un autre ayant été transféré au CHU de Besançon). Mais le préfet du Jura s’est déclaré très inquiet de la vitesse de propagation du virus et de courbes nécessitant « un freinage d’urgence, vital » durant les vacances de Toussaint. D’autant plus que les hospitalisations durent en général une quinzaine de jours par patient, et qu’il n’est pour l’instant pas question de concentrer toutes les forces de frappe hospitalières sur le Covid, beaucoup d’opérations et d’actes ayant déjà été retardés…
D’où ces mesures ciblées (sans date de fin connue pour l’instant) et un nouvel appel à la vigilance pour tous, tout le temps.
Faute de quoi…

Dossier réalisé par Stéphane Hovaere, avec Guy Monneret.

Les communes concernées par le « couvre-feu » des bars

Avignon-lès-Saint-Claude, Bellecombe, Chassal-Molinges, Choux, Coiserette, Coteaux-du-Lizon, Coyrière, La Pesse, La Rixouse, Lajoux, Larrivoire, Lavans-lès-Saint-Claude, Les Bouchoux, Les Moussières, Leschères, Molinges, Pratz, Ravilloles, Rogna, Saint-Claude, Septmoncel-Les Molunes, Villard-Saint-Sauveur, Viry, Vulvoz.