Confinement sanitaire : “Tolérance zéro !”

Les contrôles massifs visant à vérifier la validité des attestations de déplacement dérogatoire deviennent quotidiens sur l'ensemble du département. Dans le centre-ville de Dole, ce jeudi matin, une opération a été organisée conjointement entre la police nationale et la police municipale, sous l’œil vigilant du sous-préfet Joël Bourgeot et du commandant Patrick Przydrozny. Le bilan s'avère positif et encourageant sur la suite des événements...

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Les contrôles massifs se généralisent.

Une quinzaine de policiers nationaux et municipaux ont œuvré ce jeudi matin dans le centre-ville de Dole à une opération massive de contrôle des fameuses “attestations de déplacement dérogatoire”, désormais obligatoires afin de pouvoir quitter son domicile.
Parmi la centaine d’individus contrôlés au hasard du déplacement des patrouilles piétonnes, seuls deux n’en étaient pas porteurs.
“Globalement les consignes sont bien respectées. Il y a toujours des cas particuliers, mais ils sont très rares” indique le commandant Patrick Przydrozny.

Le sous-préfet Joël Bourgeot (à gauche) et le commandant Patrick Przydrozny (à droite) ont assisté à l’opération.

Une situation économique déjà critique

De son côté, le sous-préfet Joël Bourgeot a pris contact avec bon nombre de commerçants du centre-ville et du marché couvert.
Un buraliste estime sa perte de chiffre d’affaire “à environ 50 %”. Plus compliqué encore, pour les commerces de produits frais qui pourraient avoir jusqu’à 70 % de pertes !
“Le problème c’est que nous ne pouvons pas stocker indéfiniment. Ce que nous achetons et qui n’est pas vendu à la date limite de consommation sera définitivement perdu” expliquait un commerçant au représentant de l’État.

Parmi la centaine d’individus contrôlés au hasard du déplacement des patrouilles piétonnes, seuls deux n’en étaient pas porteurs.

Même si d’après les autorités, le Jura semble pour l’heure relativement épargné du coronavirus, la situation économique semble quant à elle, dangereusement se détériorer.
D’autant plus que la majorité des travailleurs indépendants ont du cesser toute activité et attendent toujours de savoir comment demander et percevoir les aides annoncées par le gouvernement.
“On doit attendre que ça se passe, il faut faire avec. Mais j’espère que la situation va se débloquer très vite car je n’ai plus aucune ressource depuis lundi et je ne sais pas comment vais-je pouvoir payer mon loyer et me nourrir à partir du début du mois d’avril” témoignait lors d’un contrôle, cet informaticien auto-entrepreneur allant acheter son pain.

Certains commerces de produits frais vivent une situation déjà critique.

Le confinement reste le seul remède

Même si le mot confinement n’a pas été officiellement prononcé, il ne fait guère de doute que seule une “distanciation sociale prolongée” permettra de faire baisser le nombre de cas infectés par le Covid-19. L’objectif prioritaire étant qu’il reste suffisamment de places disponibles dans les différents services de réanimation de la région pour une prise en charge satisfaisante des cas les plus difficiles.
C’est pourquoi les contrôles (qu’ils soient programmés ou de la propre initiative des forces de l’ordre) s’intensifieront encore au cours des jours à venir, un peu partout dans le département.
“Jusqu’à présent nous avons fait de la prévention. Mais au vu de l’aggravation de la situation, nous allons maintenant devoir passer en tolérance zéro !” préviennent les autorités.
“Car si chacun joue le jeu de la citoyenneté et s’efforce de limiter drastiquement ses déplacements et ses contacts extérieurs, la courbe de la pandémie pourrait repartir à la baisse d’ici une dizaine à une quinzaine de jours” affirme un médecin urgentiste…

Les contrôles (qu’ils soient programmés ou de la propre initiative des forces de l’ordre) s’intensifieront encore au cours des jours à venir, un peu partout dans le département.