Covid : enfin un mieux sur le front sanitaire !

« On a pris un virage » : le préfet du Jura, s’est dit fier que l’effort « fort, puissant, massif des jurassiens » commence à payer. Le virus continue toutefois à circuler activement, en particulier chez les moins de 18 ans et le spectre d’une 3e vague se dessine début 2021.

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On se bouscule toujours au portillon pour être testé. Ici le laboratoire Médilys à Lons Juraparc.

Enfin une bonne nouvelle ! Qui fait plaisir à entendre d’autant plus qu’elle sort de la bouche même de David Philot, préfet du Jura.
Lors de son point presse du 13 novembre, il a révélé que plusieurs indicateurs ont basculé du côté lumineux de la force, en premier lieu le taux d’incidence (nombre de nouveaux cas Covid dans la semaine pour 100.000 habitants) qui baisse sous les 600.
Le Jura, qui trustait la première place des départements les plus affectés de la région, a rétrogradé à la deuxième, tandis que le Doubs et la Suisse tout proches s’envolent vers des pics vertigineux. Le gradient nord-sud reste inchangé à l’intérieur de notre département : le sud du Jura et en particulier le Haut-Jura connaissent toujours les taux d’incidence les plus élevés, en particulier chez les plus de 65 ans (plus de 1.000).
Une situation qui pourrait être liée -de près ou de loin- à la circulation des 6.000 travailleurs frontaliers, puisque la Suisse connait une situation dramatique, imposant le recours à l’armée.
Le centre Jura se place en position intermédiaire, tandis ce que le nord du département reste le meilleur élève de la classe. Conséquence le fameux « R0 » (taux de reproduction du virus) est descendu à 0,8 contre 3 à 4 au plus fort des dernières semaines. Tout ceci grâce à l’effort « fort, puissant, massif des jurassiens » dont le préfet du Jura a souligné la responsabilité et le civisme, en les exhortant à poursuivre à tout prix leur vigilance.

Le pic de l’épidémie attendu entre le 15 et le 20 novembre

Rien en effet n’est encore gagné : la preuve avec les moins de 18 ans, où le taux d’incidence progresse fortement depuis trois à quatre semaines pour atteindre environ 500. Le déploiement de tests antigéniques à grande échelle va donc se mettre en place dans les établissements scolaires sous l’autorité du rectorat. La situation reste également tendue  du côté des EHPAD : « aucun effondrement d’une structure » a précisé David Philot, mais « de nombreux établissements touchés par le Covid, qui réagissent rapidement ». Selon Pierre Pribille, directeur de l’Agence Régionale de Santé, le pic de l’épidémie dans notre grande région est attendu « entre le 15 et le 20 novembre », laissant entrevoir un retour à la normale pour décembre, et pour des fêtes célébrées en famille.
Toutefois David Philot a été clair : le spectre d’une 3e vague se profile déjà pour février ou mars 2021. Pour l’endiguer, il a lancé un appel : « Je souhaite qu’une armée, qu’une équipe de jurassien se lève et porte les messages et les gestes de prévention ». Une manière d’inciter à une adhésion populaire –choisie plus que subie-, afin de pouvoir perdurer dans le temps, aucun vaccin ou traitement n’étant en vue début 2021…

Les hôpitaux au cœur de la bataille

La pression sur les hôpitaux reste élevée : selon Didier-Pier Florentin, délégué jurassien de l’ARS, de nombreux transferts ont donc eu lieu vers des soins de suite et de réadaptation (SSR), vers des EHPAD ou même vers des retours à domicile. Depuis le début du confinement, 500 patients sont ainsi sortis du système hospitalier, sans avoir toutefois besoin de transferts hors département. Les lits de réanimation ne sont par ailleurs pas saturés : sur les 14 lits du Jura, 12 sont occupés au 13 novembre, dont 9 par des patients Covid.