Conseil départemental : une décision modificative minimale

D'un montant de "seulement" 2,8 millions d'euros, la décision modificative votée ce lundi a donné matière à quelques débats mouvementés, dont certains ont empiété sur le terrain national. Morceaux choisis.

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L’évolution des inscriptions budgétaires en DM2 est en baisse constante : 6,2 millions en 2017, 3,8 millions en 2018 et seulement 2,8 millions pour cette année 2019.
Un état de fait qui pour la majorité “conforte la précision des prévisions budgétaires”, les principaux crédits nouveaux concernant les domaines du handicap, l’aide à la pierre (joliment inscrite sur le papier mais dont concrètement certains nouveaux propriétaires peinent à bénéficier, et encore, quand ils parviennent à en bénéficier…), les véloroutes, les tablettes numériques, ou encore l’aéroport.
Sur l’aéroport précisément, Clément Pernot a appelé la Région à “venir pour un tour de table”.
“L’objectif reste identique en terme de passagers (110 000 NDLR). Nous voulons construire avec la Région un véritable partenariat financier, qui soit équitable pour un équipement qui n’est utilisé que par 10% de Jurassiens. Je souhaite que chacun paye sa part et que la participation financière soit tranchée à la hauteur de l’utilisation de chacun. Aujourd’hui nous marchons sur la tête avec un aéroport régional financé par un Département ! Nous ne pouvons pas faire porter son coût aux seuls Jurassiens”.
Sur ce point précis, l’opposition n’émettait pas d’objection majeure.

Jean-Daniel Maire : “Vous préférez agiter le chiffon rouge et crier au loup !”

Ce ne fut pas le cas au sujet de la décision modificative, ni du débat d’orientations budgétaires 2020.
A commencer par le marcheur Jean-Daniel Maire qui, en l’absence de Danièle Brulebois, prenait la parole au nom de son groupe et s’exclamait :
“C’est la plus petite DM2 que nous n’avons jamais eue ! Vous surévaluez les dépenses et diminuez les recettes. Et après, vous osez traiter l’État de voleur ! Vous êtes dans la contradiction car vous ne voulez pas faire d’annonce. Vous préférez agiter le chiffon rouge et crier au loup !”
Même indignation pour le groupe de Gauche via la voix de Françoise Barthoulot :
“Vous réduisez le pouvoir d’achat des Jurassiens qui voient les services publics quitter le territoire. La précarité ne cesse d’augmenter. Les coupures de gaz et d’électricité ont augmenté de 15 % ! Nous dénonçons votre inertie face à l’urgence sociale. Avec une telle politique, vous laissez le Département sur le quai du passéisme”.

Clément Pernot :”Une DM2 de faible tenue révèle un budget prévisionnel le plus sincère possible…”

Plus amusé que véritablement déstabilisé, Clément Pernot rétorquait alors :
“Vous êtes insultants pour les services et leur implication. De plus, certains points ne concernent pas le Département. Mais les DM1 et DM2 qui dépassaient l’entendement, c’est fini ! La réalité, c’est qu’une DM2 de faible tenue révèle un budget prévisionnel le plus sincère possible… Il est plus prudent et plus sérieux de minimiser les recettes en ayant des dépenses mieux envisagées”.
Avant de conclure sur la politique nationale
“Et en effet, je persiste à penser que sur la question des mineurs non accompagnés, le Gouvernement dévie la question migratoire qui lui incombe sur la politique de l’Enfance à la charge des départements. Ils n’étaient que 30 en 2016, ils sont déjà plus de 200 en 2019. Plus de quatre millions d’euros ont été nécessaires pour cela. Je ne dis pas qu’il ne faut pas les accueillir. Je dis juste qu’il ne nous appartient pas de supporter cette charge financière appelée à exploser dans les années qui arrivent. D’une manière générale, ne pas agir dans une logique préventive, et ne pas dénoncer cette injustice, serait faire preuve d’un manque de courage politique”.
Dont acte.