Comment mieux (faire) consommer local ?

« Il faut sauver le soldat commerce » : tout le monde semble mobilisé pour que le mois de décembre « rattrape » à minima une ‘annus horribilis’ commerciale. Mais il faut pour cela se réinventer : petit tour d’horizon de cette nouvelle donne… « On devrait ouvrir non-stop jusqu’au 31 décembre »

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La période des fêtes reste la période clé de toute l'année pour les chalands et les clients, comme ici à Lons. Photo d'illustration.

Les commerces physiques ont ouvert le bal d’un retour à la vie normale avec une fréquentation satisfaisante début décembre. Une reprise placée sous le signe d’un espoir teinté d’incertitude. Si l’alimentation, la coiffure et l’habillement s’en sortent plutôt bien par exemple, de nombreux commerçants restent dans le doute.
Selon Michel Dronier, président de la Fédération Jura Commerces, « tout le monde a été content d’ouvrir à nouveau », sans scénario net de reprise.
Après des mois de fermeture administrative, la plupart des commerçants ont retroussé leurs manches pour essayer de se refaire financièrement.
« On devrait ouvrir non-stop jusqu’au 31 décembre » espère Michel Dronier, c’est-à-dire pratiquement six jours sur sept pour ceux qui le peuvent.
Les franchises ne se priveront sans doute pas d’en user et d’en abuser ; pour les indépendants, le président Dronier espère que les petites entreprises s’uniront au sein de leurs unions commerciales pour adopter une stratégie commune.
Exemple : « ouvrir les dimanches, jour plus festif où il y a des clients dehors » avec si possible un avantage concurrentiel sur la grande distribution. La Fédération Jura Commerces espère que les dérogations d’ouverture délivrées par les maires et préfet feront un distinguo pour laisser les grandes surfaces ouvertes seulement le matin. Une façon de renflouer leurs caisses, sans toutefois pouvoir compenser les manques à gagner…

A Dole aussi, les clients ont retrouvé le plaisir du lèche-vitrine.

Des ouvertures les dimanches et les lundis ?

Michel Dronier appelle d’ailleurs de ses vœux à ne pas se lancer dans une course générale effrénée aux promotions : ce n’est ni le lieu ni l’heure… hormis peut-être pour les magasins liés à la mode qui doivent déstocker.
En revanche, selon lui, les dimanches après-midi auraient pu se prêter à animations ponctuelles de type « vente flash » ou loteries, etc…
La principale manière de rattraper (autant qu’il est possible) les longs mois de fermeture consistera à augmenter l’amplitude horaire pourquoi pas les dimanches, et pourquoi pas le soir.
Tous les commerces ont eu en effet latitude pour ouvrir largement, encore faut-il jouer collectif et le faire savoir… d’où l’intérêt de pouvoir jouir d’unions commerciales structurées.
Quant aux cafés, hôtels, restaurants, discothèques, loueurs de skis alpins et autres salles de sport, leur enfer se prolongera jusqu’au 20 janvier au moins…
Enfin, il faut voir loin estime Michel Dronier : des virus il y en aura encore, et peut-être faudra-t-il  encore se protéger en décembre 2021 ? D’où l’importance de développer le « click and collect » (qui représente souvent moins de 10, 15 ou 20% du chiffre d’affaires) ou les prises de rendez-vous. Voire imposer une réglementation rurale plus souple que celle en vigueur sur les Champs-Élysées ou la rue du Faubourg Saint-Honoré ?

Dossier réalisé par Stéphane Hovaere.

Michel Dronier, président de la Fédération Jura Commerces.

La jauge maximale, un vrai faux problème

Selon la Fédération Jura Commerces, les 8m2 minimum par client ont été assez souples pour permettre une certaine fluidité, et éviter en tout état de cause des files d’attente sur les trottoirs.
« La majorité des commerces du Jura disposent de 50 à 80 m2, soit un potentiel de 6 à 8 clients, sachant qu’une famille se compte comme un client ».
Aucune crainte donc à avoir selon lui, des hypermarchés pouvant même accueillir en théorie des milliers de clients en même temps. De ce fait, Michel Dronier estime que les risques de contamination ont été moins élevés dans les petits commerces, ceux-ci étant invités à afficher sur leur porte leur nombre maximum de clients simultanés.
Les surfaces de vente supérieures à 400 m2 ont une obligation de comptage, par exemple avec l’appui d’un employé ou d’un vigile. David Philot, préfet du Jura a d’ailleurs informé que les services de l’état s’en sont assuré via des contrôles inopinés.