Conférence à Menotey : les monuments funéraires antiques de Franche-Comté

Première manifestation annuelle de l’association « Menotey Patrimoine », cette conférence d’archéologie, organisée vendredi dernier, fut un réel voyage au pays des Séquanes, peuple gaulois vivant grossièrement dans les limites actuelles de la Franche-Comté. Partageant pédagogiquement son savoir à la soixantaine de personnes ayant fait le déplacement, Lydie Joan, archéologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) ne laissa pas de marbre son public.

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Lydie Joan, archéologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), ne laissa pas de marbre son public.

Les stèles de Menotey

En 1799, une première stèle antique fut découverte à Menotey. Quelques décennies plus tard, en 1840, près de l’église, une deuxième fut déterrée. En revanche, cette dernière est encore aujourd’hui difficilement datable, celle-ci nous étant parvenue qu’à travers un dessin. Durant les années 2000, une nouvelle stèle gallo-romaine fut identifiée dans le talus de la route menant à Gredisans.

En guise de préambule à cet exposé dédié aux monuments funéraires antiques de Franche-Comté, Jean-Marie de Lamberterie, président de l’association « Menotey Patrimoine », se réjouit de l’installation de copies de ces précédentes stèles au sein de la commune, les originaux étant conservés hors de cette localité. En cours de préparation, un circuit historique, avec notamment des arrêts devant ces reproductions, devrait bientôt téléporter quantité de personnes dans le passé de cet ancien village viticole.

Les stèles découvertes à Menotey.

Une région riche archéologiquement

Néanmoins, comme l’indique Lydie Joan, « les stèles de Menotey font parties d’un lot plus large, celles de la région doloise ». Afin d’appréhender les vestiges découverts dans cette commune, il semble alors nécessaire de les comparer à d’autres monuments funéraires exhumés en Franche-Comté.

Parmi les 198 sites funéraires antiques séquanes recensés dans notre verdoyante région, seulement 37 ont livré des stèles funéraires. Permettant globalement de signaler l’emplacement des défunts, ces pierres sculptées sauvegardaient alors les existences de nos lointains prédécesseurs. Au cours de sa présentation, Lydie Joan multiplia les exemples de monuments funéraires régionaux du début de notre ère.

De Champdivers à Tavaux en passant par le mausolée tétrastyle de Chavéria, cet exposé d’approximativement une heure permit à chacun de saisir les enjeux auxquels les archéologues tentent quotidiennement de répondre. Plusieurs parallèles furent également réalisés avec des trouvailles doubistes et haut-saônoises. Insistant à maintes reprises quant à la nécessité de protéger ces éléments sculptés, Lydie Joan et les quelques archéologues présents dans la salle, avertirent des divers pillages auxquels ils doivent régulièrement faire face.

Et si vous participiez bénévolement à des fouilles ?

« Quand on trouve ces stèles hors de leur contexte, on est vite coincé » souligne la chercheuse, avant d’ajouter que l’envie de déplacer d’éventuels fragments trouvés ne doit pas être suivi de faits, le contexte de découverte étant un indice essentiel. Se tourner vers des spécialistes semblent alors l’issue la plus sage en cas de trouvailles fortuites. Rejoint par un collègue archéologue, ce dernier et Lydie Joan tentèrent de sensibiliser simultanément aux ravages causés par les poêleurs n’ayant pas les autorisations requises, autorisations rarement délivrées.

Les personnes non habilitées à utiliser des détecteurs de métaux, ceux-ci étant de plus en plus performants, arrachent irréversiblement les vestiges sortis de terre à leur contexte. « L’on trouve de moins en moins de métal sur les chantiers de fouilles », s’alarme Lydie Joan avant d’expliquer que la quasi-totalité de la valeur des objets trouvés se détermine par les informations émanant du contexte d’exhumation.

Cette enquêteuse du temps invita ensuite les amoureux de l’histoire à les rejoindre sur des chantiers de fouilles ouverts aux bénévoles. Pour se faire, rendez-vous sur le site du ministère de la culture…