Covid : jamais deux sans trois ?

« Nos efforts payent » a affirmé de nouveau le préfet du Jura : le souvenir de la deuxième vague s’esquisse tandis qu’une troisième se profile, si…

0
547
Après "Corona II", assistera t-on au bien mauvais film "Corona III, le retour" ?

Les bonnes nouvelles étant rares, David Philot, préfet du Jura, a donné du grain à moudre aux optimistes lors d’une conférence de presse le 20 novembre : oui le pic de l’épidémie et le pic de fièvre sont derrière nous, et oui nous entamons une décrue qui verra à nouveau la vie reprendre, fleurir, s’épanouir. « Nos efforts payent » a-t-il affirmé de nouveau : le taux d’incidence (nombre de nouveaux cas en une semaine par rapport à 100 000 habitants) a chuté de moitié en quinze jours : 330 au 20 novembre contre 706 au 6 novembre. Plus significatif encore : le fameux « R0 », indicateur très important (indiquant le nombre de personnes contaminées par un malade) est tombé à 0,5. « Un malade sur deux contamine une autre personne » a expliqué David Philot, « nous avons cassé un certain nombre de chaînes de contamination ».
Ceci alors que nos voisins suisses en général, et le canton de Vaud en particulier n’ont toujours pas maîtrisé l’épidémie qui continue de flamber. Seul bémol selon Didier-Pier Florentin, délégué Jura de l’agence régionale de santé (ARS), les hôpitaux du Jura restent sous pression avec au 20 novembre 212 lits occupés par des patients Covid, mais 73 au sein de soins de suite et de réadaptation (SSR). Un chiffre qui illustre que le début de la fin approche, puisque les sorties et les retours à domicile s’enchaînent. Dans 21 EHPAD aussi, les résidents sont surveillés comme le lait sur le feu, car la situation y a atteint un seuil d’alerte de niveau 3.

Point de situation régional ce vendredi 20 novembre au soir.

 

Une 3e vague à partir de février-mars ?

Globalement, le cyclone Covid semble donc s’éloigner…si toutefois les jurassiens continuent à jouer le jeu. Car c’est bien eux, et le respect des gestes barrières qui sont les acteurs de ce renversement de tendance. « Si on continue comme cela, on arrivera au terme de cette 2e vague » les a encouragé David Philot, un terme bienvenu avant les fêtes de fin d’année…qui risquent de remettre le feu aux poudres !
Le préfet du Jura a été clair : une 3e vague n’est pas à exclure à partir de février-mars, il faudra donc tenir bon encore quelques mois. C’est pourquoi il a de nouveau lancé un appel solennel aux jurassiens pour s’approprier et porter dans la durée les messages de prévention adéquats : « élus locaux, maires, communauté médicale, communauté éducative, sapeurs pompiers » entre autres pourraient se faire le relais des comportements vertueux pour éviter que la 3e vague –si elle survient- emporte à nouveau tout sur son passage. Des retours d’expériences sur la 2e vague sont d’ores et déjà prévus, en particulier sur le triptyque « tester, tracer, isoler » pour faire mieux le cas échéant.
Le Jura peut toutefois s’enorgueillir d’avoir testé « 30% de plus que la moyenne régionale » selon le préfet, et d’avoir pu rendre les résultats en 1,4 jour en moyenne, le 2e meilleur score au plan régional.

Le vaccin, ami ou ennemi ?

Conscient de la défiance des Jurassiens à l’égard de la vaccination, David Philot s’est dit « profondément scandalisé » par certaines thèses soutenant que tout n’est que mensonges à l’égard du Covid et du vaccin. « Les soignants eux-mêmes ont témoigné : qui peut penser qu’ils mentent ? » a-t-il lancé.
« Je compte sur les Jurassiens pour jouer le jeu sur les terres de Louis Pasteur » et se fassent vacciner le moment venu. Les mentalités semblent changer, puisque selon Didier-Pier Florentin, la dernière campagne de vaccination contre la grippe a connu un engouement certain : « Notre premier stock de vaccins est épuisé, nous sommes en train d’acheminer un second stock » a-t-il confié.

David Philot comprend les commerçants qui “veulent travailler, et non percevoir des aides”.

Les aides au tissu économique ouvertes

« Le fonds de solidarité a ouvert aujourd’hui » a rappelé David Philot.
Depuis ce 20 novembre, toutes les entreprises sévèrement impactées par la crise sanitaire peuvent demander une aide exceptionnelle sur www.impots.gouv.fr ou au 0 806 000 245 au titre du mois d’octobre. Et dès le 4 décembre au titre du mois de novembre. Mais le préfet du Jura s’est dit conscient des difficultés psychologiques de certains : « Les commerçants par exemple veulent travailler, et non percevoir des aides ». Dans ce contexte difficile, certains secteurs s’en sortent mieux, comme le bâtiment et les travaux publics. Plus de 20 millions € de subventions d’Etat sont déjà injectés dans les commandes publiques du Jura, tandis que les collectivités locales mobilisent aussi toutes leurs ressources.