Jura. Conliège : Roger Rey tire sa révérence

L’emblématique maire le plus connecté de France fait le bilan de ses 12 ans de mandats. Et livre ses meilleurs souvenirs, avant de raccrocher…

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Roger Rey dit "au-revoir" aux Conliégeois, après deux mandats bien remplis.

Tel un irréductible gaulois, on connaît Roger Rey comme l’un des maires les plus connectés de France sur les réseaux sociaux (en particulier Twitter), peu après une certaine Anne Hidalgo (maire de Paris). Un « exploit » dont l’intéressé ne tire aucune fierté, préférant revenir sur ses deux mandats de maire à la tête du village qui l’a vu naître. Rencontre avec un personnage haut en couleurs.

Roger Rey, pourquoi raccrochez-vous ?
J’ai toujours été favorable à la limitation des mandats dans le temps : 2 ou 3 me semblent être un maximum, après on fait « vieux c… » (sourire). Et puis, à 72 ans, je fais confiance à une liste menée par Jérôme Cordellier (53 ans). Une liste jeune, avec beaucoup de nouveaux (d’ailleurs démarchés en partie par Roger Rey lui-même, NDLR).

En regardant dans le rétro, quelles sont vos belles satisfactions ?
Avoir conservé notre école, et gardé les quatre jours et demi avec des TAP très intéressants. En 10 ans de combat, nous avons fait avancer l’interdiction du trafic aux poids lourds (à la montée), d’où une réduction de 700 à 400 passages/jour. Et disposer de nombreux commerces et services.

Et des regrets ?
On n’a pas pu tout faire bien sûr…
A commencer par la sécurisation de la traversée du village : on avait un projet avec des plateaux ralentisseurs, un feu intelligent, des trottoirs élargis, mais il coûtait 350.000 €… Et aussi l’enfouissement du réseau électrique, dans un but esthétique, mais aussi pour le sécuriser en cas de tempêtes.

Et maintenant, qu’allez-vous faire ?
Après m’être occupé des autres, j’aspire maintenant à m’occuper de moi-même (sourire). J’ai de multiples centres d’intérêt ou passions : VTT, golf, arts, culture, lecture, musique. Je suis batteur dans l’harmonie municipale, et dans un orchestre de Dixieland jazz band conliègeois.

De quoi relancer peut-être « Conliège en musique » ?
Si j’ai une équipe qui me suit, on pourrait peut-être la relancer en 2021. Et avec le Campus numérique ou un Fablab, on pourrait aussi créer un club informatique pour aider les personnes éloignées du numérique, par exemple.

Propos recueillis par Stéphane Hovaere.

Un riche parcours

« Je suis né à Conliège dans le café de la Poste…et j’ai fait toute ma carrière à la Poste » lance, taquin, Roger Rey. Un café tenu par sa grand-mère, puis ses parents. L’enfant du pays passe ensuite des concours administratifs et intègre la Poste en tant que cadre. Après plusieurs mutations à Macon et Dijon entre autres, il finira sa carrière à Nice comme directeur régional… Avant de revenir à Conliège et d’être élu pour la première fois en 2008, puis de devenir trésorier de l’AMJ et vice-président du SIDEC.
Un beau parcours.