Commerces : un été pour repartir de l’avant

La Fédération Jura Commerces fait le point sur la situation d’un secteur qui anticipe une belle fréquentation estivale.

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La proximité est devenue une des valeurs plébiscitée par les clients. Ici la rue du Commerce à Lons-le-Saunier.

Avec le début des soldes (qui se dérouleront jusqu’au 27 juillet inclus) et de l’été, la confiance refait surface du côté des milliers d’échoppes jurassiennes.
Des soldes retardées, mais à propos desquelles «  les commerçants sont partagés entre la préservation nécessaire des marges et la nécessité d’écouler les stocks ». Selon une enquête menée en juin auprès de ses adhérents, la Fédération Jura Commerces (FJC) a trouvé « une reprise d’activité jugée bonne voire très bonne » depuis la réouverture de tous les commerces le 9 mai dernier.
Selon son président Michel Dronier : « Un nouveau mouvement de consommateur semble se préparer à ce retour vers les centres-villes et le commerce de proximité, après le développement ‘tout périphérique’ des années 80. Les ‘cœurs de ville’ focalisent nos politiques économiques vers des mesures propres à remuscler le cœur anémié de nos communes. Par nécessité, les consommateurs ont su retrouver leurs bonnes habitudes de consommer près de chez eux et ils n’ont pas été déçus. Les commerçants ont été inventifs et ont su mettre en place le ‘Tout prêt, tout près’ le click and Collect jurassien attendus par les clients. Les livraisons à domicile, les plats à emporter et autres services… Le tout a bien fonctionné ».
L’exemple du site « achatcoeurdujura.com» (en développement) montre cependant que n’est pas Amazon qui veut : s’il recense 35.000 visiteurs par mois, ses recettes se limitent pour l’instant à quelques milliers € sur le secteur Arbois Poligny Salins.

Certains stocks quasi-vides

Les confinements semblent avoir permis à certains commerçants d’entreprendre des travaux, d’ordinaire remis à plus tard faute de temps : « réorganisation de point de vente, réaménagement de vitrines, investissement dans le digital (site internet, réseaux sociaux) et plus largement vers une nouvelle façon de faire du commerce en s’appuyant sur le rapport humain, l’accueil, le contact, la communication ».
De manière générale, le commerce jurassien porte « un regard optimiste pour l’activité des prochains mois. Certains anticipent une très bonne année touristique estivale », indique l’enquête.
Avec toutefois certains bémols, à commencer par les difficultés de livraison : ce n’est un secret pour personne, le fort redémarrage de l’économie après le black-out total de la pandémie fait que la production ne suit pas partout. Certains magasins important leur marchandise (en particulier d’Asie) se trouvent donc avec des stocks quasi-vides, ou allongent leurs délais de livraison. L’enquête cite dans ce cas de figure, par exemple les « matériels informatiques, de bricolage, de cycles, d’ameublement… ». L’autre écueil à éviter concerne plus particulièrement les cafetiers hôtels restaurants : d’ordinaire soumis à une pénurie de main-d’œuvre due aux contraintes horaires et une rémunération parfois chiche, certains n’ont pu rouvrir que partiellement, faute par exemple de trouver des serveurs.

 

A Dole, la vie commerciale a repris depuis que les bars restaurants ont rouverts.

 

 

Stéphane Hovaere

De fortes disparités locales

Du côté de Saint-Claude, l’optimisme doit se cultiver : avec l’hôpital en souffrance, l’UCIA (Union Commerciale, I​ndustrielle et Artisanale) indique que « Nous avons connu 18 mois de fermeture du centre-ville pour cause de travaux, qui a rouvert 3 mois avant le Covid ». Désormais, la fermeture de MBF constitue un nouveau coup dur, avec 280 chômeurs potentiels à la clé. Résultat : le secteur n’attire pas de nouveaux commerces, une exception dans le Jura. A l’inverse, Bletterans et Nozeroy restent très dynamiques : à Bletterans, la commune de 1400 habitants compte 110 échoppes et « préempte tous les commerces vendus dans la grande rue, pour éviter qu’ils ne disparaissent » a précisé l’UCIA.
Résultat : « tous les commerces sont occupés, il n’y a pas de pas de porte disponible ». Même son de cloche à Nozeroy, qui ne compte pas moins de 40 commerces pour 450 habitants, et où le départ du boulanger a été compensé par un dépôt de pain.